Sahel : l'Algérie arme le Niger et courtise le Mali pour reprendre la main

Plus de dix-huit mois après l’affaire du drone abattu, l’Algérie change de méthode au Sahel. En effet, le 21 octobre 2026, à Alger, le chef d’état-major Saïd Chanegriha a signé un protocole de coopération militaire avec le ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, en affirmant « l’entière disposition de l’Armée nationale populaire à examiner toute proposition nigérienne de nature à renforcer notre coopération militaire et sécuritaire ». Selon le communiqué du ministère algérien de la Défense, Modi a salué la coordination multidimensionnelle entre les deux armées, mais le contenu du texte n’a pas été rendu public. Le message vise Niamey mais il s’adresse tout autant à Bamako, avec qui le dialogue reprend.

Le Niger, premier relais d’Alger

Le choix du Niger n’a rien d’un hasard. En effet les ambassadeurs ont repris leur poste le 12 février, après dix mois de brouille et le 9 août, le ministère algérien de la Défense a annoncé la remise de quatre hélicoptères afin de renforcer la « coopération bilatérale stratégique ». En août également, quatre Su-30 algériens ont rejoint Niamey au lendemain d’une tentative de mutinerie, sans durée de mission annoncée.

Par la suite, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu Modi le 13 octobre, puis une seconde fois le jour de la signature. Chanegriha a justifié cet empressement par la volonté commune de « hisser la coopération militaire bilatérale et de relever, avec toute l’efficacité et l’engagement requis, les défis qui se posent à nous ».

Pour rappel, la révision constitutionnelle de 2020 permet à l’armée algérienne de participer à des opérations de maintien de la paix hors du territoire, avec l’aval des deux tiers du Parlement.

Bamako, une séduction qui reste prudente

Avec le Mali, la reprise est plus récente et plus fragile. L’Algérie a rouvert son espace aérien au trafic malien le 10 juillet. Un appel téléphonique initié par Alger a suivi le 9 août, puis le Premier ministre Abdoulaye Maïga est arrivé dans la capitale algérienne le 24 août, porteur d’un message d’Assimi Goïta. « Le Mali et l’Algérie sont condamnés à cheminer ensemble, condamnés à œuvrer dans le sens de la prospérité pour les deux peuples » a-t-il déclaré à cette occasion.

Bamako avait dénoncé l’accord d’Alger début 2024 et l’incident du drone avait ensuite poussé l’Alliance des États du Sahel à rappeler ses ambassadeurs. L’analyste Fakir, interrogée par Foreign Policy, résume bien la situation : « L’Algérie a commencé à se retrouver assez isolée dans son propre voisinage ».

L’Algérie cherche aussi à desserrer d’autres étaux. En septembre, elle a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, qu’elle accuse d’« actes provocateurs et hostiles » et de soutenir des factions rebelles dans la région. Reste à savoir si ces gestes suffiront mais le contenu du protocole signé avec Niamey demeure inconnu, et Bamako continue de combattre aux côtés de ses alliés russes, que l’Algérie n’a pas le pouvoir d’écarter.

1 commentaire sur « Sahel : l'Algérie arme le Niger et courtise le Mali pour reprendre la main »

  1. Et c’est bien ainsi pour l’Afrique, aujourd’hui même les médias pourvoyeurs de terrorisme voit l’évidence que nos pays ont fini avec le terrorisme, on l’a payé dans nos chaires, en servant de digue au littoral.

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