Armée algérienne au Niger : l'ancien ministre Abdelaziz Rahabi rejette tout droit de regard de l'UE

L’Algérie n’a pas de comptes à rendre à Bruxelles sur son armée, estime l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi. Le 6 novembre 2026, l’ex-ambassadeur algérien a contesté sur Facebook la demande d’éclaircissements d’un porte-parole de l’Union européenne sur l’envoi d’unités militaires de l’Algérie au Niger.

Anouar El Anouni avait en effet déclaré que les Européens suivaient la situation de près et attendaient des « éclaircissements sur la portée, l’objectif et la base de ce déploiement ». Rahabi a répondu par un message intitulé « Déploiement d’unités au Niger : l’UE demande des éclaircissements. De quel droit ? », publié quelques jours après le feu vert du Parlement algérien, le 25 octobre, à ce déploiement demandé par Niamey.

« De quel droit ? » : l’argumentaire de Rahabi

En effet, l’ancien diplomate reproche d’abord à Bruxelles de s’adresser directement à Alger, sans la réserve d’usage sur les questions extra-européennes. Il a ainsi écrit : « L’Europe s’adresse à nous comme si nous étions tenus par un engagement conventionnel avec elle sur ces questions, ou comme si elle représentait une organisation militaire en charge du Sahel. À défaut d’avoir ce statut, elle nous suggère de la consulter au préalable sur cette région ou, à tout le moins, de lui devoir des éclaircissements a posteriori ». Il a ensuite visé la vision européenne du continent, en accusant l’Europe de ne pas « se départir de ses lectures passéistes de l’Afrique ».

L’agence officielle APS a donné une version proche, en affirmant, selon des sources autorisées, qu’aucune note verbale, aucune requête écrite et aucun échange diplomatique n’avait été adressé aux autorités algériennes. Le Parti des travailleurs a lui aussi dénoncé, le 7 novembre, une ingérence de l’UE dans les affaires de deux pays souverains.

Le déploiement fait suite à plusieurs étapes. Le 30 août, Alger avait envoyé à Niamey quatre chasseurs Su-30 et deux avions militaires, à la demande des autorités nigériennes, au lendemain d’une tentative de putsch. Le 25 octobre, les deux chambres du Parlement ont ensuite validé l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire, le Sénat votant à l’unanimité des 148 suffrages exprimés. Il s’agirait du premier déploiement officiel de soldats algériens à l’étranger depuis 1973. Les autorités algériennes le présentent comme une mission limitée, destinée à protéger les intérêts économiques et énergétiques des deux pays.

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