France : le meurtrier de la béninoise Armale Aïvohozin condamné à 28 ans de prison

Trois ans après la découverte du corps d’Armale Deodade Aïvohozin dans un congélateur à Grigny, son ancien compagnon a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle. Toutefois, au cours du procès, Yacine A. a continué de défendre la thèse d’un tir accidentel, affirmant ne pas avoir voulu tuer cette Béninoise de 44 ans.

Le dénouement judiciaire de cette affaire est intervenu jeudi 5 novembre 2026, après quatre jours de débats. Reconnu coupable du meurtre de son ancienne compagne, Yacine A., âgé de 50 ans, a écopé de 28 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers et une interdiction du territoire français à sa sortie de prison. Le parquet avait requis une peine de 30 ans. Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, l’accusé a une nouvelle fois demandé pardon aux proches de la victime, rapporte Le Parisien.

Pour tenter de convaincre la cour, Yacine A. a maintenu que la mort de Deo n’était pas intentionnelle. Il a expliqué que, le soir du 19 juillet 2023, sa compagne lui avait annoncé vouloir mettre fin à leur relation. Face à cette décision, il aurait placé un pistolet contre sa tempe en menaçant de se suicider, avant qu’une lutte entre eux ne provoque un premier départ de balle. Le projectile aurait atteint la poitrine de la quadragénaire. S’il a reconnu ce tir, il a néanmoins attribué le second, qui a touché la tête de la victime, à Rachid A.

Cependant, les expertises balistiques ont fragilisé cette défense. Les investigations ont en effet établi que les deux projectiles provenaient de tirs similaires effectués à bout touchant. De son côté, l’accusation a défendu la thèse d’un meurtre motivé par la jalousie et la possessivité. Plusieurs proches avaient notamment indiqué que Deo envisageait de quitter son compagnon et que sa meilleure amie comptait échanger avec lui deux jours avant le drame.

L’affaire avait également bouleversé les trois fils de la victime, qui n’avaient jamais été informés de sa relation avec Yacine A. Mohamed, son fils aîné, l’avait déposée à Grigny la veille de sa disparition, pensant qu’elle devait retrouver une amie. Sans nouvelles de sa mère, il était retourné sur place et avait rencontré l’accusé, qui lui avait alors révélé avoir été son compagnon. Ce n’est que le 22 juillet 2023 que les policiers ont retrouvé le corps de la Béninoise dans l’appartement de Yacine A., au-dessus d’une boucherie où il travaillait. Enveloppée notamment dans des sacs-poubelles, elle avait été placée dans un grand congélateur. L’autopsie avait révélé deux blessures par balle au thorax et à la tête.

Employée dans le milieu scolaire, Deo était décrite par son entourage comme une femme joyeuse, sociable et attachée à sa famille. Quant à Rachid A., poursuivi pour avoir participé à la dissimulation du corps, il a été condamné à trois ans de prison, sans être incarcéré à l’issue de l’audience.

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