Mali : près de 160 000 personnes refoulées de Guinée, six décès enregistrés

Le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) du Mali a publié le 7 novembre 2026 un communiqué du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes. Selon le bilan arrêté à cette date, environ 100 000 personnes sont présentes dans le district de Bamako et près de 60 000 à Kouremalé, à la frontière guinéenne. Parmi elles, des blessés, et six décès ont été enregistrés à Kouremalé. Le gouvernement dit adresser ses condoléances aux « familles endeuillées » et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Pour rappel, le 2 novembre, la Guinée a interdit l’exploitation artisanale et anarchique de l’or, notamment dans la région de Siguiri, dans le nord-est du pays. Les forces de l’ordre ont fait respecter la mesure, ce qui a conduit à l’expulsion de milliers d’orpailleurs et de travailleurs étrangers, en majorité burkinabè et maliens. Le maire de Kouremalé fait état de plus de 8 000 personnes enregistrées dans sa commune dès le 2 novembre.

Une réponse d’urgence entre Bamako et Kouremalé

Les autorités maliennes disent avoir mobilisé l’ensemble des départements ministériels pour sécuriser les opérations, apporter une aide humanitaire et organiser le retour des ressortissants. Un site d’accueil d’urgence a été aménagé et sécurisé à Ouinzinbougou afin d’héberger les personnes concernées dans de meilleures conditions.

Le Burkina Faso a mis à disposition 47 bus, auxquels le Mali a ajouté deux autres véhicules, ce qui a permis le retour d’environ 3 430 personnes le 5 novembre. À partir du 6 novembre, le Mali a déployé 74 camions et 24 bus pour convoyer près de 15 000 personnes vers le Burkina Faso. Les opérations d’embarquement se sont poursuivies le 7 novembre avec 60 camions et 10 bus maliens, ainsi que 48 cars burkinabè. Par ailleurs, 413 personnes refoulées ont reçu des soins dans les structures de santé du district de Bamako.

Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, s’est rendu à Bamako le 4 novembre pour suivre la situation de ses compatriotes. Il a dénoncé « un traitement cruel, inhumain et dégradant » infligé à ces personnes et a déclaré : « En tant que pays frère, cela est regrettable ».

Le CECOGEC appelle les autorités régionales à maintenir une vigilance afin d’encadrer l’accueil, l’identification, l’enregistrement et le retour des personnes concernées. L’organisme remercie la population et les acteurs de la solidarité, tout en rappelant que les dons doivent être coordonnés avec les structures techniques compétentes.

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