La Côte d’Ivoire a refusé le passage à 16 Burkinabè, dont plusieurs adolescents, à sa frontière avec la Guinée, dans la soirée du vendredi 6 novembre 2026. Ces jeunes avaient quitté les sites d’orpaillage de Boola, dans le sud guinéen, pour rentrer au Burkina Faso, après l’interdiction de l’exploitation artisanale de l’or décrétée par Conakry le 2 novembre. Reconduits du côté guinéen, ils ont été confiés à la police régionale de Nzérékoré, selon Africaguinee.
Le groupe voyageait avec Prospère Sawadogo, un Burkinabè en séjour en Guinée avec son épouse. Tous deux avaient des papiers en règle et pouvaient donc continuer vers la Côte d’Ivoire, ce qui n’était pas le cas des jeunes qu’ils accompagnaient, âgés pour plusieurs d’entre eux de 15 à 19 ans. Il explique ainsi le refus des autorités ivoiriennes : « J’ai rencontré des frères burkinabè qui exploitaient l’or. Ceux qui n’avaient pas de papiers ont été refoulés ». Il demande désormais aux autorités burkinabè de mieux encadrer ces adolescents, afin qu’ils retournent à l’école plutôt que d’être exposés aux risques des mines clandestines. Les 16 jeunes ont ensuite quitté Nzérékoré en minibus, en direction de Bamako, la capitale du Mali.
Des milliers d’orpailleurs refoulés vers le Mali
Ce cas reste isolé à côté de l’ampleur des départs forcés. Ouagadougou affirme que plus de 8 000 Burkinabè ont été expulsés de Guinée sans concertation diplomatique, et le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a dénoncé des traitements inhumains et dégradants lors de sa visite à Bamako le 4 novembre.
Le Mali annonce de son côté accueillir environ 160 000 personnes refoulées de Guinée, en majorité des Burkinabè, et déplore six décès. Le député guinéen Abdoulaye Kourouma défend pour sa part une mesure de souveraineté qui ne cible aucune nationalité, en soulignant que les expulsés viennent de plusieurs pays : « Parmi les orpailleurs expulsés, il y a des Ivoiriens, des Soudanais, des Maliens, des Burkinabè ». Les autorités ivoiriennes n’ont pas réagi à ce stade au refus d’entrée signalé à leur frontière.
On apprend que ce ne sont pas seulement des Burkinabe qui furent chassés fe Guinée, mais 6 nationalités au total, dont des Togolais et des Béninois.