Affaire Groupe Bethsaleel Building

Les avocats de Simon Pierre Adovèlandé montent au créneau

Une conférence de presse qui relance la polémique. Sept jours après l’arrestation de Simon Pierre Adovèlandé, le collège des avocats qui le soutient est monté au créneau au Chant d’Oiseau de Cotonou hier lundi 04 janvier 2010. Et comme on pouvait s’y attendre, ils ont réfuté les arguments utilisés par l’avocat de Shelter Afrique Me Sadikou Alao pour inculper et mettre au frais Simon Pierre Adovèlandé et consorts. Faire la lumière sur l’affaire de l’arrestation de Simon Pierre Adovèlandé et dissiper les contre vérités distillées par l’avocat de la structure plaignante Me Sadikou Alao, tel est l’objectif de cette conférence de presse organisée et animée conjointement par sept avocats de la défense. Tour à tour, ces sept avocats ont expliqué chaque aspect du dossier.

Après l’introduction liminaire de Me Alfred Pognon, c’est Cyrille Djikoui qui relève les premières défaillances du dossier. Pour lui, Adovèlandé n’est que le président du conseil d’administration et à ce titre, il n’a aucun pouvoir et ne participe pas à la gestion au quotidien de la société. Balayant du revers de la main les propos de Me Alao, il ajoute que l’Etat Béninois n’a constitué aucune garantie pour la société Gbb et que ce dernier a eu recours à Shelter Afrique et à Ofid pour contracter ses prêts.

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Concernant le fameux accord qui serait signé à Nairobi et selon lequel les administrateurs de la société ont pris l’engagement de rembourser l’argent emprunté auprès de Shelter Afrique, il affirme que c’est un véritable traquenard car seul un administrateur et le Directeur Général étaient partis à Nairobi sans mandat d’ailleurs du conseil d’administration. Arrivés la bas, ils ont été contraints de signer un contrat qui va amener le conseil d’administration à se désengager au profit d’un administrateur provisoire.

Le Directeur Général Agossou Isaac a refusé de parapher ce document qui lui paraissait suspect et c’est le seul administrateur sans mandat qui signe ce document. Il conclut donc qu’aucun engagement n’a été pris au nom du Groupe Bethsaleel Building contrairement donc à Me Alao qui affirme que les administrateurs ont pris l’engagement de rembourser les dettes de la société en deux mois.

Me Joseph Djogbénou n’est pas allé du dos de la cuillère pour affirmer que ce dossier n’a pas de fond.

« J’ai l’impression que c’est au fur et mesure qu’on construit ce dossier », a-t-il déclaré.

Il s’est basé sur la variation des acteurs, des chiffres et même des chefs d’accusation pour le dire. Pour les chefs  c’est tantôt banqueroute frauduleuse, tantôt c’est escroquerie, tantôt c’est défaut de libéralisation de part sociale ou encore prévarication. Idem pour le montant de la dette. Au début, on a avancé des chiffres astronomiques de trois milliards avant d’aboutir à trois cent millions et ainsi de suite. Les avocats de la défense s’étonnent eux-mêmes de ne pas connaître le montant réel de cette dette. Me Djogbénou ajoute également que ni le contrat de prêt avec le Fonds Ofid, ni celui de Shelter Afrique ne stipule qu’il faut amener les différends en pénal et aboutir à la détention préventive des mis en cause et clarifie enfin que la forclusion agitée par son confrère Alao pour justifier cette arrestation n’a aucune conséquence sur lui et n’entraîne en rien sa poursuite. C’était donc du bluff et il n’a pas hésité à conclure que

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« c’est le gouvernement qui instrumentalise la justice pour aboutir à un resultat politique ».

Inquiet face à la gravité des faits, Me Alfred Pognon invite le peuple béninois à la vigilance car ce qui arrive aux autres peut aussi nous arriver. Plus rassurant, Me Elie Vlavonou affirme que le collège des avocats fera tout pour obtenir dans les jours à venir la libération provisoire de leur client qui comparaît le vendredi 08 janvier prochain.

A voir de prêt, ce dossier serait un nid de mensonges tissé par Me Alao épaulé par le gouvernement qui veut la peau de Simon Pierre Adovèlandé candidat probable aux élections présidentielles de Mars 2011, par ailleurs coordonnateur national du Millenium Challenge Account (Mca).Me Djogbénou n’avait pas eu tort de dire à la sortie du prétoire le mardi 29 décembre, date de la mise en détention préventive de son client que

« c’est la nuit qui est tombée sur la justice béninoise »                    

Marcel Zoumènou

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