Affaire Icc-services: Sortie médiatique ratée pour Jacques Alidou Koussé

On se plaignait de son apparente oisiveté, mais le voilà qui nous revient avec pleins de dossier. Jeudi dernier au siège de son institution à Porto Novo et hier sur les plateaux de Canal3, l’Inspecteur général de l’Etat Jacques Alidou Koussé a encore montré qu’il servait encore à quelque chose. Seulement, et comme à son habitude, le discours tenu  ravive des inquiétudes sur l’impartialité réelle de cet homme.

Quelques jours après la décision prise par le gouvernement de traduire devant la Haute Cour de justice (Hcj) quatre anciens ministres du gouvernement, l’Inspecteur général d’Etat Jacques Alidou Koussé sort de son mutisme. Jeudi dernier au siège de son institution à Porto-Novo, il a animé, conjointement avec le conseiller technique juridique du Chef de l’Etat, une conférence de presse où il a montré le niveau d’implication de ces quatre ministres accusés   dans ces dossiers.  Ainsi, pour l’Ige Koussé l’ancien ministre des affaires étrangères Rogatien Biaou est accusé d’être impliqué dans la vente d’une partie du domaine de l’ambassade du Bénin à New York, une vente illicite dans laquelle il aurait reçu près de 200 millions de pourboire. A Kamarou Fassassi, qui proclame pourtant urbi et orbi son innocence, il est reproché d’avoir fait siphonner des milliards des caisses de la Sbee par le truchement d’une société inutile qui perçoit des pourcentages sur les frais d’électricité des structures d’Etat. D’autres malversations financières lui sont reprochées. Soulé Mana Lawani  doit répondre de ses nombreuses surfacturations dans la réfection du Cic et du Palais des congrès de Cotonou.

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L’ex-ministre de l’intérieur Armand Zinzindohoué  est doit répondre de ses accointances poussées avec Emile Tégbénou, le cerveau de la vaste escroquerie de Icc-services à qui il a octroyé un permis de port d’arme. Jeudi dernier, l’Ige a expliqué les tenants et les aboutissants de ces affaires mais aussi de beaucoup d’autres avant d’enfoncer le clou hier sur l’émission « Zone franche » de Canal3 où il parle de 44 dossiers en instance d’être confiés à la justice par le gouvernement.  Seulement, la forte complicité affichée jeudi dernier à Porto Novo avec Max Ahouèkè, conseiller technique juridique du Chef de l’Etat  montre de quel côté le vent Ige pourra nous conduire.

L’épouvantail gouvernemental

De plus en plus, la partialité de l’Ige crève l’œil. Un expert comptable de son rang qui a en main un instrument d’assainissement aussi sensible doit faire au moins un effort de neutralité et d’équilibre dans la gestion des dossiers à lui confiés. Mais que constate-t-on ? L’Ige se comporte comme l’épouvantail que le gouvernement brandit à chaque fois pour intimider tous ceux qui osent l’accuser de faire des prévarications. On ne voit Koussé que lorsque le gouvernement a le dos au mur et qu’il a envie de se défendre pour rechercher une nouvelle virginité. Un peu comme pour dire « vous m’accusez de malversation, voici moi aussi j’ai des dossiers contre vous ». Ces dernières interventions  relancent encore l’épineuse question de la responsabilité et de la conscience professionnelles de l’inspecteur d’Etat. En effet,  Koussé a été des années durant le commissaire aux comptes de la Sbee et a, à cet titre, certifié les comptes de cette société. Il paraît malséant aujourd’hui que ce soit celui là qui trouve qu’il y a eu malversation dans cette même société. Normalement dans un pays sérieux,  Koussé devait lui-même décliner toute sollicitation pour conduire une commission d’enquête sur cette société. Plus grave, on a vu l’Ige prendre la défense du gouvernement chaque trouvant ainsi que s’il y a assez de scandales sous le changement, c’est simplement parce qu’il y a plus d’activité. Argument trop facile et indigne d’un cadre de son rang. Mais à priori, on ne devait pas s’étonner des prises de position de l’Ige. Nommé par le président de la république, pouvait –il faire autre chose que de faire allégeance à ce dernier ?

Les incongruités de Max Awouèkè

Le comble de cette conférence de presse du jeudi dernier à Porto Novo a livré un autre griot de l’entourage présidentiel. Son nom : Max Ahouèkè conseiller technique juridique du président de la république. A travers des propos va-t-en guerre, il affirme que le président Boni Yayi ne sera pas le premier à aller devant la Haute Cour de justice. Il semble insinuer ainsi qu’avant lui il y a eu les présidents Soglo, Kérékou et leurs ouailles qui doivent d’abord aller devant cette juridiction avant Yayi. Pour en rajouter à la gravité de ses propos, il affirme que traduire Yayi devant la Hcj est « ouvrir la boîte de pandore ».On s’étonne de son hystérie à voir Yayi comparaître devant la Hcj.Pourtant l’avocat qu’il est sait bien que la loi a bien prévu cela.

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Marcel Zoumènou

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