C’est par 59 voix pour, 0 contre et 1 abstention, celle de l’honorable Rosine Vieyra Soglo, que les députés de la majorité parlementaire ont voté la loi portant règles générales applicables aux personnels militaires, des forces de sécurité publique et assimilés en République du Bénin. C’était en présence du gouvernement représenté par quatre ministres à savoir de l’Intérieur, de la justice, de la fonction publique et celle chargée des relations avec les institutions.
C’est dire que désormais, les douaniers et autres personnels militaires n’auront plus droit de grève dans le pays. En effet, après examen et amendements formulés par certains députés, il est retenu au niveau des dispositions finales et pénales un article 11 qui dispose : « tout personnel militaire, des forces de sécurité publique et assimilés qui violent les dispositions de cette loi est radié de la fonction publique ». Cet article qui crucifie totalement les douaniers a suscité hier à l’hémicycle des débats houleux. Pour certains députés, il fallait maintenir ce qui a été proposé par la commission compétente à savoir « les personnes militaires, des forces de sécurité publique et assimilés sont tenus d’assurer leur mission en toute circonstance et ne peuvent exercer le droit de grève sous peine de sanctions pouvant aller à la radiation ». Ce qui n’a pas été du tout du goût d’autres députés tels que Hélène Aholou Kèkè, Djibril Débourou, Ahinnou Thomas, Rachidi Gbadamassi, Sacca Lafia qui ont dit que c’est une loi importante pour l’économie du pays et que pour cela, ils proposent une sanction définitive qui est la radiation. Finalement, au terme des échanges, c’est cette dernière formule qui a été retenue en plénière. Il faut préciser que les députés de l’opposition tels que Agustin Ahouanvoébla, Louis Vlavonou, Eric Houndété, Mohamed Atao Hinnouho, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme « une loi liberticide pour les douaniers ». Pour eux, c’est comme si le parlement veut prêter main forte au gouvernement pour abattre les douaniers. Pour terminer, ils ont unanimement demandé que cette proposition de loi soit purement et simplement retirée de la table des députés. Pour le député Fcbe Emile Tossou par exemple, cette loi qui ne vise personne est dans l’intérêt supérieur de la nation. Quant à son collègue Sagui Yoto, lui aussi douanier à la retraite, il est revenu amplement sur le statut qui régissait cette corporation jusqu’à la prise de la présente proposition de loi. Selon lui, c’est une avancée car ça rapproche toutes les composantes des forces militaires et assimilés. Pour finir, il suggère qu’après le vote de la loi, que des mesures d’accompagnement suivent. Le député Grégoire Laourou a demandé quant à lui si les auteurs des remous sur cette loi ont bien pris connaissance de la loi. Il a ajouté qu’il faut choisir entre l’intérêt général et celui corporatif de certains agents. Ces députés ont été appuyés par d’autres collègues Fcbe tels que Nicaise Fagnon, Issa Azizou, Félicien Chabi Zacharie, Candide Azannai. Par contre, la présidente Rosine Vieyra Soglo qu’on n’attendait pas, a mené le même raisonnement que les opposants. Selon ses propos, les douaniers sont des agents permanents de l’Etat (APE ) et ont également droit de grève. Pour elle, les agents du trésor font grève dans ce pays, même les magistrats et pourquoi pas les douaniers. Elle s’est indignée et propose que le gouvernement les réunisse plutôt autour d’une même table de négociation. « Il n’est pas trop tard pour appeler les douaniers à la table de négociation » a-t-elle ajouté. Après les interventions des députés, le gouvernement présent a essayé d’apporter des éléments de réponses et a éclairé davantage la lanterne des honorables députés dans le sens du vote de la loi.