La santé du citoyen : suggestions à madame la ministre de la santé

Le vent de réformes qui souffle sur le gouvernement Yayi II mérite d’être encouragé et soutenu par les citoyens eux-mêmes autrement il s’époumonera, s’essoufflera à brève échéance ; fera long feu et ira rejoindre le cimetière des bonnes intentions et des vœux pieux. C est pourquoi chaque citoyen a le devoir et le droit d’exercer à son niveau sa pression sur l’ensemble des concitoyens pour aider les gouvernants à faire comprendre et à faire admettre les décisions qu’ils prennent ou que l’on souhaite les voir prendre dans le cadre desdites réformes. C’est ainsi qu’après avoir formellement fait état, comme il convenait, de mes réflexions aux Autorités du Ministère de la Santé, je me permets et me fais le devoir de les publier.

Je leur ai suggéré l’instauration d’un guichet unique pour assurer rapidité et efficacité dans la procédure de l’évacuation sanitaire et ai proposé qu’un décret soit pris en Conseil des Ministres pour la règlementer, complétant les dispositions de celui du 30 Décembre 2005 portant réglementation des évacuations sanitaires en République du Benin sous le n° 2005-834. Cette mesure n’aura pratiquement aucune incidence financière sur le budget de l’Etat alors qu’elle permettra de sauver bon nombre de vies humaines qui passent à trépas tout simplement pour raison de lenteurs administratives. Le seule volonté politique suffira.

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J’ai plaidé pour un meilleur équipement de notre hôpital de référence afin d’en finir précisément avec la gangrène de l’évacuation sanitaire discriminatoire dans son essence et onéreuse dans son coût non pas en le mettant à la charge de l’Etat mais en en faisant une opération de solidarité nationale.

J’ai plaidé particulièrement en faveur de l’installation d’un centre cardio-vasculaire et ai suggéré pour ce faire, plusieurs sources de financement d’ordre régional et national dont une levée de fonds et un emprunt national garanti par l’Etat. A cette occasion, je me suis permis de me poser la question de savoir comment on peut former honnêtement les cardiologues de demain s’ils n’ont même pas accès aux outils d’aujourd’hui. L’on ne peut tout de même pas continuer de nous soigner au pifomètre.

J’ai plaidé en définitive pour l’internement national de l’évacuation sanitaire sur l’étranger en mettant en exergue le fait que, nonobstant tout l’or du monde qu’il peut posséder, la précarité de l’état de santé du patient ou tout autre aléa, sans égard à son rang social, peut interdire son transfert physique et matériel à l’étranger.

J’ai rappelé aux Autorités du Ministère de la Santé que seulement 9% de la population est assurée vaille que vaille en risque maladie ; 91% des Béninois ne bénéficient donc d’aucune protection sanitaire. Si l’on entre dans les détails l’on peut noter que moins de 1% de la population est assurée auprès des compagnies privées ; 6% partiellement par l’employeur des fonctionnaires qu’est l’Etat puisque, paradoxalement, il ne s’implique pas dans la prise en charge des médicaments; 2% auprès des mutuelles d’apparition récente ayant vocation à assurer l’informel qui n’est pris en charge par aucune autre structure de la place alors même qu’il représente environ 80% de la population active du pays. J’ai cependant rappelé aux Autorités du Ministère qu’elles avaient déjà indiqué que l’assurance maladie faisait partie de leurs préoccupations mais je leur ai aussi indiqué que ma crainte se situe au niveau de la position à laquelle elles avaient classé cette préoccupation.

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J’ai stigmatisé le défaut de la branche protection sanitaire au niveau de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale chargée depuis un demi-siècle de la protection sociale du citoyen et restée sans effet et ai suggéré qu’un décret d’application soit pris pour lui ordonner de jouer le rôle que lui a confié la loi ou le lui retirer purement et simplement et le confier à l’Agence Nationale d’Assurance Maladie (ANAM) chargée de gérer le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) créé par le gouvernement en 2008.

J’ai suggéré que tous nos centres médicaux soient dotés d’un urgentiste diplômé qui disposera principalement du matériel nécessaire pour oxygéner le patient et stimuler le muscle cardiaque en cas d’accident cardio-vasculaire dont le défaut des premiers soins conduit à une mort certaine. Ce défibrillateur ne coûte pas plus d’un million de francs et il permettra de sauver quantité de vies qui disparaissent prématurément. Son installation devrait compter au rang des conditions à remplir pour obtenir une autorisation d’ouverture de tout centre médical digne de ce nom. Puis je me suis posé la question de savoir ce qui advient lorsqu’il y a erreur de diagnostic ou négligence qui engendre une invalidité ou l’issue fatale? Ce qui se passe dans nos centres médicaux en termes de responsabilité civile.

Je me suis permis d’insister sur le fait que mes suggestions n’entraînent pas d’incidence financière significative sur le budget de l’Etat et qu’il suffirait, pour leur donner effet, de faire preuve de volonté et de détermination politiques, toutes choses qui ne font pas défaut au Ministère de la Santé , tant s’en faut. Je me suis fait l’agréable devoir de remercier Madame la Ministre de la Santé tout comme celle de la Famille, de la solidarité, des handicapés et des personnes du troisième âge d’avoir accepté de prêter l’oreille aux propositions du profane que je suis et que je leur ai faites dans leurs domaines respectifs d’autant que lesdites propositions ne trouvent leur intérêt que dans la simple sincérité d’un devoir citoyen. Les personnes du troisième âge non seulement sont redevables aux Autorités pour leur avoir enfin accordé une place institutionnelle dans la composition du gouvernement ainsi que nous le demandions mais encore apprécient que le ministère de la Famille ait créé en son sein une direction des personnes âgées

Ambassadeur Candide Ahouansou

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