Centrale électrique de Maria-Gléta : 80 mégawatts en rêve, des milliards en fumée

Dans l’après midi, une explosion s’est produite à la centrale électrique de Maria Gléta, commune d’Abomey-Calavi, à quelques kilomètres de Cotonou. Des milliards de fcfa et fumée et un rêve se brise ?!

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Le rêve du gouvernement béninois d’augmenter dans les tous prochains mois la capacité énergétique du pays à travers la mise en service de la centrale électrique de Maria-Gléta (commune d’Abomey-Calavi à proximité de  Cotonou) devient sans doute une chimère. Une explosion s’y est produite dans l’après midi du lundi 07 janvier a-t-on appris dans un premier temps de sources concordantes.

Aucun démenti n’a été apporté par les autorités. Sur les lieux, notre équipe de reportage à eu confirmation des populations riveraines. Selon ces témoins, un bruit assourdissant est venu de l’enceinte de la centrale autour de 15 h, heure de Cotonou. Ils racontent que « ce bruit qui a causé des secousses au niveau des habitations environnantes » a été suivi d’une fumée épaisse.  La suite : des sapeurs  pompiers sont arrivés, avec une ambulance qui aurait fait deux tours. Certains riverains ont ajouté que l’infrastructure fait l’objet d’essais depuis quelques jours. Et chaque fois, des bruits d’explosion y proviennent. Mais celui de ce lundi était « très fort.»

Sur le terrain, nous n’avons pu avoir accès à l’enceinte de l’infrastructure. Seulement, d’autres sources soulignent qu’il n’y a pas eu de perte en vies humaines. L’intervention rapide des sapeurs-pompiers aurait contribué à limiter les dégâts. Très remonté, le Président Boni Yayi, en visite officiel au Canada du 07 au 12, a instruit le ministre Barthélémy Kassa à prendre ses responsabilités avant son retour, a-t-on appris.

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80 mégawatts en rêve, des milliards en fumée

D’un coût de 40 milliards de fcfa, la centrale à turbine à gaz de Maria-Gléta est entièrement financée  sur fonds propres par l’Etat béninois. Elle est supposée augmenter la capacité énergétique du Bénin de 80 mgw (mégawatts). Confiés à une entreprise américaine, dénommée CIA, les travaux de sa construction ont débuté en 2008 et devaient durer six mois, selon les prévisions initiales. Mais plus de 4 ans après, la centrale n’a toujours pas été mise en service.

D’autres sources citées par La Nouvelle Tribune dans une enquête réalisée sur la construction de la centrale avaient évoqué les obstacles liées à sa finition et sa mise en service.  Ces obstacles sont liés, entre autres, à la question de l’assurance, à celle de l’organe de gestion de l’infrastructure et à la qualité même des turbines. Aussitôt nommé il y a quelques mois, l’actuel ministre de l’Energie, Barthelemy Kassa avait renoué les contacts avec la partie américaine pour que la centrale soit mise en service le plus tôt possible.

Reçu en audience par le président Boni Yayi en mi-décembre, le représentant au Bénin de CIA avait déclaré : «Il n’y a aucun problème avec les huit turbines à notre connaissance. Elle seront mises en service au même moment». Il avait ajouté que le retard dans l’exécution des travaux s’explique par le fait qu’à chaque étape, il a fallu rechercher l’approbation du gouvernement avant de passer à la prochaine.

Les vraies raisons de l’explosion de ce lundi et les dégâts y afférents ne sont pas encore connus. La réaction du ministère de tutelle est attendue.

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