«Nous devons faire de nos enfants nos amis et parler de sexe avec eux» dixit Mouniratou Idrissou

Le Vih/Sida est une maladie réelle qui fait chaque année dans le monde des millions de décès, majoritairement des jeunes. Ces derniers, dont la sexualité participe de la propagation du virus et de la maladie.

Publicité

On se demande aujourd’hui sur l’éducation sexuelle de la couche juvénile. Et quelle est la part de responsabilité des parents dans la propagation du Vih/Sida? Que font les parents pour éviter à leurs enfants «le mal du siècle»? Mouniratou Idrissou, socio-anthropologue de formation et chargée de la coordination des Ong au Programme Nationale de Lutte contre le Sida (Pnls) nous donne ici quelques réponses.

Le constat aujourd’hui est que les enfants sont de plus en plus livrés à eux-mêmes. Que conseillez-vous aux parents?

Ce que moi je conseille, il n’y a pas une éducation type parce que les enfants ne sont pas les mêmes, les parents non plus ne sont pas les mêmes. Nous n’avons pas reçu les mêmes éducations, nous ne sommes pas issus des mêmes cultures. Mais, quelle que soit notre éducation, nous devons faire l’effort de consacrer du temps pour échanger avec nos enfants. Nous devons faire de nos enfants nos amis et de parler de sexe avec eux, de les mettre en confiance. Quand nous évitons de discuter de ces questions en famille ce sont les médias, les amis, la rue qui les abordent et ce n’est pas sûr qu’à ces niveaux les enfants aient les bonnes informations. Les parents n’ont qu’à faire l’effort d’échanger beaucoup plus avec les enfants. 

 

Publicité

Vous venez d’aborder la question des médias. Les enfants aiment beaucoup suivre les feuilletons, les émissions de divertissement, etc. Les parents ne peuvent pas les empêcher, alors qu’est-ce que vous suggérez concrètement?

Je ne suis pas contre les médias mais les professionnels des médias montrent des choses à la télévision qui ne sont pas adaptées à nos réalités. Au même moment où ils montrent ces images il faut que les parents les renforcent par des échanges à la maison, que ces mêmes médias nous montrent des réalités de chez nous afin que les enfants fassent la comparaison. Très souvent ce sont des films afro-brésiliens, dans lesquels les acteurs s’embrassent tout le temps, que les médias nous présentent. Si les professionnels des médias peuvent montrer aussi des films de chez nous, l’enfant peut en tirer des leçons. Au Bénin, nous ne faisons pas assez la promotion de nos valeurs culturelles à travers les médias. Je ne demande pas de ne pas nous montrer les éléments d’ailleurs, cependant, il faut nous donner la possibilité de faire des comparaisons. Aujourd’hui, L’habillement des jeunes laissent à désirer. Chez les jeunes filles c’est l’exposition des seins ou des cuisses, Chez les jeunes gens, c’est la mode Hip Hop qui consiste à descendre son pantalon jusqu’au niveau des fesses. C’est cela qui crée tous les problèmes.

 

Sans doute que vous avez des jeunes-filles et jeunes-gens à la maison. Partagez avec nous comment vous, vous échangez avec eux sur la sexualité et quel est leur comportement lorsque c’est maman même qui parle du sexe?

Je n’aime pas trop parler de moi. Oui, j’ai des jeunes à la maison. J’aborde la question dès que possible et j’ai beaucoup de facilité à le faire avec mes enfants, avec mon entourage.

Ceux qui sont avec moi ne sont pas du tout choqués, mais les personnes qui prennent contact avec moi la première fois, ils se sentent choqués. Mais avec le temps elles s’habituent à mon langage. Les parents doivent le faire et adapter leur langage à celui de l’enfant. Si c’est un enfant de trois ans qui vous demande par exemple, comment on fait un bébé, il faut pouvoir le lui dire ;  et quand cet enfant aura six ans et qu’il vous repose la même question, il faut le dire en d’autres termes. Que les parent s’efforcent de connaître leurs enfants et d’aborder la question du sexe avec eux. Les enfants, ils sont curieux, ils savent tout. A partir de trois ans l’enfant cherche à découvrir le sexe de l’autre. Ainsi, il faut forcément qu’on échange avec nos enfants,  Quel que soit leur âge, il suffit d’adapter les mots à leurs langages.

Propos recueillis par Joël Yelouassi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité