Soirée Jazz de Wonder Brass Factory et Sobedo à l’Ifb : un cocktail explosif d’afro-Jazz, sur fond de sonorités béninoises

C’était exclusivement du Jazz africain, ce samedi 19 octobre 2013, à l’Institut Français de Cotonou, avec le concert de Nicolas Genest et son groupe de jazzistes béninois, dénommé Sobedo, soutenu par le groupe parisien Wonder Brass Factory. Il fallait y être. Une musique nourrie d’improvisations spectaculaires, sur fond de couleurs traditionnelles africaines et de musique urbaine.

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C’est de l’Afro-jazz, offert sur scène ce  samedi 19 octobre 2013, à l’Institut Français de Cotonou, par Nicolas Genest et son groupe de jazzistes béninois, dénommé Sobedo. Avec eux, Daniel Casimir et philippe Sellam du mythique groupe parisien de jazz-groove, Wonder Brass Factory.

«Panpanpanna, Panpanpanna …. » Complètement décontractés, Nicolas Genest et Magloire Ahouandjinou, trompettistes, et le tromboniste Daniel Casimir, ne sont pas allés par quatre chemins pour embarquer le public dans le show. Rapidement accompagné sur scène par le batteur Josaphat Hounnou, le percussionniste Bonaventure Didolanvi et le basiste Manu Falla, les musiciens ont émerveillé, de la plus belle des manières, le public composé de connaisseurs comme de novices, venus découvrir ce qu’est le jazz.  Les sons se combinent, les âmes jouissent silencieusement de la beauté de leur harmonie, et soudain, s’élève une voix fredonnant un texte. C’est l’invité spécial, Sergent Marcus, talentueux slameur, qui rejoint sur scène le groupe, désormais au complet. L’agréable produit acoustique qui emporte le public, résulte d’un exercice particulièrement admirable. Les bouches appliquées aux embouchures, de leurs forces soufflent dans le métal. Yeux subrepticement fixés sur le répertoire, de leurs doigts agiles, manipulent les pistons pour produire des notes merveilleuses. «Le jazz dit-on, est un style, non une composition. Toute  musique s’interprète en jazz, du moment qu’on sait s’y prendre». Et bien ! C’est la vérité. A l’Institut Français de Cotonou, Nicolas et ses amis ont creusé, fouillé et bêché les sonorités béninoises, pour en sortir des notes de jazz originales.

Du Slam dans le jazz

Invité spécial pour le concert, Toussaint Adjaho, plus connu comme «Sergent Marcus», son nom d’artiste, était sur scène dans le rôle de celui qui donne de la voix, qui psalmodie les textes. Puisqu’il  s’agit d’un cocktail musical,  pour sa part, il y mettait le grain de la musique urbaine, qui actuellement conquiert du monde au Bénin, le Slam. Ses mots  s’entrechoquent avec les notes acoustiques des instrumentistes, pour permettre au public de savourer l’originalité qui nait de la rencontre du slam et du jazz. Les textes interpellent la conscience du public, sur ce que devient notre monde. Ce que chacun fait pour changer les choses. Tout en passant le message, Sergent Marcus esquisse des pas de danse hip-hop, et laisse la soirée suivre son cours.

L’improvisation, un langage du jazz

«Nous n’avons rien préparé avant d’arriver au Bénin. Toutes les notes sont des créations faites sur place à Cotonou». Le Jazziste Nicolas Genest parle ainsi de leurs improvisations. Pour qui connait ce genre musical né aux Etats-Unis avec les esclaves Noirs, l’improvisation est sa particularité. On le voit avec le titre «Akonhoun», sur lequel, sans aucun instrument de musique traditionnelle, tout en chantant, le percussionniste Bonaventure Didolanvi promène ses doigts sur trois «toumba», pendant que les autres musiciens accompagnent dans des notes douces, pour faire sensation. L’autre qualité du groupe, très aimé du public, est l’humour qu’il met à travers des historiettes et des refrains, comme «Boboribobom (haut)! Boboribobom (bas) ! ….boboribobooom !». Celui-ci a d’ailleurs fait exploser de rire toute la paillotte de l’Institut Français de Cotonou. Une ambiance festive de jazz qui,  pendant deux heures d’horloge qu’a duré le spectacle, a prédominé.

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