08 ans après sa marche verte contre la corruption, le président Boni Yayi a, dans son discours à la Nation à la veille du 55ème anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance, reconnu son échec dans la lutte contre ce mal qui a eu le vent en poupe sous son régime.
A l’évidence, le président Boni Yayi s’est rendu. Le chef de l’Etat qui a toujours crié à qui veut l’entendre que la lutte contre la corruption est l’une des grandes batailles que mène son gouvernement, a reconnu vendredi 31 juillet dernier, son échec. « C’est avec amertume que je voudrais parler de la question sensible de la corruption et l’actualité m’en donne l’occasion » a déclaré le chef de l’Etat en référence au scandale de l’eau dans son discours à la Nation. Malgré toutes les initiatives prises depuis les gouvernements successifs, a-t-il ajouté « nous n’avons pas encore touché la racine du mal ». Un aveu d’impuissance qui intervient huit ans après sa marche contre la corruption organisée en 2007. A propos des causes de ce grand échec d’un président venu sous le slogan du « changement » et réélu avec celui de la « refondation », le président Boni Yayi admet que « Le phénomène de la corruption s’est généralisé à cause de l’impunité » qui a marqué sa gouvernance.
Des boucs-émissaires
Comme à son habitude, le président Yayi a trouvé les responsables de l’explosion de la corruption hors de son cercle. Selon lui, ce sont des « opérateurs économiques » qui entretiennent le phénomène de la corruption. « Face à cette triste réalité, comment peut-on expliquer, que certains opérateurs économiques et cadres véreux ternissent à ce point l’image du Bénin ? » a-t-il lancé. Apparemment dans le secret des dieux de la corruption, le chef de l’Etat fait savoir qu’« Au-delà de ce cas ponctuel… nous nous trouvons dans un cercle vicieux dans lequel le pouvoir de l’argent téléguide les politiques et l’administration qui influent sur la justice pour promouvoir l’impunité et la grande dépendance de la justice ». Aux abois face à la corruption après près d’une dizaine d’années de gouvernance, Boni Yayi annonce qu’il a « un certain nombre de mesures en chantier pour lutter contre la corruption et l’impunité » dont une hypothétique « task force » et appelle les Béninois à « constituer une union sacrée pour dynamiter ce cercle vicieux à l’égard de l’argent ». Reste à savoir si les Béninois désabusés par la médiocrité de son régime croiront à ces mesures et répondront à son appel.