Bonjour Bénin: «Toboula ne rase pas Tolègba», une bonne dose d’humour à l’édition 2017

Organisée par l’association Ifè culture, la grande soirée d’humour «Bonjour Bénin 2017» tenue dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 janvier a été pleine d’instants de rire pour le public béninois venu s’éclater en ce début d’année avec de talentueux humoristes du Togo, du Burkina, du Cameroun, de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire et du Bénin.

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Rire de 21h36 à 1h passé, soit pendant plus de 180 minutes. C’est ce qui s’est passé  à la troisième édition du festival d’humour «Bonjour Bénin» dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 janvier au Palais des congrès de Cotonou. Avec les humoristes Oumar Manet de la Guinée Conakry, Kossi Djomatin Gogoligo du Togo, Moussa Ouédraogo alias Petit sergent du Burkina, Nana Ardo du Cameroun, Amélie Wabéhi de la Côte d’Ivoire et Caporal Djangoun, Parfait Viahyinon alias Vipas, Giovanni Houansou, Judicaël Avaligbé alias chromosome et Hafissou Sogotedji du Bénin, le public béninois a passé toute une soirée à rire oubliant les grincements de dents  enregistrés avec l’impitoyable opération de déguerpissement en cours  dans le pays.

Du rire no limit

«Nous palmidatons». Vous vous demanderez quel verbe est-ce encore. Eh bien, sachez que c’est un charabia de l’élève Tio, un taré des tarés confondant le savon palmida qu’il utilise sous la douche à «savons», la forme du verbe savoir à la première personne du pluriel au temps présent de l’indicatif. Il s’agit d’une création de Vipas, le jeune humoriste béninois qui a ouvert le bal avec d’amusants numéros de révision de l’alphabet français et une prière de bénédiction pour 2017 dans laquelle il invoque Allah, Dieu, Jésus et les vodouns de son pays. A peine le public commence à rire qu’il est soumis à une interrogation à remuer les méninges de Caporal Djangoun, un autre humoriste béninois, dont la réponse n’est pas donnée. «Si on appelle maternelle  la maison familiale de notre mère et paternelle celle de notre père, comment appelons nous la maison familiale  de notre oncle ou de notre tante ?» a demandé, ce militaire qui n’est encore qu’au grade V après 45 ans de service. Selon lui, c’est par le sigle APE «Agent permanent d’Eglise» qu’on désigne ceux qui se rendent à l’église 7 jours sur 7.

Toujours dans l’armée, Capitaine virus, humoriste béninois, apprend que, laissées dans la nature, les matières fécales des personnes de plus de 150 kilos dégagent un puissant gaz à effet de serre. Un tour chez les musiciens,  Elifaz, un autre humoriste amène le public à rire des rappeurs chez qui tout est gros. «Pantalon, c’est gros. Habit, c’est gros, chaussure, c’est gros. Même en bas c’est gros» lance l’humoriste demandant au public pourquoi les rappeurs tiennent toujours l’entrejambe quand ils dansent.

Actualité béninoise oblige, en référence à l’opération de déguerpissement en cours à Cotonou et dans certaines villes du Bénin, Giovanni Houansou trouve que le pays subit actuellement la fougue de l’ouragan Toboula qui selon lui, semblable à ceux d’ailleurs, est «un vent fort, un vent violent». Selon l’humoriste aussi fort et dévastateur qu’il soit «Toboula ne rase pas Tolègba». Beaucoup d’éclats de rire fusent du public. Une atmosphère assez comique qui va monter en intensité avec les humoristes étrangers Petit sergent et Gogoligo.  Gestuels, histoires drôles, fourberies, ils  ont usé de tout pour tenir  en haleine le public. On aperçoit les visages décompressés, comme s’ils venaient de passer une pommade de bonheur pour vivre 2017 malgré les difficultés.  Le rire adoucit les cœurs et chasse les rancœurs» dit à cet effet Huguette Akplogan, Peacelady 2017 présente à ce spectacle. Elle a félicité Bardol Migan le promoteur de ce spectacle. Pour celui-ci, c’est un challenge de tenir «Bonjour Bénin». Son initiative doit être encouragée et soutenue  selon les artistes qui donnent rendez-vous pour  une édition plus folle en 2018.

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