Sacca Fikara : Talon et ses députés doivent éviter la rébellion contre les lois

Sacca Fikara : Talon et ses députés doivent éviter la rébellion contre les lois

L’émission «Regard sur le monde»  animée par notre confrère Fernand Azonnanon sur soleil  Fm reçoit ce jour vendredi 31 mars  l’honorable Sacca Fikara

Les enseignements d’une déclaration qui n’honore ni le Bénin ni son parlement
Et les éléphants se taisaient
Partages

L’émission «Regard sur le monde»  animée par notre confrère Fernand Azonnanon sur soleil  Fm reçoit ce jour vendredi 31 mars  l’honorable Sacca Fikara. En avant-première,votre journal, La Nouvelle Tribune a pu obtenir copie  de cette émission enregistrée hier jeudi pour une diffusion en différé ce jour. Interview :

Le vendredi 24 mars dernier, les députés ont voté à l’unanimité contre la procédure d’urgence demandée par le gouvernement pour étudier le projet de révision de la constitution. Une réaction qui a tôt fait de rassurer les uns et les autres sur les intentions réelles des députés. Le rejet de la procédure d’urgence a permis de baisser la tension au sein de la population. Mais à l’analyse, l’absence d’un pourcentage important des députés à l’hémicycle le jour de ce vote a suscité d’autres inquiétudes et fait croire que le vote émis n’est que le résultat d’une autre machination politique orchestrée par l’exécutif.

Si le rejet de la procédure d’urgence ne dissipe pas toutes les inquiétudes, il  a servi au moins d’antichoc pour éviter un atterrissage catastrophique à une révision au forceps. Depuis cette décision, les honorables députés sont en consultation pour expliquer les tenants et aboutissants du projet et recueillir des amendements auprès des populations à la base. Balade de santé pourrait-on dire pour certains de nos députés déjà acquis à la cause du pouvoir en place et qui ne voient aucun virus dans le projet de loi qui fait débat. C’est par contre, un exercice redoutable pour d’autres députés qui pour diverses raisons ont trahi la cause commune de départ et ne sont plus en odeur de sainteté avec leurs bases. En raison de cette actualité, l’émission « Regard sur le monde » sera consacrée à 100% au Bénin avec notre invité l’honorable SaccaFikara, administrateur des finances, directeur de société, président du Mouvement pour la démocratie et la solidarité (MDS) qui est membre de l’Union fait la nation. Il est également ancien député à l’Assemblée nationale du Bénin, 5 législatures et 20 ans d’activité parlementaire.

Honorable Sacca Fikara, êtes-vous l’un des tout premiers déçus du Régime Talon ?

Oui, je suis déçu ! Je suis très déçu. Disons que j’ai toujours perçu les choses d’avance. Et j’avais beaucoup craint que Talon devienne notre président. J’avais dit quelque chose au lendemain du premier tour. J’avais dit que mon candidat devrait chercher à vérifier les choses. Ça m’a valu beaucoup d’inimitiés. Même sur les ondes, j’ai eu beaucoup d’injures. Mais comme je ne l’ai pas dit de façon hasardeuse, j’ai tout confié au temps.

Honorable ….. Le chef de l’Etat a dit avoir pris acte de la démission de Candide Azannai et  qu’il saisira l’Assemblée nationale pour son avis consultatif avant un remaniement technique. Etes-vous surpris par cette démission ?

Je ne suis pas surpris mais je trouve que c’est venu un peu tôt. Parce que Azannai, c’était un ami avec qui nous avons fait beaucoup de combats ensemble. Je trouve qu’il devrait être balloté entre deux sentiments.   Il devrait être balloté entre ses visions politiques, que je présume ne jamais être pour ce qui se passe. Mais je sais également que c’est un ami, l’un des intimes de Talon. Il serait donc balloté entre ses visions politiques et ses  amitiés avec Talon. La coupe est devenue trop pleine. Et pour ne pas mourir, il devrait quitter. J’avais eu peur lorsque j’ai vu le premier gouvernement. Il n’y avait que deux hommes politiques. Les gouvernements qui ne comportent pas des hommes politiques sont dangereux. Le gouvernement est une affaire politique. Parce que les politiques sont habitués à la discussion. Dès qu’un problème se pose,  ils voient de tous les côtés. Sur les 22 membres du gouvernement, s’il y avait au moins 6 hommes politiques, il y aurait eu moins de dérives. Ce gouvernement est venu avec des gens qu’on ne connaît pas. Encore que 50% des gens de ce gouvernement travaillait avec le président. Et le reste ce sont des gens qui sont devenus ministres et qui croient que les fétiches de chez eux ou les ancêtres leur ont  porté chance.  Devenir ministre, c’est un parcours politique qu’il faut faire. Un ministre, c’est un homme politique. Quand on prend un technocrate qui a regardé toute sa vie sur papier, à faire alpha, oméga, des paramètres, il ne peut pas.

Etes-vous au courant des raisons qui ont poussé Candide Azannai à claquer la porte ?

Depuis qu’il est ministre on s’est vu deux fois dans son bureau. Le connaissant très bien, je sais qu’il aurait mal pour tout ce qui se passe. Je pense que Azannai aurait mal déjà qu’on remette l’économie de notre pays à des amis, à des copains. Je pense qu’il aurait mal à ses tripes, avec toutes ces affaires de gré à gré qu’on décrète en conseil des ministres. Tel que je le connais, je sais qu’il fera des objections. Parce qu’il est inadmissible que le conseil des ministres, la plus haute instance administrative du Bénin, s’asseye pour distribuer des marchés de gré à gré. En tant qu’homme politique, je pense qu’il serait gêné.

On estime aussi qu’il serait étouffé par la superpuissance de certains de ses collègues notamment le ministre de la justice et le ministre Pascal Koupaki.

En 2006, j’étais à l’Assemblée avec Candide AzannaÏ. En 2011 également, j’étais à l’Assemblée avec lui. Candide Azannai est un homme très structuré sur le plan intellectuel. La première chose qui m’a étonné, c’est quand, pendant la campagne déjà, le candidat Talon disait, je vais réviser la constitution et proposer un  seul mandat. C’est pour ça que je ne l’ai pas suivi. Parce que, rien que pour avoir dit ça, beaucoup d’intellectuels de ce pays ont été traités de dictateurs. Ou c’est un désert de compétence ou alors il ne comprend rien des choses de chez nous. En 2011, l’article 156 de notre constitution avait été déjà de jure modifié et le mandat présidentiel de 5ans renouvelable une seule fois, est devenu non-modifiable. Et Azannai le sait. Les deux ministres politiques qui sont dans le gouvernement, je n’ai pas compris qu’ils n’aient pas dit stop, on ne peut pas modifier cette disposition. Parce que cette disposition n’est pas modifiable. Ils auraient dû lui dire ça depuis. C’est une rébellion contre les lois de notre pays.  Notre constitution, vous direz, qu’on ne l’a jamais modifié. Mais un député, qui a fait autant de temps que moi, un technicien qui lit tout pour s’informer, sait que de fait, notre constitution a été modifiée plusieurs fois. Parce que la seule instance autorisée à interpréter notre constitution, c’est la cour constitutionnelle. Et, la constitution d’un pays, est ce que le juge constitutionnel dit qu’elle est.

Dites-nous, lorsque des militants de la  première heure d’un régime abandonnent discrètement le navire comme nous le voyons, est-ce qu’il y a lieu de s’inquiéter d’un malaise profond au sein de l’équipe dirigeante ?

C’est pire qu’un malaise Le vendredi, le jour où ils ont rejeté la procédure d’urgence,  Guy Mitokpè le suppléant de Candide Azannaï a fait une déclaration. Dès qu’il a fait  sa déclaration sur Facebook, sur les réseaux sociaux je me suis interrogé sur ce qui se passe et je sais qu’aujourd’hui, dans le gouvernement , il y a le président de la République et un seul ministre

Vous estimez que tous le gouvernement est réduit à deux personnes

Oui… J’ai fait 20ans à l’Assemblée nationale. Quand je lis la lettre de transmission du projet de loi portant modification de la constitution, j’’ai envie de pleurer, sur le style, sur la grammaire et surtout. Ce n’est pas possible qu’un pays comme le Bénin présente un truc comme ça.

A quoi sert le conseil des ministres ?

Oui je me suis dit cela et ensuite j’ai vu que des hommes  aussi expérimentés que LazareSèhouéto, CandideAzannaï, Saka Lafia. ne peuvent pas se permettre qu’un  tel document arrive à l’Assemblée . C’est comme si nous voulions modifier la constitution pour l’adapter au programme d’action du gouvernement. Je lis une phrase ici le présent projet s’inscrit dans la réalisation du Pag et constitue la réponse à l’attente majeure de transformation du modèle politique béninois. C’est inadmissible, c’est grossier, cela veut dire qu’il a un programme et qu’il veut adapter notre constitution à son programme.

…Cette phrase est peut-être pour dire que dans le programme d’action du gouvernement il est inscrit qu’il y aura la révision de la constitution .Alors la démarche actuelle qui est celle de faire la révision de la constitution s’inscrit dans le programme d’action du gouvernement. Un gouvernement quand il  accède au pouvoir, il se donne  un programme d’actions.Dans ce programme d’actionsil y a un certain nombre de choses  à faire dont la révision de la constitution. Ça ne veut pas dire que le programme est nécessairement lié à la révision.

Que reprochez-vous concrètement à ce projet de loi.

J’ai lu et relu le projet et la lettre de transmission et je dis que le combat que nous devons faire actuellement n’est pas dans le projet lui-même. Mais c’est dans la recevabilité du document.

Mais il est déjà recevable puisque la commission des lois a estimé que le document est recevable.

D’abord j’ai écrit beaucoup de choses pour alerter les députés et les responsables à l’Assemblée nationale. Vous savez dans les articles 3,4, et 5 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, on parle de recevabilité d’un projet ou d’une proposition de loi, ce dossier n’est pas recevable.

Vous estimez donc que la commission de loi s’est lourdement trompée comme le gouvernement ?

A l’Assemblée, quand nous sommes en plénière c’est la politique  et il y a des espaces à l’Assemblée où c’est seulement la technique et où pour travailler et il faut faire venir des experts, des documents. On envoie même des gens à l’extérieur. C’est technique. On parle de commission technique. Dans une commission technique on lit le texte et on voit s’il n’y a pas des dispositions qui sont contraires à la constitution. Alors j’ai écrit à des collègues qui sont à l’Assemblée pour  leur dire  de faire attention à ne pas organiser une rébellion à loi de chez nous. Alors, le lundi ou mardi dans les premières discussions qu’ils ont eues, la recevabilité a été retenue J’ai vu que le rapport qu’ils ont faite est fondé sur l’article 156 de la constitution qui dit : « Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté attente à l’intégrité du territoire. La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ne peuvent faire l’objet d’une révision. » Ils se sont arrêtés là et j’ai dit qu’ils ont tort. Vous êtes les historiens aujourd’hui de notre Constitution.

Dans la décision Dcc 11067 du 20 octobre 2011concernant la loi organique sur le référendum, la cour constitutionnelle a modifié cet article. En disant, considérant que l’examen de la loi fait ressortir que l’article 6 est contraire en ce qu’il ne cite pas toutes les options de la conférence nationale de février 1990 et qui sont reprises par les articles 42, 44, 54 de la constitution, qu’il s’agit du nombre de mandat présidentiel, de la limitation d’âge pour les candidats à l’élection présidentielle et la nature présidentielle de régime dans notre pays. Que l’article 6 doit être reformulé comme suit : « ne peuvent faire objet de question à soumettre au référendum les options fondamentales de la conférence nationale de février 1990 à savoir : la forme républicaine et la laïcité de l’Etat, l’atteinte à l’intégrité du territoire, le mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une fois, la limite d’âge de 40 ans au moins et 60 ans au plus. »A partir de cet instant-là, toutes les lois, toutes les propositions de lois ou projets de loi qui vont dans cette  direction doivent être déclarées  irrecevables par  la commission des lois.

Vous estimez donc qu’il y a déjà une première erreur dans la procédure du fait que ce document a été reçu par la commission des lois à l’Assemblée.

J’ai posé la question à des amis et ils m’ont dit qu’ils se sont arrêtés aux trois critères…

Or, qu’aujourd’hui, on ne peut pas comprendre l’article 156 sans y adjoindre la décision de la cour constitutionnelle. Je veux supplier le Président Talon et tous ses soutiens dans le pays et à l’Assemblée Nationale. Je veux les prier de ne pas organiser une rébellion contre les lois de notre pays parce c’est trop dangereux.

Vous rejoignez alors la réflexion du Professeur Victor Topanou qui a dit que sa conviction est que le projet de loi envoyé à l’Assemblée Nationale n’est pas un projet de loi portant révision de la N° 90-32 du 11 Décembre 90 mais bel et bien un projet de loiétablissant une nouvelle constitution et que la procédure d’adoption d’une nouvelle constitution n’étant pas prévue par les articles 154, 155  et 156, il dénonce alors un détournement de procédure et une fraude à la constitution ?

Absolument. Absolument..

Vos collègues au sein de la commission des lois ont participé donc à ce détournement de procédure et à cette fraude constitutionnelle !!

Oui. Ils sont en train d’en être les complices.

Vous le confirmez ?

Je le confirme. Je vais vous dire ceci. Notre constitution est telle que pour modifier çà, il faut une révolution ; il faut qu’on casse tout, il faut qu’on change tout. Tant qu’il n’y aura pas une révolution pour qu’on change tout, pour toucher à notre constitution, il faut passer par les vannes de respiration, ce qui permet à notre constitution de respirer, ce qui permet au pays de respirer sur les questions autour desquelles il y a un flou, sur les questions où il y a une ombre, c’est les lois organiques et les décisions de la Cour. …Alors, Monsieur le Président de la République, dites à vos soutiens à l’Assemblée de ne pas organiser une rébellion contre les lois du pays. C’est assez typique. Depuis 1991 où nous avons eu la première Assemblée jusqu’à ce jour où nous parlons, tous les Présidents de l’Assemblée Nationale sont aujourd’hui des soutiens du Président Talon. Je veux les prier d’arrêter, d’aller voir le Président pour lui dire : « Attention ! Ce n’est pas possible ce que vous nous demandez de faire. C’est une rébellion qui va casser le pays. ». Je veux que quatre (04) grandes personnalités à savoir Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Kolawolé Idji et Mathurin Nago, aillent ensemble voir le Président de l’Assemblée pour lui dire : « Ce n’est pas possible. Si nous faisons çà, c’est de la rébellion contre notre pays. ».

Vous capitalisez 20 ans d’expériences, dites-nous quelle est la procédure d’adoption d’un projet de loi portant révision de la constitution.

£ Les propositions et les projets de lois portant révision de la constitution suivent une procédure législative spéciale. Je peux me tromper. Mais à y voir de près, je crois qu’il y a déjà quelque chose. Lorsque le projet arrive sur la table du Président de l’Assemblée, il l’étudie, convoque le bureau de l’Assemblée  qui en étudie la recevabilité. En principe, c’est au niveau du Président de l’Assemblée et du bureau de l’assemblée que la recevabilité devrait être  déclarée. Ca ne devrait même pas venir en plénière. Quand ils l’ont fait, j’ai tiqué ! Je me suis dit qu’il ne faut pas qu’ils amènent de la politique partisane dans des domaines aussi techniques. Et quand on m’a dit qu’on s’est arrêté aux trois critères contenus dans la constitution de 1990, j’ai dit qu’ils savent tous qu’il y a des ajouts de la Cour Constitutionnelle. « ça c’est la rébellion.». En ce qui concerne la procédure, c’est comme ça que ça se passe. Lorsque vous amenez une proposition ou un projet de lois portant révision de la constitution, la commission des lois étudie le document, voit les différents articles qui sont touchés et prononce la recevabilité ou non , sur la base d’un rapport en plénière,  sans aller au  fond. La plénière lit le rapport et vote une première fois pour la recevabilité. Si les deux tiers au moins le disent recevable, on retourne le projet ou la proposition à la commission pour une étude de « fond ». Mais  si moins des deux tiers votent pour, c’est d’office rejeté et on   n’ en parle plus.

… Nous avons vu la doyenne d’âge de la 7ème législature Rosine Soglo, adresser une note le 25 mars 2017 au président de l’Assemblée nationale, dans laquelle elle a exposé la philosophie du projet en passant par son contenu, ses conséquences et ses limites. il s’agit là de tout un chapelet de risques liés au projet actuel. Que pensez-vous de cette analyse de la doyenne d’âge ?

J’ai l’impression que les gens ne se  rendent pas compte du danger que nous courons à rejeter les décisions de la Cour. Vous voyez le président a rejeté les décisions de la Cour. C’est complètement ahurissant. Le président Patrice Talon est là aujourd’hui par une décision, les députés aussi. En mettant en cause une décision de la Cour il faut tout changer. On fragilise le pays c’est-à-dire que toutes les lois qui sont en dessous de la constitution sont bâties sur les dispositions de la constitution, et sur les dispositions de la Cour. Si vous faites une rébellion contre la décision de la Cour, tout est à changer. C’est pour ça que je supplie les gens. Les lois pénales et commerciales seront reprises et il aura une instabilité totale dans le pays ! Le président TALON lui-même ne pourrait plus gouverner.

Votre collègue l’honorable Dakpè Sossou, était en contact avec sa base le week-end dernier. Et il trouve que ce projet de loi est objectif et rassurant. N’est-ce pas une lecture totalement partisane et dangereuse pour notre démocratie ?

Monsieur Dakpè Sossou est député, il fait de la politique. Je suis probablement en politique avant lui. On ne peut pas faire de la politique dans une commission. Il ne mesure pas le danger qu’on coure. Il veut se faire voir par le président de la République, mais ce qui se passe c’est au-delà de nos intérêts.

Pour une consultation aussi importante, près de la moitié de vos collègues n’est pas descendue dans leurs fiefs électoraux respectifs pour expliquer ce qui se passe. Comment expliquez-vous cela ?

Moi je pense que nous sommes à une étape où il ne faut pas aller sur le terrain. Ce à quoi il faut faire attention, c’est la voix de certains. Allez interroger un homme comme Sacca Lafia, le ministre de l’intérieur et Lazard Sèhouéto sur leurs positions. Ils se taisent parce qu’ils savent que c’est mauvais. Quand la Cour constitutionnelle a sorti sa décision sur la loi organique et le référendum, Lazard Sèhouéto était contre et a même fait une interview. Le Prd était contre et ils ont sorti un communiqué. Nous avons pratiquement fait une grève contre la décision, mais nous sommes les législateurs. Nous sommes revenus sur la décision et l’avons appliqué par ce qu’elle est sans recours. Celui qui était d’accord avec la décision et qui a fait une longue interview pour justifier le bien fondé de la décision de la Cour constitutionnelle, c’est Théodore Holo l’actuel président de la Cour. C’est aussi lui qui a présenté le rapport.

Est-ce que le combat est perdu d’avance. Qu’est-ce que nous pouvons attendre des consultations de vos collègues à la base ?

Je connais un peu l’esprit, le comportement qu’un citoyen a lorsqu’il est député à l’Assemblée nationale. Je voudrais dire ceci en direction du président Talon. Les députés ne voteront pas votre projet. Vous pouvez dépenser tout l’or du monde. Ça ne passera pas. J’en suis très sûr. Deuxièmement, quand ça va faire tout ce circuit, ca atterrira sur la table de la Cour Constitutionnelle. Ça ne passera pas. Monsieur le président retirez-vous et faites un autre projet avec des gens qui ont de l’expérience, parce que trop de choses n’ont pas leur place dans votre document. La peine de mort n’a pas sa place ici. D’abord, dans notre code pénal, le problème de la peine de mort est réglé. Tout ce qui est mis dans le document du projet de révision de la  constitution concernant les partis peut trouver place dans la charte des partis. Je vous supplie de ne pas vous associer à cette rébellion  contre nos lois. Je prie tous les députés de bien vouloir laisser un peu la politique en ce qui concerne la commission des lois. Le président actuel de l’assemblée nationale, les anciens présidents : Amoussou Bruno, Idi Kolawolé, Nago Mathurin, je les prie d’aller voir le président de la République pour lui dire que son projet n’est pas bien. Si son projet est voté, il y aura une rébellion dans le pays. Je ne veux pas de ça. LAISSONS NOTRE PAYS EN PAIX.

A ce titre, qu’est-ce que vous avez à dire en direction de vos compatriotes du Bénin ?

J’apprécie les analyses de la doyenne Rosine Soglo. Voyez à son âge, et avec toutes les contraintes qu’elle a, c’est une patriote qui se bat pour son peuple. Il faut abonder dans ce sens, parce que lorsqu’ils ont voulu toucher au mandat, j’ai dit que ce n’était pas l’affaire de l’Assemblée nationale, mais celle du peuple. J’ai été acteur de la conférence nationale des forces vives de la nation. Je sais combien le sacrifice du peuple a amené notre constitution à ce niveau. Soyons raisonnables!

Commentaires

Commentaires du site 14
  • Avatar commentaire
    Évariste godonou 3 semaines

    Les politiciens n ont qu a faire de nous pauvres citoyens ce qu il veulent ( la raison du plus fort est toujours la meilleure) oluwa mbe.

  • Avatar commentaire
    Rosy 3 semaines

    FRANCK M MAKON INDIVIDU CREUX COMME UN TAMBOUR. TROP BE.TE ET AVEC DES ECRITS DENUDES DE TOUT BON SENS. TU ES TROP PETIT DANS TA TETE ARRETE D’ECRIRE ET VA TE RECYCLER DANS LE RAMASSAGE DES ORDURES IL Y A DU BOULOT POUR TOI A COTONOU. VRAIMENT TU AS UN SOUCI. TU ES UN ES.CLA.VE A QUI ON A ENLEVE LES CHAINES DES PIEDS. TU AS REPRIS CES MEMES CHAINES POUR ALLER LES METTRE DANS TA TETE. L’ANO.RE.XIE MEN.TALE SE SOIGNE CEST UN TROUBLE PSY.CHIA.TRI.QUE VA CONSULTER TU AURAS UNE TRITHERAPIE ESPECE DE SI.DA.Ï.QUE.

  • Avatar commentaire
    Rosy 3 semaines

    JUSTEMENT VITE LE JOHN JERRY RAWLINGS BENINOIS POUR NOUS DEBARASSER DE TOUS CES HOMMES CORROMPUS CEUX DE KEREKOU YAYI TALON

    • Avatar commentaire
      GbetoMagnon 3 semaines

      Sans vouloir vous manquer de respect Madame, je crois que la solution de l’homme providence, n’est quelque part que le refus d’accepter les responsabilités qui incombe à un(e) citoyen(ne) adulte.

      La solution ce sont des pouvoirs équilibrés, capable de contrôler les gens de pouvoir et d’en débarrasser le pays (la Justice), en cas de malversation avérée.

  • Avatar commentaire
    BlackSamurai 3 semaines

    Bravo Makon et Joeleplombier, apres la demagogie, vous avez decouvert la stupidite!!!
    Comparaison n’est pas raison et faudrait-il encore que la comparaison tienne! Depuis quand Talon est comparable a Rawlings? Depuis quand un escroc qui s’enrichi sans vergogne aucune sur le dos du peuple est comparable a un militaire qui est pret a donner sa vie pour sa patrie?
    La dignite c’est ce qu’il reste quand on a tout perdu mais apparement vous dans vos elucubrations vous avez reussi l’exploit de perdre la votre. Vous devriez avoir honte de la puanteur noseabonde qui se degage de vos calomnies quotidiennes sur ce site. Meme si vous en ce qui concerne, vous avez deja la bouche et la panse pleines, ayez un minimum de compassion pour nos compatriotes qui ne cessent de voir leurs peines s’accentuer sous le joug du “dictateur ne”.

  • Avatar commentaire
    Jaidit 3 semaines

    TALON veut nous imposer une nouvelle constitution, la sienne, celle qui va renforcer l’impunité des fossoyeurs de l’économie et faire de TALON, l’hyper président au Bénin du ciel et de la terre et de tout ce qui est entre. Ca ne passera pas. Ce projet de ré-écriture de la constitution est mort né. Nous le combattrons pied-à-pied.

  • Avatar commentaire
    FRANCK M MAKON 3 semaines

    DE TOUS LES COMBATS STERILES QU’IL A MENE CONTRE YAYI 10 ANS DURANT, QUEL MERITE A T’IL EU ?
    QUEL POSTE A T’IL GAGNE ?
    SI YAYI BONI ETAIT AUSSI MAUVAIS QUE NOUS LE DISIONS , FIKARRA SAKA AURAIT MERITE LE SORT DE FEU DANGNIVO .
    MAIS COMME C’EST UN VAUT RIEN , YAYI A PREFERE [ MANGER CRUE ] DANGNIVO ET LAISSER EN VIE DELI…RER .
    LE PROJET SERA REVISE, ADOPTE , APPROUVE ET CELUI QUI EST HOMME DANS CE PAYS N’A QU’A REAGIR .
    LES GHANEENS NOUS AIDAIENT A REPARER NOS CHAUSSURES LA DECENNIE PASSEE , MAIS UN MATIN JOHN JERRY RAWLINGS A TAPE DU POINGT SUR LA TABLE ET AUJOURDHUI LE BENIN EST TOUT PETIT DEVANT CE PAYS .
    TANT QUE TALON NE VA PAS USER DE DICTATURE POUR REDRESSER LES BENINOIS , IL Y AURA ENCORE DES [ FIKARA ] QUI VONT EMPOISONNER SON MANDAT .
    SAKA FIKARA DANS SON PROPRE VILLAGE EST INCONNU A PLUS FORTE RAISON SUR L’ECHIQUIER NATIONAL OU DEPUIS 2006 IL PORTE LE MEME BOUBOU .
    NB: SI QUELQU’UN CONNAIT L’ADRESSE DE YAYI BONI , DITES -LUI D’ENVOYER SES BOUBOUS A SAKA FIKARA !

    • Avatar commentaire
      Joeleplombier 3 semaines

      Franck Makon
      Fikara porte le même boubou depuis 2006 ????
      Je meurs de rire . Je comprends pourquoi il est dans l’agitation . Pourquoi me dit-on qu’il administre des sociétés ??? Pauvre de lui

    • Avatar commentaire
      Helian 3 semaines

      Peut-être que comme tu le dis bien on a besoin d’un Jerry Rawlings. Ce que ton Talon n’est surement pas. Je crois que tu es sur la bonne voie.

    • Avatar commentaire
      Rosy 3 semaines

      JUSTEMENT VITE LE JOHN JERRY RAWLINGS BENINOIS POUR NOUS DEBARASSER DE TOUS CES HOMMES CORROMPUS CEUX DE KEREKOU YAYI TALON

      • Avatar commentaire
        Septime Potan DAUDET 3 semaines

        SAUF QUE TALON EST LOIN DE CE JERRY LUI IL EST INTEGRE HONNETE LAUTRE PIQUE ASSIETTE DE LA CHOSE DE LETAT , ETAT QUI LUI A PERMIS DE SE GOINFRER GRACE A DES DECRETS LUI CEDANT DES SOCIETES DE NOTRE PAYS A DES FRANCS SYMBOLIQUES. SPD

  • Avatar commentaire
    Helian 3 semaines

    Merci Mr. AFikara. Si cette constitution est votée, nous prendrons nos responsabilités. Il y a encore des courageux dans ce pays.

  • Avatar commentaire
    Joeleplombier 3 semaines

    Un rectificatif ,Ce Fikara n’est pas député à l’assemblée nationale . Ancien député n’est pas député .
    Revenons à la plaidoirie du citoyen Fikara .
    Rien de consistant sur la forme et le fond. Ce garçon nage dans un nuage . Il ne sait même pas de quoi il parle . Si ce n’est on m’a dit .
    LNT a eu raison de mettre à découvert les lacunes juridiques et intellectuels de monsieur Fikara qui dit-on est administrateur des Finances et sociétés . Croyez-vous que le titre dont il s’affuble est compatible avec la lecture du droit ????? Non .
    Encore une sortie de plus d’un aigri pour alimenter un peu plus la polémique . Pauvre de mon pays.

  • Avatar commentaire
    CodjoUS 3 semaines

    Impressionant comme analyse! CodjoUS