Bénin : Deux maux qui empoisonnent le nouveau départ

Bénin : Deux maux qui empoisonnent le nouveau départ

Des voies s’élèvent de plus en plus pour dénoncer la résurgence de certaines pratiques peu orthodoxes depuis l’avènement de la rupture. Sous le couver

Bénin : Quand le Pvi devient prédateur des ressources de l’Etat

Des voies s’élèvent de plus en plus pour dénoncer la résurgence de certaines pratiques peu orthodoxes depuis l’avènement de la rupture. Sous le couvert de réformes tout azimuts, le gouvernement viole les textes qui régissent certaines administrations et cache de moins en moins la « collusion dangereuse avec Bénin Control ».

Sanctions arbitraires, nominations en violation des textes, collusion poussée entre le gouvernement et les responsables de Bénin Control -la société chargée de gérer le Pvi-, partition de la douane… Telles sont les griefs portés à l’endroit du gouvernement actuel au sujet de sa gestion de la douane. Les auteurs en sont des douaniers retraités, réunis au sein de l’amicale des retraités des douanes (Ardb).

Se soustrayant à la tendance en vogue actuellement qui veut que tout monde encense le gouvernement, cette amicale a le courage de dire la vérité. Dans une période de récession économique, la priorité devrait être à gérer de façon efficiente les régies financières qui procurent de l’argent au gouvernement. C’est le cas de l’administration des douanes. L’ambiance de travail qui règne dans cette régie est viciée par les fréquentes décisions et actes du gouvernement. L’Ardb note des « sanctions arbitraires contre certains responsables » : des limogeages non motivés de responsables de la douane.

Un de ces responsables, rappelle l’Ardb, se serait opposé à l’application d’une décision du Conseil des ministres. Ces différents limogeages ont plongé la douane dans une période d’instabilité avec la succession à sa tête de Dg intérimaires, également remerciés après quelques jours. Le gouvernement a fini par nommer le commandant Saka au poste de Dg en violation des dispositions du décret N°2016-129 du 17 mars 2016. Pendant ce temps, trois généraux et des colonels sont là…dans l’oubli à la maison pour certains.

Comment la douane peut-elle être efficace dans la mobilisation des recettes pour le développement du pays dans ces conditions? Démoralisée, divisée, affaiblie, elle ne peut que fonctionner bien en dessous des attentes et de son efficacité traditionnelle. Conséquence, une baisse drastique des recettes douanières. L’Ardb n’y est pas allée du dos de la cuillère, parlant de « complot contre la douane ».

La grande collusion

Les conférenciers de l’Ardb ont aussi dénoncé la collusion trop poussée entre

le gouvernement et Bénin Control, la société chargée de la mise en œuvre du Pvi rétabli à la grande surprise de tous par le gouvernement Talon. Tenez, la plupart des membres du gouvernement et des autorités actuelles nommées à des postes de responsabilité, sont d’anciens agents de Patrice Talon l’homme d’affaires, du moment où il dirigeait le Pvi sous Boni Yayi. Bernard Amoussou aujourd’hui Dg Sobemap, est l’ancien Directeur d’exploitation adjoint de Bénin Control. L’ex directeur de l’exploitation de cette même société Isidore Codo, est lui nommé vice-président du Comité « valeur » et vice-président du comité chargé de l’interconnexion des systèmes informatiques de l’administration des douanes et des impôts. On peut dire sans ambages que Patrice Talon a nommé ses anciens employés de Bénin Control à la tête de sociétés et directions stratégiques du gouvernement, afin que cette société puisse bénéficier des faveurs du pouvoir. On a comme l’impression que Bénin Control, société privée, fonctionne et bénéficie des mêmes avantages qu’une structure étatique. Les choses sont si flagrantes que même les plus naïfs comprennent de plus en plus que Talon utilise le pouvoir pour relancer ses affaires. Une crainte de tous les jours que les dernières explications du PR sur le sujet, n’ont hélas réussi à dissiper.

Commentaires

Commentaires du site 2
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    CODJO ATAKOUN Il y a 1 année

    De toute façon Patrice Talon sait bien qu’il n’est plus aussi populaire dans le pays avec toutes ces maladresses dues à l’euphorie de son élection. Il avait l’impression de marcher sur l’eau. Un an après il a été rattrapé par les affaires et sa mauvaise gouvernance que plus personne au Bénin n’ignore. Honte à Talon qui voulait montrer à Boni Yayi comment on gouverne, comment on dirige un pays. Je croyais honnêtement qu’il avait de l’orgueil et je constate qu’il n’est qu’un banal homme d’affaires pas mieux que Sébastien Ajavon avec un peu de ruse paysanne en plus. La saison numéro 1 de Talon est loin d’être un succès et on ne sait pas ce que nous réserve la saison numéro 2.

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    Talon est a la tete de braqueurs de l’economie en bande organisee…
    Mais qu’ils se le tiennet pour dit, quelque soit la duree de la nuit, le jour finit toujours par se lever, et quand il se levera, on leur fera rendre gorge, quelque soit l’endroit ou ils vopnt planquer le fruit de leur rapines et Talon sera peut etre le premier ex president du Benin a ne pouvoir y vivre, a moins que ce ne soit en prison !