Opération de libération des espaces publics: Les populations traitées avec inhumanité

Opération de libération des espaces publics: Les populations traitées avec inhumanité

Si certains béninois ont dû cesser leurs activités du fait de cette opération, d’autres ont vu les leurs en prendre un coup.

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Dans le but de faire des villes du Bénin, et Cotonou en particulier, un pôle attractif de la sous-région, le gouvernement dit de la rupture, a décidé dès son arrivée au pouvoir, d’entreprendre des réformes, notamment celle relative à la libération des espaces publics. Une réforme faite avec beaucoup de zèle, foulant aux pieds le respect de la dignité humaine.

6 avril 2016, 6 avril 2017. Un (01) an aujourd’hui que le régime de la rupture a accédé à la magistrature suprême avec une kyrielle de réformes. Celle qui retient notre attention est relative à la libération des espaces publics, parce qu’elle s’est faite avec beaucoup de douleurs dans le rang de la population béninoise. Si certains béninois ont dû cesser leurs activités du fait de cette opération, d’autres ont vu les leurs en prendre un coup.

Conséquences, ces ménages éprouvent d’énormes difficultés aujourd’hui à satisfaire leurs besoins. La violence et le caractère inhumain avec lesquels l’opération a été mise en œuvre laissent à désirer. C’est ce qu’en pense d’ailleurs Elie Agbénahin, propriétaire d’un cyber à Abomey-Calavi. « Toute bonne intention ne donne pas forcement de bons résultats » a-t-il déclaré pour s’insurger contre cette mesure du gouvernement. Pourtant, précise-t-il, c’est avec les activités qu’exerçaient ces commerçants et commerçantes qu’ils parvenaient à scolariser leurs enfants et assurer les besoins de leurs familles.

Une opération avec des grincements de dents

« Nous avons eu beaucoup d’espoir lorsque Talon est arrivé au pouvoir. Mais après un (01) an, nos espoirs se sont transformés en cauchemars » a-t-il indiqué.

Elie Agbénahin nous a confié que les forces de l’ordre ont tabassé une femme qui vendait non loin de son cyber, avant de dégager ses étalages. Plus amère dans ses propos, Rosalie Affoya, assistante de direction dans une structure de Btp à Cotonou, a expliqué que le peuple béninois a en urgence besoin de social et non de chantiers. Et cela passe par des mesures allant dans ce sens.

« Je suis peinée de vous dire que le président Talon à de mauvais conseillers. Sinon cette opération de libération des espaces publics se ferait sans heurts ».

Certaines commerçantes poursuit-elle, qui grâce à leurs commerces assuraient la majorité des dépenses du foyer, ne sont plus à même de le faire, parce que victimes de cette opération.

« La misère sévit dans le pays » a conclu Rosalie Affoya.

Amertume affichée

Pour sa part, Justin Assignanmey, enseignant au Ceg 1 d’Abomey-Calavi, a apprécié la décision du gouvernement qui, selon lui, est l’une de ces décisions salutaires. A contrario, ce que je déplore ajoute-t-il, c’est la manière avec laquelle elle a été mise en œuvre. De plus, le contexte ne s’y prête pas eu égard les limogeages çà et là, et à la fermeture des entreprises que l’on constate dans le pays.

« Ces hommes et femmes qui ont vu leurs activités cesser à cause de ladite opération ne savent pas à quel saint se vouer » a-t-il mentionné pour exprimer sa compassion.

L’Etat déconcentré qu’est ici la mairie de Cotonou, a vu juste en relogeant ces femmes et hommes selon ses explications. « Et ceux-là qui n’ont pas été relogés, que deviendront-ils », s’est interrogé Justin pour montrer que le verre est encore dans le fruit. Véronique Gbatcho, revendeuse d’essence de contrebande à Cotonou, a indiqué que le gouvernement n’a pas vu juste en les déguerpissant avec violence. Elle estime qu’il aurait dû en amont prendre des mesures d’accompagnement.

« Nous ne sommes pas contents de notre président Patrice Talon, car ce n’est pas ce qui nous avait dit lors des élections » a-t-elle martelé.

Au regard de ce qui précède, l’on peut dire sans ambages que l’attente de la population béninoise en la matière n’a pas été comblée. Les autorités gouvernementales doivent alors prendre les mesures qui s’imposent pour soulager la population qui ne veut que son pain quotidien

Commentaires

Commentaires du site 4
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    GbetoMagnon 8 mois

    “Etre pauvre est désormais un crime sous Talon !…Ecoeurant !” En plus !!

    Un jour, un type qui n’a plus rien, va péter un câble et fumer les flics en train de tabasser sa femme/mère ou autre. et là ça va s’embraser.

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    OLLA OUMAR 8 mois

    Un gouvernement de ruptucons écœurants qui mène des actions écœurantes , que la rue les dégage avant fin de leur mandat point barre

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    Septime Potan DAUDET 8 mois

    Et les personnes qui ont occupé l’espace publique à la haie-vive; Deux poids, deux mesures; quelle injustice!

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      @SPD
      Ces deguerpissements sont des deguerpissements de classe !
      Etre pauvre est désormais un crime sous Talon !
      Allez derriere le Novotel et vous verrez comment on occupe en toute quietude et avec la benediction des pouvoirs publics, cet espace hautement public qu’est la plage de Cotonou…
      Ecoeurant !