Sbee-Bénin : Une privatisation voilée aux conséquences suicidaires

Sbee-Bénin : Une privatisation voilée aux conséquences suicidaires

Logements sociaux au Bénin : l’He Kora Gounou Zimé interpelle le gouvernement

Réuni en conseil des ministres le 12 mai 2017, le gouvernement a décidé d’engager la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), dans une gestion déléguée. Ce qui devrait lui permettre d’éviter l’accumulation de dettes et de mieux se gérer. Mais à la lecture de l’article 7 de la loi n°92-023 du 06 août 1992 sur la dénationalisation, on est en droit d’avoir des inquiétudes et de soupçonner que cette gestion déléguée soit une privatisation voilée.

La loi n°92-023 du 06 août 1992 sur la dénationalisation en République du Bénin, stipule en son article 7 : « Sont exclues du champ de dénationalisation ou de transfert de propriété du secteur public au secteur privé, les entreprises stratégiques et les entreprises du secteur non concurrentiel, ayant une mission de service public national. Sont réputées stratégiques, les entreprises ayant pour objet les mines, l’énergie, l’eau, les forêts, les armements, les transports, les communications et les télécommunications. Toutefois, le Gouvernement peut intéresser des personnes privées à l’exploitation des entreprises relevant de ces secteurs ».

Cet article empêche l’Etat de privatiser des sociétés comme la Sbee. Le gouvernement a donc habilement contourné cette disposition et engagé la structure de commercialisation et de distribution d’énergie électrique dans une gestion déléguée.

A maintes occasions, le ministre de l’Energie de l’Eau et des Mines, a expliqué que cette option n’est pas une forme de privatisation. Il avait souligné que le contrat de gestion est un engagement contractuel par lequel une entité privée prend la responsabilité de la gestion d’une entreprise publique, moyennant paiement d’un montant pour la prestation de service, mais toujours avec l’effectif de l’entreprise. Mais ce qui risque d’arriver à la Sbee malgré toutes les assurances, c’est un système

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Commentaires

Commentaires du site 7
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    Donald 2 mois

    Cet article est clairement orienté… je rejoins l’analyse de @Pacha.

    Par contre, l’augmentation de prix n’est pas une fatalité, l’entreprise qui récupérera peut être rémunérée sur un modèle forfait + succès : une rémunération forfaitaire sensée couvrir les frais fixes et une autre variable en fonction du recouvrement des impayés ou du regain d’efficacité de l’entreprise.

    Tout ceci peut être ficelé avec un engagement de stabilité du prix payé par les consommateurs.

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    Morel GUIDI 3 mois

    Mon cher @Olla fait preuve d’une mauvaise foi délibéré comme à son habitude (pas étonnant).
    Je vais juste emboîté les pas de @ALLOMANN ET @PACHA , pour signaler que la seule chose qu’on peut craindre est de voir les prix augmentés . Mais si c’est le prix à payer pour une bonne gestion des sociétés d’état et en finir avec la médiocrité qu’à cela ne tienne.

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      OLLA OUMAR 3 mois

      Morel , allez voir ce qui se passe en CI par exemple avec une telle concession , et puis est-ce raisonnable que tout augmente dans le pays sans aucune compensation pour la masse laborieuse du pays ? C’est cons en rupture qui gouvernent se fichent des conditions de vie des beninois

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    ALLOMANN 3 mois

    Comment ne pas rester perplexe devant le traitement manifestement orienté de cette décisionsalutaire, pourtant dûment autorisée par la loi. Et puis, si vous avez vécu au Bénin, avez vous des souvenirs de la gestion désastreuse de la SBEE par le passé (scandales des groupes électrogènes, délestages catastrophiques, etc.). La SBEE est à l’image de toutes les sociétés d’Etat au Bénin dont aucune (je dis bien aucune) n’a jamais rempli sa mission dans des conditions d’exploitation équilibrée par la faute de l’incurie des cadres de ce pays. Et vous militez pour que le gaspillage se poursuive jusqu’à quand? Comme dirait l’autre, “ici c’est le Bénin” de la médiocrité et de la régression économique et sociale. Nous refusons carrément le développement et cela ne date pas d’aujourd’hui (“On ne va pas manger les pavés” a-t-on osé dire du temps de Soglo). Effarent!!!!!

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    Pacha 3 mois

    Vraiment malhonnête l’esprit de cet article. Vous citez les dispositions de l’article 7 de la loi n°92-023 du 06 août 1992 sur la dénationalisation en République du Bénin dont la dernière phrase indique clairement que “(…)Toutefois, le Gouvernement peut intéresser des personnes privées à l’exploitation des entreprises relevant de ces secteurs”.
    Le gouvernement a juste usé de cette disposition en parlant de gestion déléguée. Que comprenez-vous par cette disposition ? Je vous suggère de vous rapprocher des spécialistes pour mieux comprendre avant de prendre des positions intenables.
    Dans ce processus, on peut craindre l’augmentation du coût de l’électricité dans un environnement social marqué par la faiblesse du pouvoir d’achat. Mais le reste est balivernes. Il ne faut pas refuser d’avancer car la vie est mouvement !

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      OLLA OUMAR 3 mois

      Avancer dans les caisses privées de talon l’es.croc , c’est pas avancer hein

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      CODJO ATAKOUN 3 mois

      @ Pacha. Vous l’avez dit vous même, si on laisse faire ce genre de passe-passe la distribution de l’électricité se fera à deux vitesses au détriment des masses laborieuses et des gens les plus pauvres. Doit-on obliger une certaine classe de beninois à revenir à la lampe à pétrole avec tous les dangers que cela suppose ?Je pense que s’endetter afin que l’électricité soit disponible pour tout le monde n’est pas une mauvaise chose, car de nos jours cette énergie est indispensable et compatible avec la vie moderne.