Dissolution de Libercom/Bénin Télécoms Sa: Les travailleurs veulent d’une réforme inclusive

Dissolution de Libercom/Bénin Télécoms Sa: Les travailleurs veulent d’une réforme inclusive

Le syndicat des travailleurs de Bénin Télécom infrastructures Sa a animé une conférence de presse hier 11 juillet 2017, pour dénoncer la manière dont le gouvernement veut dissoudre leur société et Libercom Sa.

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Ils ont par la même occasion demandé que soit relevé de ses fonctions le directeur général de Bénin Télécom, Djalil Assouma. Les travailleurs de Bénin Télécom infrastructures Sa, ne sont pas du tout d’accord avec la manière dont le gouvernement veut dissoudre leur société et Libercom Sa.

Ils l’ont fait savoir hier 11 juillet 2017, lors d’une conférence de presse. Dans une déclaration lue par le secrétaire général de leur  syndicat Asséréou Brice Agossou, ces travailleurs ont rappelé les mesures prises par le gouvernement lors du conseil des ministres du 21 juin 2017, pour assainir le secteur de la télécommunication au Bénin. Il s’agit de la dissolution anticipée de Libercom Sa et de Bénin Télécom infrastructures, avec le transfert d’actifs sains vers une société de patrimoine public, la sélection d’un partenaire pour la gestion commerciale et la maintenance des équipements transférés à ladite société, et la sélection d’un partenaire pour une gestion de type privé de Bénin Télécom services.

Le conseil des ministres a justifié sa décision par le fait que ces entreprises enregistrent des contre-performances et n’apportent rien à la caisse de l’Etat. Mais les travailleurs pour ce qui les concerne, trouvent d’autres raisons à ces  contre-performances, à savoir l’ouverture du secteur des télécommunications au privé sans une bonne régulation et une clarification du rôle de l’opérateur national, et des pratiques vicieuses de l’administration publique qui empêchent Bénin Télécom Sa de moderniser ses réseaux afin de répondre efficacement aux attentes de sa clientèle.

Certes, l’entreprise a nécessairement besoin de réformes pour être plus efficace, mais ils s’opposent à toute initiative qui les écarte. Pour eux, les réformes proposées par le gouvernement ne tiennent compte ni de leurs préoccupations ni de l’intérêt général. Ils dénoncent fermement ces mesures et exigent l’arrêt du plan de restructuration proposé par le gouvernement, la révocation du Dg Bénin Télécom infrastructures Sa Djalil Assouma, la réunification de Bénin Télécoms, la gérance libre de l’entreprise par les travailleurs sous le contrôle du gouvernement avec un contrat de programme,…

S’agissant du Dg Djalil Assouma, les travailleurs lui reprochent sa mauvaise gestion et le paiement irrégulier de 12 milliards de FCFA comme avance de démarrage du projet de développement des infrastructures des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication, l’interdiction à la structure en charge de l’audit interne d’auditer les bons de commande, le détournement du budget de communication et bien d’autres.

Pour protester contre tout ceci, les travailleurs de Bénin Télécom infrastructures Sa et Libercom Sa seront en sit-in demain jeudi 13 juillet 2017 au ministère de l’économie numérique et de la communication.

Commentaires

Commentaires du site 5
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    GbetoMagnon 1 mois

    ” les meilleures utilisées par l’opérateur national, on les arrache pour donner à Mtn, parce l’organe de régulation agissait aux ordres du gouvernement precedent” Même les cadres de MTN le savaient et en riaient lors de dîners en ville.

    L’Etat torpillait la société dont il était l’actionnaire majoritaire, en échange de menus cadeaux.

    Sur l’année écoulée, MTN est classée en 80e place des entreprises africaines pour l’augmentation de son CA.

    Le marché des télécoms même au Bénin est donc juteux. Et en plus, les consommateurs se font gruger…

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      NonALaSoumission 1 mois

      C’est l’apatridie qui a conduit le Bénin à ce point. Nos dirigeants font tout sauf le patriotisme. En 2007, sous prétexte que Bénin Télécoms SA était défaillant pour assurer les communications à l’international, quitus avait été donné à tous les opérateurs d’assurer leurs propres communications vers l’international. C’était le premier faux pas. Alors qu’un investissement de moins de cinq milliards suffiraient pour permettre à l’opérateur historique d’engranger toutes ces communications. Le DG, Ministre, Conseiller particulier du PR, son nom est Désiré ADADJA. Voilà un des bourreaux de ce joyau. Et ne pensez pas qu’il est hors du système. Il est encore là, derrière Irenée KOUKPAKI pour piller le peu qui reste. C’est lui que le gouvernement a chargé de faire l’étude des zones blanches au Bénin. Ne vous tromper plus. Ce sont les mêmes.

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    durand 1 mois

    Les travailleurs ne s’opposent pas aux réformes,mais qu’on les associé.et que le volet social soit maintenu, car des langues disent que tout le personnel ne sera pas pris par le gestionnaire privé.pour une mauvaise gestion des directeurs,chose qu’a dénoncé régulièrement agossou Brice, le SG du syndicat, ce n’est pas le personnel qui doit être sacrifié.pourquoi les résultats des audits n’ont jamais été publiés, pour que des sanctions soient prises à l’égard de ces pilleurs de l’économie.des prêts ont été contractés aux temps des anciens directeurs généraux,14 milliards pour redresser la société, mais on ne sait à quoi ont servi ces fonds.le gouvernement n’a pas trouvé la bonne méthode, pour assainir le système.des fréquences qui sont les meilleures utilisées par l’opérateur national, on les arrache pour donner à Mtn, parce l’organe de régulation agissait aux ordres du gouvernement precedent.nous acceptons les réformes, mais nous devrons être associés, et fixer les clauses pour que le repreneur ne vienne faire le zélé et commencer à mettre les gens ds la rue.

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    Totchénagnon 1 mois

    Chers travailleurs de Bénin Télécoms SA. “Time is money” comme le dirait mon cousin de l’Est. Mais que faisons nous autres de ce temps. Sonatel a connu son ouverture de capital depuis une vingtaine d’année et aujourd’hui où en est-elle ? Un travailleur de BT peut-il se comparer à celui de Sonatel ? Pourquoi insistez-vous être employé par l’État ? Vous êtes mal payés et visiblement, vous refusez de passer sous gérance privée afin de recevoir des salaires dignes de ce nom. Il doit y avoir un clair sombre et il faudra absolument éclairer la lanterne des béninois sur la question. Vous empochez les sous des consommateurs, vous ne rendez pas le service à la taille des attentes, vous recevez de maigres salaires, etc ; et pourtant, vous refusez d’aller de l’avant. Je suis juste d’accord avec vous sur un point. Que le processus de réforme se fasse non pas dans votre dos, mais en face à face avec vous. Du courage donc !

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    GbetoMagnon 1 mois

    Stratégiquement, ne pas avoir d’opérateur dans lequel l’Etat est majoritaire n’est pas bon.
    De même que de ne pas avoir l’Etat au moins en partie, actionnaire de la société possédant les infrastructures.

    D’où ma question puisque tout le monde est d’accord sur la gabegie qui a conduit les sociétés nationales à ce stade. Cette brusque décision n’annonce t-elle pas la contre-attaque aux mesures exigées par la Ministre des Télécoms ?

    A combien les béninois paieront-ils les services, si tout le secteur se retrouvait entre les mains de sociétés totalement étrangères ?