Au Bénin, s’il y a une activité qui fait florès et attire tout le monde c’est bien la politique. Depuis 1990, la classe politique a reçu par vagues successives des acteurs d’autres corporations qui, attirés par les nombreux avantages qu’elle offre, ont décidé d’en faire carrière.

De Kérékou à Talon, on a vu les opérateurs économiques, les religieux, les communicants, les journalistes, des icônes de la société civile, et tout récemment des syndicalistes, entrer en politique sans forcément en avoir l’étoffe et la conviction. L’un des griots les plus zélés du régime actuel est Aubin Adoukonou. Très enthousiasmé lorsqu’il s’agit de défendre les actions du gouvernement, il est capable de cavaler sur plusieurs émissions dans la journée.

Nommé au début du régime Talon comme Directeur général du Centre national de sécurité routière (Cnsr), il n’y consacre pas grand-temps, visiblement plus occupé à vulgariser le Programme d’action du gouvernement (Pag) et à défendre le gouvernement sur les plateaux de télévision. Aubin Adoukonou est le prototype même de la nouvelle classe d’hommes politiques qui passe brutalement du « tout mauvais » au « tout bon », par une alchimie dont ils sont les seuls à avoir le secret. Son passé professionnel l’aidant -il fut l’un des syndicalistes les plus acerbes contre le régime Yayi-, il a réussi sa mue. Depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, il fait partie des syndicalistes promus à la politique par le régime. C’est d’ailleurs l’une des spécificités de ce régime. Si les acteurs des autres corporations professionnelles ont tous mordu à l’appât de la chose politique, les acteurs du monde syndicaliste se sont gardés jusque là d’y tomber. Certes, certains parmi eux s’adonnent-ils à l’activité politique une fois à la retraite, mais jamais de mémoire de béninois on n’en a vu, qui en pleine carrière professionnelle et syndicale ont viré en politique. Avec l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, plusieurs ont été nommés. Il s’agit de

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Modeste Toboula, Aubin Adoukonou, Jacques Ayadji et Prudencio Béhanzin. Si les deux derniers travaillent en toute discrétion, Modeste Toboula et Aubin Adoukonou s’illustrent comme des griots dont l’agitation et la surexcitation desservent parfois le pouvoir.

A côté des syndicalistes, le régime Talon a aussi fait la promotion de certains journalistes et acteurs dont les plus talentueux du pays. On peut citer Sulpice Oscar Gbaguidi nommé à l’Unesco à Paris, Benjamin Agon à l’ambassade du Bénin aux Etats Unis, et Wilfried Léandre Houngbédji au prestigieux poste nouvellement créé de Directeur de la communication gouvernementale. Ce dernier s’était engagé en politique lors de la dernière élection présidentielle comme un des meilleurs chantres de la « Nouvelle Conscience » de Pascal Irénée Koupaki, après avoir pris une mise à disponibilité à l’Onip.

La rupture a donc ouvert la voie de la politique aux journalistes et aux syndicalistes. Mais avant eux, on a vu sous Yayi des pasteurs évangélistes, des journalistes et des communicants entamer des carrières politiques. Le bal de l’invasion de la classe politique a été ouvert dans la seconde moitié des années 90 par les opérateurs économiques, avec le retour de Kérékou au pouvoir. Au fil des années, ils ont si bien pris goût à la chose politique que vingt ans après, ils font la grande majorité de la classe politique.

Une aubaine pour vite s’enrichir

Mais il n’y a pas que les opérateurs économiques, les religieux, les journalistes, les acteurs de la société civile et les syndicalistes que la politique intéresse. Au Bénin, c’est une activité qui tente tout le monde ou presque. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui le Bénin dispose de près de 300 partis politiques. Et cette tendance à la création de parti est encore vivace, chaque homme politique voulant avoir son parti. La raison en est que la politique offre aujourd’hui trop d’avantages. Il suffit de crier un peu et de se faire nommer pour que votre vie change. Les salaires et autres avantages liés au poste politique vous placent largement au dessus de la grande masse des actifs béninois. L’engouement pour la chose politique se trouve même renforcé avec l’augmentation ces dernières années des salaires politiques. Avec l’avènement de Patrice Talon au pouvoir, les salaires des ministres, des Dg de société, des préfets, des conseillers techniques et de leurs assistants, ont augmenté considérablement. Dans un pays comme le nôtre où la grande majorité lutte contre la pauvreté, les salaires et autres avantages liés aux fonctions politiques les placent largement au dessus de la grande masse. Tout ceci amène les aventuriers de tous genres et les opportunistes de tout acabit à tenter quelque chose en politique pour se mettre à l’abri du besoin

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7 Commentaires

  1. Comme c’est le plus coût chemin pour s’enrichir, pas d’idéaux , qui va s’en priver ! Surtout pas agadjavi le truand heureux

  2. Cet article semble illustrer de la jalousie, défendre un régime ne veut pas dire qu´on est politicien, et aussi être promu á comme directeur de CNSR ne veut pas dire qu´on est devenu poiliticien. L´auteur de l´article n´a pas démontré que Aubin Adoukonon est membre ou est responsable d´un parti politique.
    Il faut que l´auteur de l´article améliore ses réflexions sur le sens qu´il donne au mot ”politicien”.

  3. Monsieur Zoumenou; qu’attendez-vous pour franchir le pas . On ne devient pas riche au Benin en dirigeant la rédaction d’un journal fut-il LNT.
    La politique en Afrique est un boulevard pour se faire un nom et multiplier les chiffres de son compte en banque. Malheureusement.

  4. eh bien…moi le sultan.je ne suis pas un journaliste..mais l’article de ce journaliste..démontre..que je suis un observateur,un analyste hors pair

    Préparez..le panthéon pour moi..car je le mérite..n’est ce pas.

    il est prouvé…et démontré..que mes analyses..sans langue de bois…sert de support à plusieurs articles

    Retenez..moi..sinon..je vais m’étouffer..de grandeur…..

    Je me gausse..!…je me gausse…..

    Que je suis tres fort

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