Le Psd prend position pour l’emploi des jeunes au Bénin !

Le Psd prend position pour l’emploi des jeunes au Bénin !

Au Bénin, le chômage et le sous-emploi des jeunes demeurent une préoccupation majeure pour les gouvernants et une problématique pour l’économie nationale.

Bénin : Une loi des finances qui tend à accentuer la misère des populations

A l’instar de certains pays de la sous-région, le marché béninois de l’emploi est marqué par l’arrivée, chaque année, d’une forte proportion de demandeurs d’emploi, face à une offre d’emploi limitée.

Selon le rapport intitulé ‘’Transition de l’école vers la vie active des jeunes femmes et hommes au Bénin’’ réalisé par l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE)  et le Bureau International du Travail (BIT) en 2013, « (…) près de 60 % des chômeurs soulignent le manque d’emplois disponibles comme obstacle majeur à leur insertion professionnelle ». Le même rapport fait état de ce que « les jeunes chômeurs ne savent où s’orienter pour chercher du travail. Un autre problème, selon l’affirmation des jeunes eux-mêmes, est la faible expérience professionnelle qui entrave leur insertion dans la vie active ». Enfin,  « le dispositif d’accompagnement des jeunes chômeurs est assez faible. En effet, 95,4% des jeunes n’ont bénéficié d’aucun conseil sur la manière de chercher un emploi et de se renseigner sur les postes vacants ».Face à une telle situation, il urge de changer catégoriquement la donne que ce soit au niveau des politiques publiques de l’emploi qu’au niveau de la maitrise des informations et de l’accompagnement pour l’insertion professionnelle des jeunes.

La position du PSD.

1- Sur les politiques publiques de l’emploi au Bénin

La difficulté à s’offrir un premier emploi, l’instabilité des parcours professionnels caractérisée par des périodes d’emploi et de chômage et la précarité des conditions de travail constituent tant d’éléments qui préoccupent les pouvoirs publics. Pour apporter des solutions à ses problèmes évoqués, les pouvoirs publics successifs s’emploient à l’élaboration des politiques économiques et sociales ayant pour objectif l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle, d’une part. Et, d’autre part, par ces politiques, les pouvoirs publics ambitionnent de maximiser le potentiel offert par les jeunes pour favoriser la croissance économique et promouvoir le développement. Face à ces défis, les gouvernants ont pris plusieurs initiatives en termes de politiques publiques dont l’objectif est de booster l’emploi des jeunes dans tous les secteurs économiques du pays.

De l’ensemble des Politiques Nationales d’Emplois (PNE) mise en œuvre depuis 10 ans, on peut retenir comme point positif la création de l’Agence Nationale pour le Promotion de l’Emploi (ANPE). Pour autant, nous estimons que sa mission n’a pas été clairement définie. L’agence n’a pas pu servir de véritable plate-forme de centralisation des informations et des « process » pour l’insertion professionnelle des jeunes. On retient que :

  • Tous les acteurs impliqués n’ont pas été associés. De façon spécifique, la représentation au niveau décentralisé n’a pas été prise en compte ;
  • La stratégie de mobilisation de ressources n’a pas été définie, d’où une mise en œuvre mitigée de la PNAE ;
  • L’insuffisance des moyens techniques et financiers pour la mise en œuvre des activités ;
  • La non actualisation des PNE/PNAE à temps compte tenu de l’évolution du contexte socio-économique et de la dynamique engendrée par la mise en œuvre de nombreux projets et programmes de promotion de l’emploi.
  • L’appropriation de la PNE est insuffisante car certains éléments du cadre institutionnel n’ont pas bien  fonctionné (Commission Nationale de l’Emploi,  secrétariat permanent, coordination)
  • La mise en œuvre du PNAE a été sectorielle au lieu d’être la résultante d’une bonne coordination de toutes les politiques macroéconomiques et structurelles.

Ces faits nous démontrent la faible capacité d’absorption de la main d’œuvre disponible par notre tissu économique, renseignent sur notre inconséquence face à la problématique de l’emploi des jeunes et nous condamnent à l’action.

2- Sur le PAG et la promesse de plus 500.000 emplois

La promesse de 500.000 emplois dans le PAG est une juxtaposition et une superposition de politiques sectorielles, sous forme d’ambition, dont on ne voit pas clairement la cohérence et l’harmonie d’ensemble. Ainsi, le manque de coordination dont ont souffert les PNAE des dix dernières années peut encore plomber les nouvelles politiques d’emplois.

Dans la mesure où 60% des ressources nécessaires seront mobilisées par le secteur privé, au-delà de la loi sur le Partenariat Public-Privé (PPP), il faut une implication révolutionnaire et contrôlée du secteur privé sur les questions de l’emploi. Tout comme la loi PPP, il faut proposer et faire voter un texte de loi qui institue un partenariat entre les entreprises et les universités et écoles de formations. Ce cadre juridique servira de plate-forme d’échanges de besoins et d’offres de talents, avec la possibilité de financement des travaux de recherches et d’innovation par les entreprises à travers les contrats de recherches, les stages académiques approfondis, etc. C’est un préalable pour la modernisation de notre économie pour en faire une économie solide, compétitive et intégrée aux marchés mondiaux.

3- Les exigences du PSD

Aujourd’hui, chacun est bien conscient du fait que l’emploi productif et le travail décent pour les jeunes ne peuvent être réalisés à travers des interventions fragmentées et isolées. Ils exigent plutôt une action soutenue, déterminée et concertée d’un grand nombre d’acteurs. Plus encore, cela suppose une approche cohérente qui articule des politiques de soutien centrées sur deux éléments simples : d’une part, une stratégie intégrée de croissance et de création d’emploi, et d’autre part, des interventions ciblées pour aider les jeunes à s’affranchir des obstacles et des inconvénients spécifiques auxquels ils font face pour entrer et se maintenir sur le marché du travail.

Par ailleurs, en matière de statistiques sur l’emploi des jeunes, de façon générale, les données sont rares, pas toujours fiables, produites de façon irrégulière, et pas bien disséminées. Les sources de données disponibles ne sont pas suffisamment exploitées et ne font toujours pas l’objet d’analyse et de diffusion. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement :

o La création d’un système informatisé central au sein d’une direction opérationnelle au niveau du Ministère du Développement, qui sera chargée exclusivement de la planification et du développement de l’emploi des jeunes ;

o L’instauration du bilinguisme afin que dans 10 ans, tout notre système éducatif soit bilingue, pour faciliter l’accès au marché du géant voisin (Nigéria). Sur ce point le PSD félicite le gouvernement pour la phase pilote qui débute dès cette rentrée

4- Les propositions du PSD

Au niveau national, gouvernements et organisations d’employeurs et de travailleurs sont des acteurs majeurs du développement des politiques et des programmes d’emploi des jeunes. Le dialogue et les alliances avec la société civile, les acteurs publics et privés et les jeunes eux-mêmes sont également importants pour bâtir un appui et développer des solutions. Il faut soutenir l’éducation et la formation technique et professionnelle afin d’améliorer et maintenir la productivité. Encourager le développement des entreprises, de l’entrepreneuriat et surtout booster les métiers de l’avenir. Pour y parvenir, le PSD invite l’Etat à :

  • Inciter les opérateurs économiques à la transformation, ne serait-ce que du tiers de notre production agricole locale ;
  • Inciter les grands importateurs de riz et d’huile à la production locale ;
  • Modernisation et redynamisation des formations techniques et professionnelles en vue d’assurer une meilleure compétitivité aux PME-PMI locales ;
  • Sécuriser le climat des affaires en instaurant un partenariat de confiance et de respect mutuel avec les investisseurs privés ;
  • Mettre en avant dans la politique d’emploi des jeunes, la question de la justice sociale et de l’égalité des chances ;
  • Mettre un terme aux lois portant sur l’embauche des collaborateurs externe ;
  • Définir des mécanismes citoyens de contrôle à priori puis à postériori de l’exécution du volet emploi du PAG.

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Akindes 3 mois

    Des généralités assimilables à celles des rapports destinés aux organismes internationaux dont l’exploitation s’arrête à celle de produire d’autres rapports. Un cycle qui s’auto-alimente de manière récurrente. Réformes structurelles pour caser de nouveaux gratte-papiers loin des contraintes de l’accroissement de la production.
    Enfin il n’est pas inutile de signer un tel documenît.

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      aziz 3 mois

      c’est quand meme mieux par rapport à cette période…de nos ainés…des années dits révolutionnaires..

      Ou..chaque mercredi..on plaçait…des gens juste nantis de diplomes theoriques…licences et maitrises…dont l’inefficaté..nous ont conduit là ou nous sommes..

      On me dira..que c’était du social..là je suis d’accord….mais..sur le plan de la pertinence,de l’éfficacité,du rendement…on a beaucoup de chose…à répprocher à cette période

      L’echec économique,et financière de notre pays…vient de là…c’est à dire..on apas tenu compte..des exigences du bon sens

      Oui..on avait un illétré,un analphabete….plus soucieux..de satisfaire son égo,de conserver son pouvoir..par la malice…et la manipulation

      Kérékou…fut…et restera…une perte de temps pour notre pays

      Soglo..que j’aime pas…a été..mieux que kérékou..juste..pour 5 ans de pouvoir

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    ALLOMANN 3 mois

    Propositions trop générales qui peuvent être formulées par n’importe quel quidam. On attend mieux de nos partis politiques. Et puis, de quel PSD il s’agit?……