Inscriptions payantes dans les universités publiques: Entretien avec Innocent Ahounou

« Nous ne sommes pas encore prêts à accepter cette décision du ministre »

Inscriptions payantes dans les universités publiques: Entretien avec Innocent Ahounou

Suite à la décision du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso, relative à la suppression de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques, l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) est montée au créneau.

Bénin: Maitre Benjamin Soudé parle des arts martiaux et de leur évolution

A travers une interview accordée à notre rédaction, le secrétaire général de ladite organisation estudiantine, Innocent Ahounou, a non seulement invité les étudiants au calme, mais il a aussi annoncé que cette décision n’est pas en phase avec les réalités estudiantines.

Le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a annoncé le lundi dernier, lors de la rentrée solennelle universitaire 2017-2018, que les inscriptions dans les universités publiques seront désormais payantes. Que pensez-vous de cette décision ?

Avant de répondre à la question, il faudrait expliquer le contexte dans lequel les choses se sont passées. Madame la ministre était venue installer une commission qui sera chargée d’organiser les élections rectorales. C’est ce qui était prévue. Et en tant qu’organisation estudiantine, nous n’avons pas été invités. Mais il s’est fait qu’en lieu et place de cette installation, elle a lancé la rentrée universitaire. Dans la journée du lundi 02 octobre 2017, deux actes sont sortis. Le premier est relatif à la suppression de la gratuité dans les universités publiques.

Le second est le décret qu’on nous a brandi dans la soirée. Ce décret nous indique désormais comment les organisations estudiantines doivent fonctionner. Cette manière de procéder est en phase avec la gouvernance actuelle qui gouverne avec la ruse et la rage. C’est un montage tout fait. S’agissant de la décision du ministre, je pense que sauf erreur de notre part, nous n’inventons rien. Et il faudrait que nous ayons le courage de le dire.

Les gens qui sont dans les organisations syndicales actuelles sont les plus pacifiques. S’aurait été dans les années 70, 90, en tant qu’autorité, qu’elle ne pourrait pas venir à l’université dire cela. C’est pour dire que ce n’est pas parce que nous avons décidé de privilégier le dialogue qu’il faut user de tous les moyens pour pouvoir nous faire passer les décisions. On nous dit que la gratuité ne sera plus de mise dans notre université.

On ne sait pas quand est ce que cette gratuité va s’imposer. Et on nous dit que c’est en application d’une directive de l’Uemoa. Depuis des années se sont les mêmes résidences universitaires que nous avons. Ce sont les mêmes locaux et amphi. Rien n’a changé et on pense que c’est en augmentant les frais d’inscription qu’on pourra développer notre université. On nous a promis deux amphis de 1600 places. On n’a pas encore fait de pose de première pierre jusqu’à maintenant. Face à un certain nombre de choses, en tant qu’organisation syndicale nous ne sommes pas encore prêt à accepter cette décision de madame la ministre.

A vous attendre des luttes en perspective s’annoncent ?

Cette année nous avons décidé de travailler en symbiose. Et les trois organisations syndicales sont toujours en concertation. Qu’on ne nous leurre pas. Depuis que la décision a été prise, nous nous sommes tût. Nous avons décidé de revoir nos moyens de lutte. C’est dans ce sens que nous sommes en train de communiquer. Mais nous n’allons pas communiquer jusqu’à la fin de l’année. En tant que Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, il a son plan de travail annuel ; et en tant qu’organisation estudiantine nous avons le nôtre. Chacun de son côté utilisera ses moyens pour atteindre ses objectifs. On sait que si on paye les 25 000f rien ne va changer dans cette université. Ils inventent des systèmes pour soutirer  de l’argent aux pauvres étudiants que nous sommes.

Quel message avez-vous à l’endroit des étudiants qui ne savent à quel saint se vouer?

J’invite les camarades étudiants à la patience et à ne pas s’inquiéter. De ne pas considérer qu’il y ait une décision en cours qui pourrait peut-être s’appliquer. Je les invite au calme et à la patience. Au moment opportun, qu’ils soient juste prêts à nous soutenir. Il faut le reconnaître, nous ne sommes rien sans nos camarades étudiants. Que ceux qui sont en composition se concentrent sur leur composition pour finir l’année en beauté, et que ceux qui sont dans les vacances préparent mieux l’année académique à venir. Il y a une chose que nous voulons corriger, c’est le taux d’échec que nous avons dans nos universités. Il faut que nous essayions de conscientiser nos camarades étudiants.

Commentaires

Commentaires du site 0