Guerre en Ukraine : les Européens redoutent un « piège » diplomatique de Moscou

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé jeudi les États membres à éviter toute division sur la question d’un éventuel médiateur européen dans la guerre en Ukraine. La responsable européenne s’exprimait à Limassol, à Chypre, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE consacrée notamment au conflit ukrainien et aux relations avec la Russie.

Selon Kaja Kallas, le débat autour de la personne chargée de dialoguer avec Moscou risquerait de détourner les Européens de leur objectif principal, à savoir accroître la pression sur la Russie pour obtenir des négociations jugées crédibles par Kyiv et ses alliés. « Ne tombons pas dans ce piège », a-t-elle déclaré devant la presse.

Les ministres européens refusent une position de neutralité

Plusieurs responsables présents à Chypre ont défendu une ligne commune face au Kremlin. Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a estimé qu’un rôle de médiateur placerait l’Union européenne dans une position de neutralité incompatible avec son soutien politique et militaire à l’Ukraine.

Le chef de la diplomatie lituanienne, Kestutis Budrys, a lui aussi plaidé pour un renforcement des sanctions et des pressions diplomatiques contre Moscou plutôt qu’un débat institutionnel sur la désignation d’un interlocuteur européen.

Les discussions interviennent alors que plusieurs capitales européennes cherchent à coordonner leur stratégie avant d’éventuels échanges directs avec la Russie. D’après les déclarations relayées par Reuters et Euronews ce 28 mai, les ministres réunis à Chypre considèrent qu’une absence d’unité profiterait directement au Kremlin.

La proposition autour de Gerhard Schröder rejetée

Les déclarations de Kaja Kallas surviennent quelques semaines après des propos du président russe Vladimir Poutine autour d’un possible rôle de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder dans de futures discussions avec l’Europe. Cette hypothèse avait été fraîchement accueillie dans plusieurs États membres de l’UE en raison des liens de longue date entre l’ex-dirigeant allemand et des entreprises énergétiques russes.

Quelques jours avant la réunion de Limassol, Kaja Kallas avait déjà averti que l’Union européenne ne devait pas réclamer de discussions avec Moscou sans position commune clairement définie. Depuis sa prise de fonctions à la tête de la diplomatie européenne, l’ancienne Première ministre estonienne défend une ligne ferme envers la Russie et soutient le maintien des sanctions européennes.

L’Union européenne doit encore examiner dans les prochaines semaines de nouvelles mesures de soutien à l’Ukraine ainsi que d’éventuels dispositifs supplémentaires contre l’économie russe, selon le calendrier des réunions du Conseil européen.

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