Bénin : La Cstb déclenche une grève de 72 heures renouvelable

Pour protester contre une gouvernance scabreuse, anti travailleurs et autocratique, et exiger l’abrogation des lois supprimant le droit de grève aux travailleurs dans divers secteurs, la CSTB a adressé une motion de grève de 72 heures renouvelable et à tacite reconduction, à la Ministre du Travail et de la Fonction Publique.

Motion de grève

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A Madame la Ministre du Travail et de la Fonction Publique

Avant l’arrivée du gouvernement auquel vous participez, les travailleurs se battaient pour une politique qui garantisse les libertés démocratiques complètes, pour des salaires à la hauteur du coût de la vie, pour l’égalité de chance  à tous les fils et filles du pays dans l’accès  aux marchés publics, à l’instruction, à l’emploi et aux services sociaux.  Contre la corruption, le vol et le pillage des deniers publics au sommet de l’Etat, dans l’administration publique, ils exigeaient le droit d’élire et de révoquer les gestionnaires des sociétés et services publics.

– Considérant que le vote, par l’Assemblée Nationale, des lois qui arrachent le droit syndical aux policiers, le droit de grève aux travailleurs de la santé, de la justice, aux magistrats et aux paramilitaires remet dangereusement en cause les libertés conquises et la démocratie au Bénin ;

– Considérant que les travailleurs de tous les secteurs, de toutes catégories sont, arrivés au constat que la politique du président Patrice TALON est caractérisée par l’obsession de s’accaparer des secteurs vitaux du pays : port, coton, énergie et électricité, santé, télécommunications… ;

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– Considérant que la conséquence de cette politique, c’est la ruine des activités des opérateurs économiques nationaux, la mévente dans les marchés, la perte des emplois, l’augmentation du taux de chômage, de l’inflation et les privatisations ou liquidations des secteurs stratégiques de l’économie du pays ;

– Considérant que sous Patrice TALON, les libertés démocratiques sont mises dans les fers à travers la dissolution des organisations d’étudiant, le piratage ou l’acharnement contre les médias non conformistes, le marquage des rues par des lignes rouges, les interdictions des marches de protestation et le bâillonnement des libertés syndicales ;

– Considérant que sous le gouvernement de Patrice TALON, les négociations gouvernement et confédérations syndicales ont été des rencontres de diversion et de duperie ;

– Considérant que les revendications économiques des agents de la fonction publique, des sociétés parapubliques, demeurent sans solution ;

– Considérant que la loi portant embauche et résiliation de contrat aggrave la précarité de l’emploi ;

– Considérant les manœuvres orchestrées par le gouvernement pour licencier les travailleurs contractuels de l’Etat de tous les ministères et institutions de l’Etat reversés en 2008 ;

– Considérant que les travailleurs en sont arrivés à la conclusion que nous ne pouvons plus continuer de produire pour les poches de Patrice TALON et compagnies ;

– Considérant que face à cela, le pouvoir a recouru à la répression des responsables syndicaux comme c’est le cas de Patrice TREKPO, Secrétaire Général du syndicat des agents des eaux et forêts, de AKIYE, le Secrétaire général du SYNAPOLICE ;

– Considérant que le gouvernement du président Patrice TALON s’est lancé dans des attaques contre toutes les personnes qui prennent le devant des luttes contre cette politique scabreuse, anti travailleur et attentatoire aux libertés démocratiques, allant jusqu’au montage de faux dossier contre Laurent METONGNON et à la recherche de faux témoins à charge, au recrutement de magistrats à ordre pour le faire condamner;

– Considérant que par ces méthodes, le gouvernement de Patrice TALON veut faire ramener le pays à l’époque sombre du pouvoir autocratique de KEREKOU et du PRPB pour faire taire tous les travailleurs, la jeunesse afin de s’accaparer paisiblement de tous les secteurs vitaux du pays ;

– Considérant les mesures d’intimidations orchestrées par les différents ministres du gouvernement contre les grévistes notamment aux ministères de l’enseignement maternel et primaire et de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle ;

– Considérant que la grève d’avertissement de 48 heures et celle de 72 heures renouvelées plusieurs fois sont restées sans suite jusqu’à ce jour ;

Le Secrétariat Permanent de la CSTB, réuni en séance extraordinaire ce mardi 02 janvier 2018,  prenant en compte les conclusions de la cession du CCN du 22 décembre 2017 de suspendre la grève pendant les fêtes et de la reprendre le 09 janvier 2018,

– Proteste contre cette gouvernance scabreuse, anti travailleur et autocratique,

Décide d’une grève  de 72 heures renouvelable à tacite reconduction, à compter du mardi 16 janvier 2018 à 00  Heure au Jeudi 18 janvier 2018 à 24 Heures pour exiger :

1- L’abrogation des lois scélérates votées par l’Assemblée Nationale, notamment la loi portant création de la Police Républicaine qui arrache le droit de grève à la police nationale, les lois supprimant le droit de grève aux travailleurs de la santé, de la justice, aux paramilitaires et aux magistrats ;

2- La libération immédiate des détenus politiques que sont METONGNON Laurent, ADEGOKE Moussa, YOUSSAO Saliou Aboudou et leurs coaccusés ; l’annulation de la mesure arbitraire, politique de radiation du responsable syndical, le capitaine Patrice TREKPO ;

3- La satisfaction des revendications catégorielles des agents de tous les secteurs de la fonction publique, parapublique et privé

4- Le châtiment de tous les auteurs des crimes économiques et politiques ;

5- Le traitement correct du régime statutaire et la formation des agents de tous les secteurs de la fonction publique avec relèvement de la grille indiciaire salariale,

6- Le retour dans  le patrimoine  national de toutes les sociétés publiques, parapubliques et de l’immeuble et  domaine du ministère des affaires étrangères,

7- l’arrêt du processus de privatisation des sociétés, services publics et parapublics,

8- La réintégration des agents licenciés des sociétés, services et entreprises privatisés ou liquidés, l’arrêt du processus de licenciement des agents contractuels reversés de 2008, la sortie du reste de leurs contrats et le payement  des arriérés de salaires à tous ceux qui sont concernés ;

9- Le recrutement massif des agents au profit des écoles et universités publiques,  des services de  santé publique,

10- La suppression des taxes qui étouffent les transporteurs, petits producteurs et revendeurs,

11- La suppression de toutes les mesures excluant  les filles et fils du pays, des universités et écoles publiques,

12- La reconnaissance aux agents de la fonction publique le droit d’élire et de destituer les gestionnaires des services et administrations.

La CSTB rend responsable le gouvernement des déconvenues qui  découleraient de la paralysie des différents secteurs de la vie du pays.

Pour le Comité Confédéral National,
Le Secrétaire Général Confédéral
Nagnini M. KASSA MAMPO

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