Bénin – Nigéria : Une coopération économique en souffrance

Bénin – Nigéria : Une coopération économique en souffrance

Le Bénin est un pays limitrophe du Nigéria communément appelé le grand voisin de l’Est. Mais malgré la proximité et la taille de ce marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs, le Bénin ne profite pas assez des opportunités économiques que représente le Nigéria, en vue de son décollage économique.

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Une situation qui remet en cause les relations économiques que le Bénin entretient avec son voisin. “Si le Nigéria est enrhumé, le Bénin est à terre“.  Il est de coutume d’entendre au sein de l’opinion cette expression imagée, utilisée à tort ou à raison pour caractériser la puissance économique et financière du Nigéria, grand voisin situé à l’Est du Bénin.

En effet, le marché de consommation nigérian est un atout colossal pour les hommes d’affaires béninois, et ceux qui l’ont compris y déversent leurs produits depuis des années. Cependant, les scientifiques estiment que ce marché demeure extrêmement sous-inexploité par le Bénin.

Grâce aux accords de partenariat entre les deux Etats, les activités de réexportation de véhicules d’occasion, de riz, d’huiles végétales et autres, sont assez développées. Ce qui permet au Bénin de faire des recettes, notamment fiscales. Le Bénin à un moment donné, est devenu la plaque tournante du trafic de véhicules d’occasion en direction du Nigéria, une filière qui a enrichi de nombreuses personnes pendant ses belles heures. Mais le bilan des deux dernières années laisse perplexe, car tout tourne au ralenti, et les activités qui autrefois faisaient la joie des hommes d’affaires Béninois ont connu une chute drastique. Une situation qui a affecté toute l’économie béninoise. La filière véhicule d’occasion qui employait des milliers de jeunes a aujourd’hui drastiquement perdu en intensité, avec la fermeture de plusieurs parcs de vente de véhicules. Pareil pour d’autres secteurs dont l’agroalimentaire où les difficultés des acteurs s’accentuent. Les opérateurs économiques béninois sont donc réduits au marché domestique, bien insignifiant comparé à celui du Nigéria, très dense et florissant. D’autres éprouvent selon les témoignages, des difficultés à faire entrer leurs produits sur le territoire nigérian. Malgré cette situation, qui ne profite guère aux entreprises béninoises encore moins aux citoyens, le Bénin par ses services douaniers, trouve des mécanismes pour contrôler,voire restreindre l’importation de certains biens. La guère contredes produits de la brasserie nigériane prisés par les populationsest encorefraiche dans les mémoires.

Le Nigéria, un environnement de plus en plus défavorable

Le député du Bloc de la majorité parlementaire, Gildas Agonkan, au cours d’une émission sur Capp fm ce lundi 29 janvier 18 note : « Les flux financiers entre le Bénin et le Nigéria ont baissé. L’environnement par rapport au Nigéria nous est défavorable ». Ces propos apportent de l’eau au moulin des hommes d’affaires. Ces derniers, par la voix du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, Jean-Baptiste Satchivi ont exprimé leurs difficultés à accéder au marché nigérian et à obtenir des ressources.

C’était lors de la rencontre avec Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international le mercredi 13 décembre dernier au cours de sa visite au Bénin. Le président de la Ccib faisait un plaidoyer auprès de la Dg/Fmi pour espérer sortir ses pairs des vicissitudes quotidiennes dans leur secteur d’activité. Créateurs de richesse et d’emplois, les opérateurs économiques sont essoufflés… Il faut remarquer que certaines activités sont menacées et pourraient disparaître avec le temps s’il n’y a pas de nouvelle politique commerciale avec le Nigéria. La crise du Naïra est un alibi pour cacher une coopération mal en point avec l’Etat nigérian.

une impasse économique

Une solution s’impose à la relation économique entre le Bénin et le Nigéria. La question est alors de savoir ce que le gouvernement béninois fait pour aider ses citoyens à opérer avec sérénité au Nigéria. Plusieurs spécialistes des questions économiques présentent le Nigéria comme un atout, une solution pour le développement du Bénin, invitant les autorités béninoises à entretenir des relations économiques concrètes et durables avec cet Etat.

Mais à l’analyse, on se rend compte que dans ses démarches, le gouvernement béninois ne s’intéresse pas au Nigéria malgré le désir des populations de voir leur président aller négocier avec le président nigérian dans l’espoir d’un nouveau partenariat économique. Le Nigéria prend des mesures pour sauter le verrou de l’importation des produits de réimportation, une activité très développée au Bénin sur son territoire. Vers quel marché iront vendre les importateurs béninois ?

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Napoléon1 Il y a 8 mois

    Tout ceci nous montre que derrière Talon il y a d’autres étrangers qui veulent mettre la pays sur coupe reglée pour eux au détriment des autres hommes d’affaire nationnaux.

    Le sale tour joué à ajavon et le fait que la coopération Avec le Nigeria comme Avec l’Afrique du Sud prend du plomb dans l’aile doit nous alarmer.

    Quand il y a coopération Sud-sud, c’est les africains qui en profitent. Mais la coopérations Avec les belges, les francais, c’est la fuite des capitaux.

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    Bien vu Oumar. L’affaire Glo va nous coûter très chère les jours et mois à venir parce que quelqu’un a voulu les faire partir pour faire installer son reseau où il est actionnaire. VoiLà le pays que nous avons désormais. L’affairisme au sommet de l’Etat. tchikoiiii

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    OLLA OUMAR Il y a 8 mois

    Constat fait depuis des années , et que l’on connaît ; il faut noter que Kerekou 1 , 2 , et 3 , de même que yayi boni ont su bien gérer les choses , avec  diplomatie , souplesse ,  humilité et intelligences, avec les présidents  respectifs de leur puissant voisin , que les opérateurs compradors du benin avaient pu conserver leurs pénétrations sur le marché nigérian.
    Quant au cas du vil individu qui est talon , c’est le désastre , toi miniscule comme ça là , tu fais le gros dos , et même tu jettes aux orties les petits intérêts des hommes d’affaires influents du Nigeria au benin ( cas de l’opérateur téléphonique glo ) vous n’avez encore rien vu , vous les beninois