Xi Jinping et Poutine, alliés contre Trump, rivaux sur le détroit d'Ormuz

Les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine ont signé mercredi 20 mai 2026 à Pékin deux déclarations conjointes appelant à l’émergence d’un monde multipolaire, lors d’un sommet bilatéral tenu moins d’une semaine après la visite du président américain Donald Trump dans la capitale chinoise.

Les deux chefs d’État ont affiché une unité sans faille face à Washington. Xi Jinping a qualifié la relation sino-russe d’« inébranlable », Poutine de « sans précédent ». Aucun des deux n’a mentionné explicitement les États-Unis, mais le président chinois a dénoncé les courants « hégémoniques » sur la scène internationale — formulation perçue comme une réponse directe à la visite de Trump, qui avait quitté Pékin sans annonces majeures sur les dossiers stratégiques. Au-delà des déclarations, les deux pays ont signé une série d’accords portant sur le commerce, l’énergie et les médias.

Le Moyen-Orient, ligne de fracture

Sur le dossier iranien, la convergence de façade cède la place à une divergence d’intérêts documentée. Xi Jinping a déclaré à Poutine que le Moyen-Orient se trouve à un « moment charnière » et a plaidé pour une fin rapide des hostilités, invoquant la sécurité des approvisionnements énergétiques chinois. Selon l’Institut français des relations internationales (IRIS), environ un tiers des importations chinoises de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz, soit près de 5,5 millions de barils par jour — un flux interrompu depuis le début du conflit en février 2026.

La Russie, troisième producteur mondial de pétrole, se trouve dans une position opposée. Avec la flambée des cours du brut au-delà de 85 dollars le baril en mars 2026, les recettes énergétiques russes ont bondi, alors que le budget fédéral avait été établi sur une base de 59 dollars. Moscou n’a donc aucune urgence à réclamer un retour à la normale dans le Golfe.

Pékin pousse vers la désescalade

Pékin et Moscou ont néanmoins appelé conjointement, dans un communiqué publié par le Kremlin, à la reprise du dialogue entre toutes les parties prenantes au Moyen-Orient. La Chine, qui se dit neutre sur le conflit ukrainien et maintient des liens avec Téhéran, cherche à se positionner comme médiateur régional sans rompre avec Moscou.

Poutine doit participer en septembre 2026 au sommet des BRICS à New Delhi, où la rhétorique multipolaire portée par les déclarations de Pékin devrait occuper une place centrale dans les discussions.

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