Bénin : Rafiatou Karimou inhumée dans l’anonymat et l’indifférence totale

Bénin : Rafiatou Karimou inhumée dans l’anonymat et l’indifférence totale

Décédée le 04 janvier dernier à Paris, Rafiatou Karimou a été inhumée le samedi 13 janvier à Cotonou dans l’indifférence totale. La classe politique dans sa diversité a brillé par son absence, de même que les membres du gouvernement.

Bénin : 470,1 milliards de Fcfa prévus pour le Pip 2018

Les obsèques de la première femme ministre du Bénin, ont simplement pris l’allure de celles de gens ordinaires. En France, son décès en aurait ému plus d’un. Le gouvernement mettrait les petits plats dans les grands pour lui réserver des obsèques nationales dignes de son rang. Honneur militaire, cercueil drapé du drapeau tricolore, hommage du président de la République, puis un sépulcre au Panthéon.

« Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » dit-on, à son fronton. Rien ne sera laissé de côté. Et comme une certaine Simone Veil, ses obsèques auraient mobilisé toute la classe politique dans sa diversité. Au Bénin, pour Rafiatou Karimou, une personnalité politique de la même trempe, déception et passage aux oubliettes. Le gouvernement n’a rien prévu. A défaut d’obsèques nationales, il n’a même pas daigné envoyer une délégation officielle pour présenter les condoléances de l’Etat aux parents de la disparue. Le ministre du plan Abdoulaye Bio Tchané, présent sur les lieux, s’y est retrouvé par affinité religieuse ou par liens de familles.

Le gouvernement qui n’a pas eu le temps de fouiller l’histoire du Bénin, n’a rien retenu de son nom. Ses membres ne connaissent sûrement pas Rafiatou Karimou. Elle n’est sûrement pas un chantre invétéré de la rupture, mais elle fut une femme brave qui a consacré toute sa vie à la politique. Née en 1946, elle fut la première femme chef de district en 1975, et la première femme ministre du Bénin en 1989, ministre de la santé. Après quelques années de trêve, elle revient au devant de la scène avec son élection comme députée de la 3e législature dans la 21e circonscription électorale en 1999, et a dirigé avec bravoure le groupe parlementaire « Nation et développement ». En 2003, elle est nommée ministre de l’enseignement maternel et primaire, poste qu’elle a occupé jusqu’en 2006. C’est ce parcours exceptionnel surtout pour une personne de sexe féminin, qui devrait être salué dans un pays comme celui-ci, où la gent féminine n’a pas forcément pion sur rue en politique et où les exemples du genre sont encore très rarissimes.

Mais tout cela n’a pas suffi à émouvoir le gouvernement. Pourtant, quelques temps avant, un ancien député, ancien ministre et ancien bâtonnier, a eu plus de chance. Sa dépouille mortelle fut exposée au Palais de justice et à l’Assemblée nationale, puis le Chef de l’Etat a honoré de sa présence ses obsèques à Avrankou. Doit-on croire qu’il y a une discrimination et que la rupture choisit ses icônes, ses hommes du passé en privilégiant ceux avec lesquels certains membres du gouvernement ont des liens ? Ou à défaut, croire que feue Mme Karimou n’a été victime que du mépris du gouvernement actuel pour l’approche genre, d’emblée bafouée dès la composition du gouvernement… Féministes ou simples citoyens,  cette attitude du gouvernement devrait amener les uns et les autres à s’indigner

Commentaires

Commentaires du site 8
  • Avatar commentaire

    Peut-être que c’était sa volonté, y avez-vous pensé au moins avant de critiquer ?

  • Avatar commentaire

    Ceux qui sont devenus défenseurs par enchantement du peuple étaient où ? Je veux parler de votre merde de minorité parlementaire. Pourquoi vous ne parlez pas d’eux ? Sont ils pas des politiques ? 

  • Avatar commentaire

    Je trouve cet article…objectif….

    cette femme..méritait..une reconnaissance..

    De plus…cette dame..native de djougou…yoruba(ou nagot)…comme guinadou karimou…est le symbole du brassage…entre les ethnies…de notre pays..

    Comme…les oguma…natifs de djougou…mais d’origine idasha…

    Paul dossou…et jean pliya……

    Dis je….

    Sont considérés comme des sudistes…alors que ce sont des djougouens…à 1000%

    C’est dommage..!!

    • Avatar commentaire

      Que veux tu aziz! nous avons une mentalité de merde.
      Je précise que je ne l’ai pas connue.

    • Avatar commentaire

      Djougouois, ou zougou n’zeyo.
      L’époux de la défunte est le Docteur Souleymane Bassabi de Semere, ancien Recteur de l’UNB et qui fut Médecin personnel de notre Grand Canarade de Lutte, le Président Mathieu Kerekou, l’inégalable et le plus Grand Patriote de tous les Présidents depuis les indépendances. Paix à l’âme de  notre défunte mère, paix à l’âme du Général M K. 

  • Avatar commentaire

    l’assemblée a fait quoi dans tout cela?

  • Avatar commentaire
    OLLA OUMAR Il y a 7 mois

    Toi  aussi , vue les braises sociales sur lesquelles  talon et son gouvernement ont leurs fesses qui brûlent , ils peuvent pas s’occuper d’éloge  funèbre , fut-elle d’une  ” digne ” fille du pays . 
    Celle là peut-elle encore pourfendre yayi boni , en faveur de ceux qui l’ont ignorée. 
    Vanité des vanités , et que celà serve de leçon aux ” faux prince du moment ” 
    Bémol pour ABT , qui a cette habitude de témoigner de sa présence souvent en pareille circonstance. 
    Celui-là doit est mal dans sa peau , au sein de ce gouvernement de pieds et bras cassés de talon . 
    Je lui dis : ” y rester , n’est pas obligé ” hein agadjavi ? Nouvelles de ta natte ? 😛

  • Avatar commentaire

    Ce gouvernement ne connait pas l’histoire ni les bonne manières. Notre pays est gouverné par des gens qui n’ont participé à aucune lutte. Il ne connait que ceux qui les soutiennent dans leur bêtise mais Dieu va nous sauvé Que l’illustre disparu repose en pai