Devoir de mémoire : Ces injustices que les grèves des travailleurs ont permis de réparer

Devoir de mémoire : Ces injustices que les grèves des travailleurs ont permis de réparer

La lutte syndicale depuis des années, a permis aux travailleurs d’obtenir satisfaction de leurs revendications. Consacré par l’article 31 de la Constitution du 11 décembre 1990, le droit de grève est un acquis sur lequel les travailleurs du Bénin réunis au sein de différents syndicats, jouent pour obtenir réparation des injustices de l’employeur.

Bénin : Les défalcations sont légales quand la grève est illégale selon Me Djogbénou

S’il y a une chose qui permet aux travailleurs d’obtenir réparation des injustices créées par l’employeur, c’est la grève. Un droit acquis, consacré par l’article 31 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.

C’est grâce à cette disposition de la loi fondamentale, et bien d’autres textes de loi ratifiés par le Bénin, que depuis l’ère du renouveau démocratique, les travailleurs de l’administration béninoise obtiennent satisfaction de leurs revendications et par ricochet amènent les autorités à doter les services de matériels et infrastructures. Il est établi selon les travailleurs, que l’employeur crée une situation d’injustice pour les maintenir dans la précarité. Mais par la lutte, ils en viennent à renverser cette tendance dictatoriale. Au cours des dix dernières années, la grève menée avec engagement et détermination par les travailleurs béninois, soutenus par les confédérations syndicales, leur a permis d’obtenir quelques avancées considérables. Tout ceci au profit des agents de l’Etat.

En effet, c’est par la grève que le niveau du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) a été relevé, allant de trente deux milles francs cfa, pour cinquante mille francs. L’employeur ne s’est jamais préoccupé de tenir compte du niveau de vie devenu très cher, afin d’augmenter le salaire des travailleurs. C’est un élément déterminant, car il était pénible aux agents de tenir face à la cherté de  la vie, qui limitait leurs pouvoirs d’achat. Toujours au plan des revendications pour l’amélioration des conditions de vie des agents de l’Etat, les enseignants ont obtenu la revalorisation de leur fonction, avec divers avantages dont l’augmentation de leur salaire à 1,25%. Il a fallu la lutte par les grèves et des sit-in, pour que l’Etat accède à cette revendication qui à un moment donné était plus qu’un os dans sa gorge. Il faut remarquer que si les travailleurs des différents corps décident d’aller en grève, ils le font à leur corps défendant pour exiger la satisfaction des revendications qui se résument également à l’amélioration des conditions de travail.

Dans le secteur de la santé, plusieurs grèves et mouvements de protestation ont permis l’acquisition de matériels de travail, l’équipement des centres de santé et hôpitaux, et le renouvellement des plateaux techniques… Même si ce que l’Etat fait dans ce secteur est dérisoire, sans la grève, la situation serait pire. Le manque de matériels s’ajoute souvent aux revendications syndicales et constitue la plupart du temps, un motif ou un élément déclencheur des mouvements de grève. A la Police nationale, dans l’administration des Eaux et Forêts, à l’Université nationale du Bénin, … la grève a contribué à l’amélioration des conditions de travail des différents travailleurs. On ne saurait, au regard des apports substantiels des mouvements de grève dans le développement des secteurs d’activité et dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’Etat, prétendre retirer ce droit constitutionnel aux travailleurs, quel qu’en soit le motif. Autrement, c’est que l’Etat s’engage à enliser davantage les services publics, et en conséquence réduire les travailleurs au silence

Commentaires

Commentaires du site 0