Bénin : décryptage de la sortie du ministre Homéky sur la relance du secteur culturel

Bénin : décryptage de la sortie du ministre Homéky sur la relance du secteur culturel

La première partie du 175e numéro de la rencontre hebdomadaire « Café médias plus » des journalistes à Cotonou, a été consacrée vendredi dernier à l’analyse de la sortie effectuée mercredi 21 février dernier par le

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ministre du tourisme, de la culture et des sports, Oswald Homéky, au sujet de la stratégie de relance du secteur des arts et de la culture. Le ministre du tourisme, de la culture et des sports Oswald Homéky, a répondu à une attente des acteurs culturels en présentant mercredi 21 février dernier sa stratégie de relance du secteur des arts et de la culture.

Mais, il a l’air de vouloir trop embrasser et a laissé ses invités à cette séance sur leur soif en termes de priorités, de planning, de budget, etc. C’est en général l’appréciation des journalistes culturels sur « Café médias plus » du vendredi 23 février passé, à la maison des médias Thomas Mégnassan de Cotonou. Etaient invités pour ce panel, Fortuné Sossa, président de l’Association des journalistes culturels du Bénin (Ajcb), et Sessi Tonoukouin, journaliste et expert culturel.

Pour le président de l’Ajcb, il est évident que cette sortie du ministre était un événement longtemps attendu par les acteurs culturels. Il en veut pour preuve la participation massive de ces derniers. Et l’autorité ministérielle selon Fortuné Sossa, leur a donné satisfaction sur plusieurs points.

« Il a dit ce que le gouvernement entend faire dans tous les secteurs des arts », apprécie le journaliste.

Il rappelle entre autres la construction des 54 arènes pour réveiller l’art à la base ; les réformes au Bureau béninois du droit d’auteur et droits voisins (Bubédra), au Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) et dans d’autres structures ; la création du Fonds des arts et de la culture ; la création de l’Agence nationale des manifestations officielles et des événements culturels et sportifs ; le code de la cinématographie ; la création du marché des arts, etc. «Tous les secteurs sont revisités. C’est la preuve que tous les problèmes sont pris en compte», résume l’expert Sessi Tonoukouin qui soutient également que c’était une sortie attendue.

«Au moins, on a un ministre qui est venu dire voici ce qu’il entend faire» affirme-t-il.

Homéky dit tout sauf les priorités

Seulement, dans cette sortie le ministre est resté si collé a son long exposé magistral qu’il a manqué de dire l’essentiel qui devrait accompagner une vision. Du moins, le président de l’Ajcb, trouve que le ministre pouvait réussir son exposé en 30 minutes au lieu des plus de deux heures fait. Et ce serait formidable d’après Fortuné Sossa. La conséquence de ce long exposé magistral, c’est qu’à peine le ministre a fini que la salle s’est vidée presque de moitié. Mais l’autre raison d’une telle réaction des acteurs culturels d’après Sessi Tonoukouin, c’est qu’il y avait une attente majeure non comblée.

Celle liée aux sommes que le Fonds d’aide à la culture doit aux artistes, notamment pour l’année 2016. La réponse du ministre n’a pas été favorable. De plus, à l’entendre le dossier tend vers un non lieu. Sur ce, l’expert culturel soutient que l’actuel gouvernement doit revenir sur sa position et solder ses dettes puisque l’Etat est continuité.

Dans leur analyse, les deux journalistes ont souligné que le ministre aurait mieux fait d’être concis sur la stratégie et mettre l’accent sur l’opérationnalisation à court terme. Quels sont les problèmes immédiats que le gouvernement actuel veut régler, selon quel planning, avec quel budget et comment ? Autant de questions dont les réponses allaient assouvir la soif des artistes et promoteurs culturels.

« Si cette vision -la stratégie exposée ndlr- avait été accompagnée de cet échelonnement, cela serait formidable », confie Fortuné Sossa.

A en croire Sessi Tonoukouin, la bonne formule n’est pas de vouloir tout solutionner à la fois. « C’est vrai que lorsque nous faisons l’état des lieux, nous sommes à un niveau où tout est à refaire, reconstruire. Tout est urgent. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut tout faire à la fois. Il faut partir par pilier », conseil-t-il au ministre

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