Bénin : Une opposition muette, affaiblie, désorganisée et sans stratégie

Bénin : Une opposition muette, affaiblie, désorganisée et sans stratégie

Elle manque de visage, de cohésion et de stratégie. Depuis avril 2016 où Patrice Talon a pris le pouvoir, l’opposition est quasi absente, laissant le

Nicéphore Soglo à Talon (avant la crise à la RB) : “Atoun noutia. Yôkpôvou wè a gnin”

Elle manque de visage, de cohésion et de stratégie. Depuis avril 2016 où Patrice Talon a pris le pouvoir, l’opposition est quasi absente, laissant le nouveau Chef réussir presque tous ses projets. En dehors de son projet de révision de la constitution et quelques autres désirs autocratiques stoppés par la Cour constitutionnelle, il a tout réussit, aux nez et à la barbe d’une hypothétique opposition qui refuse de lever la tête et de s’organiser, afin d’être l’alternative au régime de la rupture.

Durant tout le mois de Décembre 2017, il n’y a pas eu un seul week-end où l’on n’a pas annoncé de congrès des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Plus on s’approchait de la date fatidique, et plus elle était repoussée. De report en report, ce congrès n’a jamais eu lieu. Les Fcbe résiduelles s’organisent-elles en catimini pour tenir cette promesse ? Difficile de le confirmer. Ce visage d’une formation politique amorphe, désorganisée et sans stratégie présenté par les Fcbe, est celui de l’opposition béninoise toute entière.

Depuis le 06 avril 2018, on ne voit rien faire réellement face à Patrice Talon. Rien en dehors du groupe des députés de la minorité parlementaire contraints à l’opposition par Patrice Talon lui-même, après l’échec du projet de révision de la constitution, et du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) qui s’agite et organise quelques actions pour dénoncer les dérives de la gouvernance Talon. Or, le Fsp est loin d’un parti politique. C’est un ensemble d’acteurs de la société civile, de syndicats et de petits partis de gauche. En dehors donc de ces entités, on ne voit réellement rien s’organiser pour contrer la grande machine de la majorité présidentielle composée de tous les grands partis membres du Bloc de la majorité présidentielle (Bmp). La première faiblesse de cette opposition, c’est qu’elle manque de visage. Il est aujourd’hui difficile de désigner le leader politique qui agit ou s’organise pour être une alternative crédible au pouvoir de la rupture. Sébastien Ajavon vit presque en casanier depuis sa relaxe en octobre 2016 dans l’affaire des 18Kg de cocaïne pure.

De temps en temps, le pouvoir ne manque pas de sortir de nouvelles affaires pour mieux l’affaiblir et l’amener à négocier sa reddition politique. Candide Azannai est a été contraint à l’obligation de réserve pendant près de six mois après sa démission du gouvernement. Bien qu’un peu détesté et critiqué pour avoir démissionné, il reste un redoutable fighter politique qui manque de cadre pour vraiment éclore. Parti en études au pays de l’oncle Sam depuis qu’il a quitté le poste de ministre des finances, Komi Koutché se cache. On l’a vu une seule fois sous les feux de la rampe, donner une interview à la chaîne de télévision privée canal3. Quid de Boni Yayi ? De Léhady Soglo et autres. Boni Yayi travaille en sous marin et bien que ses actions ne soient pas visibles sur le terrain, il influence beaucoup de décisions et actions de la minorité, alors que Léhady Soglo, exilé de force, est toujours oisif sur le plan politique. Aucune entente n’est pour le moment envisagée entre eux, ces hommes étant distants les uns des autres à cause des histoires du passé.

Moyens, stratégies…

En dehors de ses difficultés d’organisation, l’opposition doit surmonter deux handicaps. Le premier est le manque de moyens. Actuellement, personne ne se dégage pour financer les actions de l’opposition. Cette situation limite beaucoup la détermination des rares hommes politiques qui ont décidé courageusement de faire face à Talon. Au temps de Yayi, c’est Patrice Talon et dans une moindre mesure Sébastien Ajavon qui

finançaient l’opposition. Aujourd’hui, ce dernier se réserve bien de le faire vu les difficultés que le pouvoir lui inflige dans ses affaires. Yayi non plus n’est pas prêt à financer les actions de toute l’opposition. Au finish, l’opposition est en quête de bailleur et ne semble pas pouvoir en trouver de si tôt. Or, pour affronter cette oligarchie de Talon il faut avoir un peu d’argent. Sur le plan des stratégies de lutte il y a aussi problème, et en matière de stratégie pour occuper le terrain et communiquer, l’opposition manque d’ingéniosité.

Les rares actions se résument à ces marches et conférences de presse qu’organisent de temps en temps le Fsp à Cotonou. Rien n’est fait pour toucher les populations des autres villes, des villages et hameaux du Bénin profond. Toutes ces insuffisances font de l’opposition actuelle un tigre en papier bien, que composée de têtes fortes comme Yayi, Ajavon, Soglo, Azannai, Koutché… En décembre 2017, un ancien ministre de Yayi actuellement dans la mouvance disait :

« pour arracher le pouvoir à Talon, il faut se réveiller très tôt. C’est un garçon, un vrai, il ne recule devant rien. Ce pouvoir est trop fort ».

L’opposition béninoise ne semble pas, hélas, prendre les mesures de cette donne pour faire front à ce président qui démolit un à un les piliers du modèle économique et démocratique béninois.

Commentaires

Commentaires du site 10
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    Democrate Il y a 9 mois

    On dirait que l’auteur de cet article réside en Corée du Nord.
    Sinon comment peut-il affirmer que personne ne finance les actions de l’opposition, lorsqu’il est de notoriété publique que Ajavon Sébastien est le principal bailleur des troubles sociales en cours dans le pays?

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    Democrate Il y a 9 mois

    On dirait que l’auteur de cet article réside en Corée du Nord.
    Sinon comment peut-il affirmer que personne ne finance les actions de l’opposition, lorsqu’il est de notoriété publique que Amazon est le principal bailleur des troubles sociales en cours dans le pays?

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    Democrate Il y a 9 mois

    La preuve que Talon a été le maître à penser et le principal leader des FCBE.

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    Amaury Il y a 9 mois

    Il est normal que l’opposition soit dans cet état car son pourvoyeur de fonds est maintenant au pouvoir. Il appartient à ceux qui ne se retrouvent dans la politique menée par celui-ci de s’organiser autrement.

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      Democrate Il y a 9 mois

      La preuve que Talon a été le maître à penser et le principal leader des FCBE.

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    Franck DOSSOU-GBETE Il y a 9 mois

    Une opposition certes muette et inorganisée. Mais votre analyse doit pouvoir nous aider à savoir les raisons de cet état de chose.
    A mon avis cette raison n’est pas loin. Au début de l’ère YAYI c’est ainsi qu’on a connu une opposition quasi absente, errante et essoufflée car ceux qui devraient l’animer ou la financer se retrouvaient du côtés du pouvoir. Mais vers la fin du pouvoir de YAYI et ont recouvré leur verve. C’est exactement le schéma qui risque de faire surface avec TALON. Beaucoup des politiciens trainent des casseroles et ont peur des représailles de TALON. Juste après les législatives ou avant celles ci vous verrez le vrai visage de l’opposition. Les mêmes qui le chantent ou le magnifient ce sont ceux là mêmes qui vient ici le vouer aux gémonies. La ruse et la rage faisant leur fureur seuls les courageux peuvent oser la voix pour proclamer quoique ce soit contre le chantre de la “RUPTURE”. Donc WAIT AND SEE.

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    Napoléon1 Il y a 9 mois

    Il est trop tôt pour tenir de tel propos.
    La vraie Opposition ce n’est pas celle qui fait beaucoup de bruit, mais c’est celle qui se prépare en sourdine pour administer le coup décisif à l’adversaire.

    Aussi Talon n’a encore rien gagné. La PVI lui sera bientôt retirée de nouveau. Le domaine de l’Etat qu’il a choisi pour se l’acheter lui sera retiré.

    Les milliers de béninoises et dess béninois à qui il a supprimé les emplois pour renvoyer dans la rue vont reprendre bientôt leur emploi.
    Aussi l’aeroport et le port maritime reviendront dans le giron national pour le bien être des populations autochtones.

    Les 47 milliards pi-lés par Talon, il va devoir les rembourser le plus vite que possible y compris de retourner à l’Etat toutes les usines d’égrenage de coton, qu’il a eu au pris de 1FCFA symbolique. C’est d’abord à ces préliminaires qu’il doit satisfaire avant de quitter la prison pour reprendre le chemin de l’exile.

    Donc n’allez pas si vite en besogne.

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    GbetoMagnon Il y a 9 mois

    “opposition muette, affaiblie, désorganisée et sans stratégie” En fait il fallait que Le Gouvernement les écrase tous pour que quelqu’un se rappelle leur raison d’être et en amène le constat…

    Pour l’instant, je ne vois que les magistrats, avocats et autres auxiliaires de Justice qui tiennent leur rang en tentant de maintenir la vie politique dans le cadre de la Loi.

    Que les soutiens du Gouvernement ne s’y trompent pas: il y va de l’intérêt même de l’Exécutif. Si les juges n’avaient pas pris leurs responsabilités pour ramené l’ordre et la paix publique, dans l’affaire – techniquement si mal conduite – dite AJAVON, l’incendie se serait propagé à l’ensemble de la société. Sans que personne ne puisse dire où elle se serait terminée.

    Je ne prétend pas que cette corporation est exempte des maux dont la société béninoise est malade, je dis qu’ils sont les seuls debout dans la tempête, face à l’Exécutif.

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    Prince Toffa 1er Il y a 9 mois

    Il y a quelques mois le véritable Chef de l’opposition c’est Talon en exil avec sa puissance financière; il a donc accédé au pouvoir et a “fermé le robinet”; aujourd’hui ses partisans d’hier se sont tous retrouvés sans ressources de fonctionnement. Eh ben c’est normal que l’opposition soit muette, affaiblie, désorganisée et sans stratégie et presque en débandade. Ceux qui se sont faits coopter par lui ont vite faits de se mettre à l’abri et devenus silencieux à ses côtés, et quant à ceux qui sont laissés sur le carreau, ils liment leurs dents contre les micros occasionnels et passent leur temps à se frustrer dans leurs salons, à marcher sur des km et à animer des grognes radiophoniques sans succès.

    C’est ça le triste sort réservé à une opposition sans conviction qui n’attend que d’être financée par des mains extérieures et apports exogènes.

    Ne permettons plus à l’avenir l’accès des hommes d’affaires à la haute sphère politique dans notre pays.

    It’s too dangeroos !!!