Point de vue et leçon de vie

Point de vue et leçon de vie

Zinsou et Dossa sont des frères jumeaux. La nature les a fait porter ensemble par un seul et même ventre, le ventre de leur mère. La personnalité que l'un et l'autre développèrent au fil des ans eut raison de la complicité première qui présida à leur naissance.

La table des mots du “Nouveau départ”

Zinsou et Dossa, quoique frères jumeaux, sont, chacun, une pièce unique, l’une n’étant pas réductible à l’autre. En effet, l’un ne pouvait penser à la place de l’autre ou avec la tête de l’autre. Chacun prit la femme de son choix. Chacun se révéla et se réalisa dans un métier déterminé. Deux personnes. Deux personnalités. Deux destins.

A partir de la même la ligne de départ, à l’image des coureurs de vitesse, Zinsou et Dossa s’élancèrent dans la vie active, partageant le même principe : gagner sa vie. Il s’agissait pour l’un et pour l’autre, contre un salaire, de vivre de ce qu’ils savent, de ce qu’ils savent faire. Zinsou enseignait les mathématiques à l’Université. Dossa se comptait au nombre des cadres d’une grande banque de la place. Le salaire était pour l’un et pour l’autre la sanction de leur engagement professionnel. S’ils ne roulaient pas carrosse et n’étaient pas pleins aux as, c’est-à dire très riches, ils reconnaissaient cependant qu’ils en avaient assez pour vivre décemment, pour subvenir à leurs besoins.

Gagner sa vie. On peut le dire, Zinsou et Dossa y étaient parvenus. L’un et l’autre étaient dans des conditions enviables. Des conditions qui auraient pu faire dire à plus d’un Fon de Ouidah ou d’Abomey : “Gbè nan bi non gbé oun dja bo nan to gan hou do ko”. Ne pas lâcher la proie pour l’ombre. Autrement dit, il faut se contenter du peu qu’on a, s’en tenir à ce qu’on tient et le tenir ferme.

Ce fut ce qu’avait compris Zinsou qui surfait allègrement sur cette philosophie de vie vers une retraite tranquille et paisible. Dossa, par contre, avait estimé, de bonne heure, que son frère jumeau avait tort de cantonner la vie, sa vie, aux rivages ordinaires et plats du simple gagne pain. Si, pensait-il, gagner sa vie, c’est bien, réussir sa vie, doit être mieux. Aussi s’était-il engagé corps et âme à se libérer du starting-block du salaire. Un salaire même régulièrement perçu. Un salaire même périodiquement bonifié par divers avancements et promotions.

Mais comment passer de “gagner sa vie” à “réussir sa vie” ? Le mouvement se démontrant en marchant, Dossa choisit de bouger. Il bouscula tout sur son chemin. Il s’acharna à s’ouvrir la voie vers l’objectif visé. Il reprit ses études, conquit de nouveaux parchemins, se plia à une discipline implacable, consentit d’immenses sacrifices, prit des risques que seul ne peut prendre qu’un être véritablement déterminé, passionné, motivé.

Dossa, qui gagnait sa vie comme cadre d’une banque, estima avoir réussi sa vie du jour où il fut assuré de devenir le promoteur, l’actionnaire majoritaire d’une banque, de sa banque. En lieu et place d’un travail produit pour autrui et contre un salaire, la liberté financière. Un rêve longtemps caressé prenait ainsi corps et forme.

Dossa réussit ainsi à se hisser un cran au-dessus de son point de départ. Qu’on l’interprète ou qu’on le prenne comme on veut, c’est le signe d’un progrès certain. Un progrès sur soi-même. Un progrès par rapport aux pesanteurs de son environnement humain. Un progrès qui a valeur d’exemple. Il a la force d’attraction nécessaire pour mettre d’autres dans le sillage de Dossa. Mais, comme il a été dit, le progrès n’est pas une destination. C’est un chemin. Ce fut ce que comprit Dossa : en plus de gagner sa vie et de réussir sa vie, il lui fallait s’engager à franchir une étape de plus : servir les autres. Mais comment ?

Dossa était assuré de disposer du bon outil pour placer la barre à ce niveau de ses ambitions. La qualité des prestations de sa banque fut vite sanctionnée par la satisfaction de sa clientèle qui ne cessait de s’étoffer. C’était la juste récompense d’un admirable engagement professionnel. C’était également la représentation symbolique d’une borne-repère sur le chemin d’un accomplissement. Dossa fit graver sur cette borne-repère ce qu’il tint pour le mot le plus beau qui soit. Un mot simple. Mais un mot gorgé de sens et de signification : servir

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Lavagnon Il y a 2 mois

    C’est une bonne leçon à retenir. Nous devons toujours aller au delà de notre zone de confort pour sortir le meilleur de nous-mêmes.
    Nous avons dans nos langues des expressions qui n’encouragent pas les gens à aller jusqu’au bout pour faire triompher leurs rêves.