UAC – Bénin : Les étudiants dénoncent la mauvaise foi du gouvernement

UAC – Bénin : Les étudiants dénoncent la mauvaise foi du gouvernement

Les 72 heures de grève rigoureusement observés par les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi la semaine écoulée, n’ont pas laissée indifférente le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso.

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Elle a rencontré ce vendredi 09 février 2018, les responsables étudiants (Fneb, Uneb, Unseb), pour une sortie de crise. Malheureusement, les échanges ont accouché d’une souris. Conséquences, la grève se poursuit.

Marie-Odile Attanasso confond fermeté et arrogance. C’est du moins la substance des propos des responsables étudiants de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb), et de l’Union nationale scolaire des étudiants du Bénin (Unseb). Ils l’ont fait savoir ce vendredi 09 février 2018, à travers un communiqué.

Ce communiqué intervient quelques heures après leurs échanges avec leur ministre de tutelle dans la journée de ce vendredi. Lesquels échanges n’ont permis d’apporter une solution aux revendications des étudiants. Pour mémoire, les étudiants ont lancé un mouvement de grève de 72 heures la semaine écoulée pour exiger du gouvernement la satisfaction de leurs revendications, notamment l’abrogation pure et simple des décrets portant critères d’octroi des allocations d’études universitaires, et celui portant réorganisation du mouvement étudiant. C’est suite à cette grève rigoureusement observée par les étudiants que Marie-Odile Attanasso a décidé rencontrer leurs responsables.

Hélas, le vrai faux dialogue social a encore plané ici. Ces discussions ont porté sur les 15 points de revendication inscrits dans la motion de grève des étudiants, avec un accent particulier sur les décrets suscités. Concernant les nouveaux critères d’attribution des allocations d’études universitaires, la ministre Marie-Odile Attanasso a réaffirmé que désormais les bourses et secours s’octroieront en fonction des disponibilités budgétaires, et qu’il peut arriver au gouvernement de décider d’attribuer des bourses dans une seule filière, s’il estime que c’est sa priorité, ou encore de ne rien donner sans avoir de compte à rendre. Un argument qui n’a pas été du goût des responsables étudiants qui se sont opposés catégoriquement à cette méthode de gouvernance.

Pour eux, les bourses et secours restent le seul recours pour l’étudiant issu d’un milieu modeste, afin de mener à bien ses études universitaires. Quant au décret portant réorganisation du mouvement étudiant à en croire les responsables, le ministre a démontré la volonté du gouvernement d’instaurer la pensée unique afin de fragiliser le mouvement estudiantin. Selon leurs explications, Marie-Odile Attanasso est allée plus loin en affirmant que le gouvernement organisera les élections entre les trois organisations syndicales estudiantines contre leur gré, ou de force. Une grave obstruction à la liberté d’expression et d’association, pourtant garanties par la constitution du 11 décembre 1990, que les étudiants n’entendent pas cautionner.

Au terme des échanges, il ne serait pas péremptoire de dire que la rencontre a accouché d’une souris. Aucune avancée dans les négociations pouvant permettre la suspension de la grève. En somme, les organisations estudiantines invitent les étudiants des universités publiques du Bénin à rester mobilisés pour la satisfaction de leurs revendications, et contre l’acharnement du gouvernement. Il faut préciser que les étudiants de Parakou entrent aussi en grève de 72 heures à compter de demain.

Des revendications

Entre autres revendications : La réintégration immédiate des 21 étudiants arbitrairement exclus, le paiement sans délai aucun des arriérés de bourse, secours, frais de mémoire et frais de stage à tous les ayants droits, l’abandon de la décision du conseil des ministres qui annonce la hausse des prix des frais d’inscription dans les universités publiques du Bénin, pour le compte de l’année académique à venir.

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