Le président russe Vladimir Poutine a justifié vendredi 29 mai, en marge d’une visite officielle au Kazakhstan, sa préférence pour l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme interlocuteur privilégié dans d’éventuelles négociations avec l’Union européenne sur le conflit ukrainien. L’argument avancé : la confiance.
« Quand j’ai proposé M. Schröder, je voulais dire que c’est un homme en qui on peut avoir confiance », a déclaré Poutine aux journalistes. Le président russe reconnaît entretenir une amitié personnelle avec l’ex-dirigeant social-démocrate, tout en insistant sur le fait que cette relation n’a jamais compromis la défense des intérêts allemands par Schröder. Selon lui, c’est précisément cette capacité à représenter son pays tout en maintenant un dialogue avec Moscou qui fait de l’ancien chancelier un candidat crédible.
Des réactions mitigées en Europe
Poutine a indiqué avoir observé les premières réactions européennes à sa proposition, qualifiant le bilan de contrasté : certains responsables auraient accueilli l’idée favorablement, d’autres l’ont rejetée. Cette suggestion intervient alors que les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept se réunissaient à Limassol, à Chypre, pour débattre d’un possible engagement diplomatique européen avec Moscou.
La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a fermé la porte à toute médiation neutre : l’Europe, a-t-elle rappelé, soutient l’Ukraine et défend ses propres intérêts de sécurité, ce qui l’exclut structurellement d’un rôle d’arbitre impartial. Le président finlandais Alexander Stubb, un temps évoqué comme candidat potentiel, a été explicitement écarté par Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères le jugeant trop proche de Kiev.
Schröder, un profil sous surveillance judiciaire et politique
Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, l’ancien chancelier Schröder a été exclu du groupe parlementaire SPD au Bundestag et a perdu une partie de ses avantages officiels, après que le Parlement allemand a voté la suppression de son bureau de soutien en mai 2022. Ses liens avec les entreprises énergétiques russes Gazprom et Rosneft ont alimenté des critiques persistantes sur ses liens avec le Kremlin. La prochaine réunion formelle du Conseil des affaires étrangères de l’UE est prévue en juin 2026, où la question d’un éventuel émissaire européen devrait figurer à nouveau à l’ordre du jour.
