Journée mondiale du théâtre ce jour : Pascal Wanou s’exprime

Journée mondiale du théâtre ce jour : Pascal Wanou s’exprime

Acteur du 4e art et promoteur culturel, Pascal Wanou est le président de la Fédération nationale de théâtre du Bénin (Fenat), et du Centre béninois de l’Institut international du théâtre (Cbe/Iit).

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En ces qualités, il revient ici sur l’intérêt de la Journée mondiale du théâtre, et évoque l’agenda, la thématique et les spécificités de la célébration de cette année, ce 27 mars.

Lnt : 27 mars, journée mondiale du théâtre. Qu’est ce que cela représente pour vous, acteurs des planches ?

Pascal Wanou : La Journée mondiale du théâtre, c’est une journée mise à part pour célébrer les hommes de théâtre en général. C’est la journée qui leur est dédiée pour célébrer leur art, leur métier. C’est la seule journée pendant laquelle les hommes de théâtre sont appelés à s’interroger, à réfléchir, à se remettre en cause par rapport à leur métier, par rapport à leur mission dans le monde, parce qu’il faut reconnaître que le théâtre en tant qu’art dramatique est une discipline qui nous renvoie constamment en mission à travers le monde.

Quel a été le contexte de l’institution d’une telle journée ?

D’abord, l’Institut international de théâtre lui-même, maitre d’œuvre de la célébration de la journée mondiale du théâtre qui est une organisation internationale non gouvernementale, regroupant aujourd’hui plus de 95 pays à travers le monde, a vu le jour dans un contexte mondial conflictuel.

C’est-à-dire ?

On était au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Ce lendemain était caractérisé par la guerre froide. C’est vrai que les pays venaient de sortir de la deuxième guerre mondiale mais la méfiance prédominait. C’est dans cette atmosphère de méfiance générale que les hommes de théâtre de l’époque se sont réunis pour dire, ‘’Nous, on est des artistes. Mieux, nous sommes des gens du théâtre. Le théâtre envoie son acteur en mission. Nous, nous ne connaissons pas de barrière, nous ne connaissons pas de frontière. Par conséquent, nous ne devons pas nous loger dans des conflits. Il va falloir que nous brisions la glace’’. C’est dans cet esprit qu’ils ont convenu de mettre sur place l’Institut international de théâtre qui a pour mission principale de restaurer la paix.

La première mission que l’institut s’était assignée depuis sa création, c’était donc de rapprocher les deux blocs antagonistes d’alors qui se livraient cette guerre froide. L’IIt a été créé dans cette optique de restauration de la paix à travers le monde, de contribuer à ce que la paix prédomine dans toutes les communautés. Quelles que soient les barrières, les hommes de théâtre doivent les briser et communiquer la paix. D’où son affiliation tout de suite à l’Unesco.

Un idéal de culture de la paix toujours d’actualité. Partout dans le monde aujourd’hui, la paix se trouve menacée. D’où le thème particulier de cette année. C’est «Théâtre et paix». Au Bénin, nous nous sommes organisés à travers la Fédération nationale de théâtre du Bénin (Fenat), et le Centre béninois de l’Institut international du théâtre (Cbe/Iit), pour mettre en place un minimum de manifestations autour du thème «Diversité culturelle et paix».

Pour quoi dire exactement ?

Tout simplement parce que le théâtre est diversité. Nous sommes en Afrique, et le théâtre à plusieurs formes. Nous voulons faire entendre qu’il s’agisse de diversité sur le plan socioculturel, religieux ou politique, cette diversité ne devrait rien enlever à la culture de la paix. C’est cela notre vision en choisissant ce thème.

De quoi sera fait l’agenda de la célébration ce jour au Bénin ?

Pour marquer l’événement, nous avons prévu quelques manifestations qui ont démarré depuis hier, par un atelier de formation en conte dans des établissements scolaires. Nous avons commencé l’expérience l’année dernière avec la célébration de 2017. Le succès enregistré et l’engouement manifesté par les responsables de ces établissements, nous ont emmené à reprogrammer la formation pour cette année sur deux jours. En dehors de ça, ce mardi dans l’après midi au centre culturel Festhec derrière le complexe scolaire Camara Laye à Abomey-calavi, il y aura une série de prestations théâtrales et de ballets. C’est cela la diversité théâtrale chez nous en Afrique. Il y aura aussi de l’humour.

Les activités dans ce centre vont démarrer avec la lecture du message international. Cette année, il y a une particularité au niveau de ce message. Les années antérieures, le message était unique à travers le monde. Cette année, chaque région représentée au sein de l’Iit désigne une personnalité de la région sur le plan théâtral pour délivrer le message local. Donc, le message que nous allons lire ce matin est celui dédié à l’Afrique et rédigé par un Africain. Cette personnalité s’appelle Werewere Likink, une dame bien connue dans le théâtre depuis des décennies. C’est l’une des innovations de 2018, déclarée année de l’Iit. L’Institut célèbre ses 70 ans.

Le clou de la célébration ce jour sera une représentation théâtrale qui sera donnée par les compagnies Amta et Yah essayelè. Elles vont nous produire un spectacle un peu particulier qui rentre dans le cadre de la diversité toujours. Le spectacle est intitulé «Tchiafômon ou la marche vers le vodoun». C’est un texte de Hermas Gbaguidi qui en assure aussi la mise en scène. C’est un mono drame. Voilà en gros ce que nous avons prévu pour marquer la célébration cette année.

Vous avez bien indiqué au début que la journée mondiale du théâtre est aussi l’occasion pour les hommes de théâtre de se remettre en cause et de réfléchir sur leur métier. Mais dans vos activités il n’y a pas un instant de rencontre et de réflexion entre vous ?

Vous avez raison. C’est vrai qu’on l’a toujours fait sous cette forme. Mais nous sommes dans l’innovation cette année. Aujourd’hui, c’est chacun individuellement qui est interpellé à mener une réflexion à son niveau. Nous n’avons pas communiqué là-dessus comme ça. Mais chacun est invité individuellement à réfléchir à la situation du théâtre béninois en particulier, à la situation de l’homme de théâtre béninois.

Nous sommes dans un environnement depuis quelques temps que tout le monde déplore. Quelles en sont les conséquences sur le théâtre béninois et sur la vie de l’homme de théâtre au Bénin. Chacun vit une situation donnée, et réfléchit à cela. Au moment opportun, dans très peu de temps, nous aurons l’occasion de revenir et de faire le point de toutes ces réflexions, pour tirer des conclusions avec à la clé un document que nous allons élaborer à l’adresse des autorités compétentes. C’est la stratégie de cette année.

Merci président.

Réalisée par Blaise Ahouansè

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