Bénin : L’interview de Talon passée à la loupe

Bénin : L’interview de Talon passée à la loupe

Les membres de la coordination du Front pour le sursaut patriotique, ont animé hier jeudi 26 avril 2018, une conférence de presse dans la salle de conférence de la confédération syndicale des travailleurs du Bénin, Cstb.

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Jean Kokou Zounon, Eugène Azatassou et Me Baparapé, ont exposé aux professionnels des médias, la lecture du Fsp de l’interview du président de la République, Patrice Talon, en présence des autres membres de la coordination : Kassa Mampo, Thérèse Wanwoua, Huguette Soussoukpè.

A propos de l’interview du chef de l’Etat sur les médias étrangers, le Fsp trouve que : « contrairement à ce qui a été annoncé, à savoir faire le bilan des deux ans de sa gouvernance, le chef de l’Etat a plutôt tenté de justifier et de convaincre sans y parvenir, des éléments de sa gouvernance autocratique, népotiste, affameuse, et de pillage des ressources du pays… ».

Le porte-parole du Fsp Jean Kokou Zounon, démontre que le chef de l’Etat au cours de cette interview, a nié l’existence des conflits d’intérêts au sommet de l’Etat. Pourtant, il a démontré l’existence de ces conflits à travers ses propos : « lorsque vous dites que vos enfants, vos amis et vos associés continuent de gérer vos parts que vous leur avez cédées, vos intérêts ne sont-ils pas toujours en œuvre ? Lorsque chef d’Etat, vous cédez la collecte des recettes des douanes de tout un pays à une société dont votre ami et associé ainsi que vos enfants sont propriétaires, vous ne pouvez pas nier les conflits d’intérêts ». Jean kokou Zounon rapporte aussi que le Président Ptrice Talon, au cours de cette interview, s’est arrogé le manteau d’éducateur. Mais un curieux éducateur qui a des méthodes peu orthodoxes.

Les contradictions du chef de l’Etat

Il trouve que le chef de l’Etat opte d’humilier les directeurs d’écoles, à qui on reproche d’avoir volé des sacs de riz. Pourtant, il refuse de regarder dans le rétroviseur pour faire rendre gorge les détourneurs des 40 milliards de Maria Gléta, ou des 3 milliards pour les adductions d’eau potable. Il trouve donc que le chef de l’Etat est loin d’être un pédagogue pour ses compatriotes. Lui qui a reconnu par deux fois, devant l’épiscopat au pays et au cours de la conférence de presse à l’Elysée à Paris : « qu’il est aussi responsable et bénéficiaire de la gouvernance de pillage qui a plongé le pays dans le chaos ».

Kokou Zounon relève une autre maladresse dans l’interview du chef de l’Etat. C’est lorsque Patrice Talon, voulant justifier le choix des belges pour la gestion du port de Cotonou, a expliqué qu’il était à la recherche d’efficacité. Il se réjouit d’ailleurs d’avoir résisté à ses parents et à son entourage qui voulaient le poste, mais qui n’ont pas le profil requis. Comme pour dire que les Béninois efficaces, Patrice Talon n’en recherche qu’au sein de sa famille et de son entourage.

La condamnation du gouvernement

Kokou Zounon s’est enfin prononcé sur la décision DCC-18-098 du 19 avril 2018. Cette décision condamne le gouvernement et le procureur Togbonon d’avoir opéré des vices de procédures déjà au niveau du rapport de l’inspection générale des finances qui a servi d’élément qui fondait l’accusation. La Cour a observé que la procédure était viciée à travers l’absence au niveau de l’enquête de l’Igf du principe du contradictoire.

Par cette décision, le Fsp trouve que le gouvernement a fait de la lutte contre la corruption, un prétexte pour détenir en otage tous ceux qui dénoncent ses pratiques. Au cours des échanges, Eugène Azatassou et Me Baparapé ont apporté aussi des réponses aux préoccupations des journalistes. Comme sur le cas de la poursuite de la grève dans le secteur de l’éducation. Expliquant que le Fsp n’est responsable ni de la grève ni de son maintien.

Pour eux, le vrai auteur de la grève, c’est le gouvernement. C’est aussi lui, qui détient les clés de sortie de la grève. Mais la stratégie du gouvernement, rapportent-ils est celle de l’usure, de la manipulation et de l’intimidation. Malheureusement pour lui, affirment-ils, les Béninois sont plus avertis pour se laisser manipuler

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