Crise dans le secteur de la santé au Bénin : L’Etat fait le service minimum

Crise dans le secteur de la santé au Bénin : L’Etat fait le service minimum

L’Etat fait le service minimum. Il est une certitude que l’environnement et l’hygiène de vie conditionnent notre santé.

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Il n’est non plus une révélation d’affirmer que le très faible niveau de vie des Béninois impacte négativement, on s’entend, la santé et le bien-être des populations.

L’Etat fait le service minimum. Il est une certitude que l’environnement et l’hygiène de vie conditionnent notre santé. . Elle implique la prise en charge des maladies aussi bien bénignes, graves qu’incurables auxquelles nous exposent et notre cadre de vie et notre hygiène de vie. C’est un impératif majeur aussi longtemps que l’homme est le cœur du développement. Les avancées notoires faites dans le domaine des sciences de la santé permettent de nous guérir de la quasi-totalité des maladies connues à ce jour où nous en soulager à tout le moins.

Mais il y a des pré requis, un effort à faire, un prix à payer : il faut investir dans la formation et le relèvement du plateau technique. Le budget alloué à la santé est-il en adéquation avec les besoins des populations ? Au Président Talon de nous rassurer. Le budget imparti à la santé par son gouvernement sur 02 exercices n’emporte pas notre conviction ;le budget alloué est franchement insuffisant de notre point de vue. Par ailleurs, observons que la carte sanitaire est en déphasage avec l’actuel découpage qui consacre 12 départements administratifs. A cette inégale couverture sanitaire, s’ajoutent la pauvreté du plateau technique dans nos structures sanitaires de référence et la très forte concentration des compétences à Cotonou. A qui la faute ? Pas aux médecins, au corps médical dans son ensemble, victimes comme leurs patients de mauvaises conditions de vie et de travail. Et c’est pourquoi les grèves cycliques en cours dans le secteur interpellent l’Etat au premier chef mais aussi la conscience des soignants. Les pertes en vies humaines liées à ces débrayages interpellent notre foi et sens des responsabilités.L’Etat fait le service minimum en lâchant du lest qu’après de nombreuses pertes en vies humaines.

Il y a aussi l’épineux problème d’assurance-maladie. Les agents de l’Etat apparaissent comme des privilégiés ; ils bénéficient de prises en charge pour eux-mêmes et pour leur famille. L’évacuation sanitaire des grands commis de l’Etat est une discrimination qui viole, pourrait-on dire, notre loi fondamentale laquelle dispose que tous les Béninois sont égaux en droits et en devoirs ! Les travailleurs du secteur privé formel ont eux aussi droit à des assurances maladies. La situation n’est pas reluisante dans le secteur informel ; ceux qui y évoluent rechignent à adhérer aux Institutions de Prévoyance Maladies conçues pour eux et leur famille. Ils ont fait l’option de supporter à 100% les coûts relativement élevés des traitements médicaux lesquels incluent les consultations, les analyses, les radiographies et diverses autres prestations. Ce n’est pas une mince affaire dans le contexte actuel de crise socio-économique. Les cas qui méritent l’attention de l’Etat concernent les paysans, pasteurs, pêcheurs sans oublier les braves femmes des marchés et des champs. Cette catégorie de béninois est très mal lotie en termes de prises en charge médicale.

Voilà le diagnostic fait ; le Président Talon, il nous semble, l’a posé mieux que nous dans son Pag. Il sait ce qu’il y a lieu de faire et quels leviers actionner pour résoudre l’équation de tant de béninois qui ne sauraient être de béninois à part. Le Régime d’Assurance Maladie Universel (RAMU), initié par l’ancien président de la république n’a pas pris malheureusement pour diverses raisons : l’assurance pour quelque sinistre que ce soit a du mal à entrer dans nos mœurs et le coût d’adhésion au RAMU semblait élevé par référence à la taille de nos familles et au faible pouvoir d’achat des groupes ciblés. Nous sommes donc fondés à croire que le Président Talon fait de la santé un des axes majeurs de son Pag. Il en a parlé dans son discours-serment le 06 avril 2016. Deux ans après, nous attendons que l’ambition présidentielle se traduise par la mise en œuvre effective du RAMU version Pag afin d’abréger la souffrance de la majorité des béninois obligés de se tourner vers les traditionnalistes moins onéreux et non moins efficaces. Il est à regretter qu’ils comptent en leur sein des charlatans ; cela porte indubitablement préjudice. C’est pourquoi le gouvernement de la rupture doit œuvrer au rapprochement de la médecine conventionnelle et de la médecine traditionnelle. Le secteur des tradi-praticiens a besoin d’un nettoyage à sec dans l’intérêt supérieur des populations. Le défi est grand et multidimensionnel. Le gouvernement doit y faire face avec détermination et avec célérité ; à l’image de la conduite du RAVIP et du démantèlement de la filière des faux médicaments. En attendant, le règlement de la crise dans le secteur santé s’impose. Elle n’a que trop duré avec ses incommensurables dégâts.

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