Bénin : Nourou-Dine Saka Saley appelle à un référendum sur le droit de grève

Bénin : Nourou-Dine Saka Saley appelle à un référendum sur le droit de grève

L’émission Sans Langues de Bois de ce dimanche 1er juillet 2018 a reçu le juriste Nourou-Dine Saka Saley. Au cœur des échanges avec l’invité : la décision de la Cour Djogbénou qui retire le droit de grève aux agents de la justice, de la santé et de sécurité.

Bénin: Voici la décision de la cour constitutionnelle qui réhabilite le droit de grève

Le juriste n’approuve pas le retrait du droit de grève  à ces agents de l’Etat. « Le droit de grève ne peut pas être retiré en l’état. Le droit de grève doit subsister mais peut être juste encadré comme l’a demandé la Cour Holo, sachant que le professeur Holo était membre de la Cour qui avait retiré le droit de grève en 2011 » a indiqué Nourou- Dine Saka Saley. Pour le juriste, aucun  prétexte ne peut justifier le retrait de ce droit aux travailleurs .

« Le droit de grève, ni pour des raisons d’élégance démocratique, ni pour des raisons de droit ne devrait être retiré ou supprimé pour certains corps » a martelé  le juriste qui a fait remarquer que la Cour Dossou  n’était pas à la première à se prononcer sur  la question du retrait du droit de grève. A l’en croire, la Cour Houinsou en avait déjà parlé en réaffirmant ce droit à tous les corps de la nation y compris les militaires.

M Saka Saley pense qu’on doit organiser un référendum pour demander au peuple s’il approuve le retrait du droit de grève de notre arsenal juridique puisque la preuve est établie qu’il y a pas consensus sur la question au niveau de la haute juridiction.« On a la preuve aujourd’hui qu’il y a tergiversation et qu’il y a fluctuation de la jurisprudence. Les gardiens du temple constitutionnel ne sont pas encore arrivés à nous assurer qu’ il peut avoir consensus sur cette question du maintien ou non du droit de grève puisque les victimes du droit de grève c’est naturellement et majoritairement la population » a déclaré le juriste.

 

Commentaires

Commentaires du site 8
  • Avatar commentaire
    The Atlantean Il y a 3 mois

    Les syndicalistes à mon avis, sont les vrais destructeurs du Bénin. Ils sont entranchés dans tous les secteurs, et c’est là le vrai danger pour le Bénin. Comment voudrions-nous avancer un pays quand le pays est assujeti aux grèves sauvages qui paralysent le territoire? Il n’y aura pas de référundum portant sur le retrait du droit de grève. Le  Parlement devrait trancher. Quand les grèves touchent la population, et vous voulez demander à la population de se prononcer? C’est tout comme si Le Colonel Sanders demanderait l’avis du poulet avant de l’envoyer dans les friteuses pour en faire “Kentucky Fried Chicken”. Il n’y aura pas le droit de grève dans les secteurs suivants: Les Juges ou le Magistrat, la sécurité routière, la sécurité territoriale (l’armée, la police, la gendarmerie), le secteur sanitaire: santé: Docteurs, Médecins, (Hôpitaux), y compris les secteurs de l’emseignement qui sont les sens vitaux ou les poumons du pays.
    Le ridicule se passe toujours au Bénin. On dirait que les pays Subsahariens africains manquent le sens de raisonnement logique. Et on voit avec stupeur les résultats de ce raisonnement où les africains périssent par milliers dans la méditerranée. Du premier Juillet au 3 Juillet 2018, 200 africains venant des pays subsahariens ont péri, noyés dans la méditerranée.

  • Avatar commentaire
    Pauvres Il y a 3 mois

    De quoi parle ce Nourou Dine?

    Je l´invite à revoir son raisonnement ou sa proposition.

     

  • Avatar commentaire
    SONAGNON Il y a 3 mois

    Un référendum dans un pays d’illettrés, d’analphabètes et de mendiants??? Moi je suis contre!!!

    Ce serait du temps et de l’argent perdus, il faut plutôt un colloque scientifique sur la question, dans lequel il faudrait inviter des universitaires du Bénin de la sous région et même de quelques universités européennes pour trancher ce débat.

    Mais, avec la politique de la ruse et de la rage en oeuvre au Bénin, ce n’est pas la vérité et la légalité qu’ils recherchent, mais l’instauration d’un pouvoir absolu, dictatorial. Ils n’en voudront pas.

     

  • Avatar commentaire
    ALLOMANN Il y a 3 mois

    @Amaury, les décisions du BIT  vont dans le même sens que celles de Djogbenou.  En effet, pour cette organisation, l’encadrement du droit de grève va de la restriction à l’interdiction …. Donc pas de divergences…

    Quant aux syndicalistes, ils savent très bien qu’ils seront désavoués s’ils s’avisaient de saisir le BIT. A l’intérieur, ils ne peuvent plus soutenir une grève de longue durée  car ils sont sortis érintés du bras de fer perdu contre Talon où ils ont dû rendre les armes sans avoir rien obtenu…. Vivement que tout le monde se mette au travail pour le développement du Benin

    • Avatar commentaire
      SONAGNON Il y a 3 mois

      Voilà le commentaire d’un des brillants spécialistes béninois de la question. Alors arrêtez de vous aventurer sur les sujets que vous ne maîtrisez pas!!!
      “La cour DOSSOU invoque le droit international dénué de tout ancrage constitutionnel en droit positif béninois. Il s’agit d’une part, de l’article 8 alinéa 2 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et des rapports de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
      La référence à l’article 8 alinéa 2 du Pacte révèle une partie de la fraude commise par la Cour lorsqu’elle indique (page 14 premier paragraphe) que le Pacte « précise que la garantie constitutionnelle du droit de grève n’empêche pas de soumettre à des restrictions légales l’exercice de ces droits… ».  En réalité, la référence citée est ainsi libellée :
      « 2. Le présent article n’empêche pas de soumettre à des restrictions légales l’exercice de ces droits par les membres des forces armées, de la police ou de la fonction publique.».
       
      En tout état de cause, il n’est question ici que des restrictions légales et non d’interdiction. Il ne restait à la Cour DOSSOU qu’à se référer à de simples rapports (commentaires) de l’OIT pour en arriver à son objectif affiché : la possibilité de l’interdiction du droit de grève. Or, non seulement, il s’agit de simples rapports dépourvus de valeur juridique en droit positif béninois, mais en plus la référence au droit international est constitutive d’une fraude à la Constitution. En effet, la Cour en tant que juge constitutionnel est chargée du contrôle de constitutionnalité. Même si le droit international était valide, sa convocation renvoie au contrôle de conventionalité, ce qui ne relève pas en l’espèce de l’office du juge constitutionnel.
       

  • Avatar commentaire
    ALLOMANN Il y a 3 mois

    Salam Saley évoque même l’élégance démocratique pour justifier le maintien du droit de grève pour tous. Le sachant qu’il est, doit savoir qu’aucune des démocraties majeures au monde ne donne le droit de grève à tout le monde y compris les militaires. C’est seulement au Benin où nous marchons sur la tête que de telles hérésies existent. De plus, les conventions internationales (BIT notamment) admettent expressément la suppression du droit de grève pour certaines corporations. De ce fait, les syndicalistes qui s’agitent mollement, n’oseront pas saisir le BIT pour se plaindre…. Alors au travail…on n’a ni le temps ni l’argent pour organiser un prétendu référendum sur ce sujet déjà réglé et qui ne concerne que quelques secteurs d’activité…

    • Avatar commentaire
      Amaury Il y a 3 mois

      @Allomann,

      Vous croyez que c’est la décision du BIT qui changera quelque à la position arrêtée et bornée de qui vous savez ? Je ne pense pas.

      Qu’a fait la France quand la Cour Européenne l’a condamnée pour retrait du droit de grève aux militaires ? Que neni  !

      Par ailleurs,  je ne suis pas favorable pour gaspiller du temps pour faire un référendum sur une question de ce genre. C’est une question de rapport de force. Si les syndicalistes peut faire face, qu’ils y aillent franchement sinon passons à autre chose. Cette histoire ne a permis de voir le visage hideux de ceux qui nous gouvernent. Nous l’avons cherché et nous avons trouvé, à nous de supporter le temps que cela durera.