La Nouvelle Tribune

Bénin : des associations demandent l’annulation de la taxe sur les réseaux sociaux

Au Bénin, le décret qui taxe la consommation des services de communications fait réagir les associations de l’écosystème d’internet. Elles sont montées au créneau hier mardi 11 septembre pour demander l’annulation de cette décision prise par le président Patrice Talon.

A travers une déclaration qu’ils ont rendu public hier, les associations de l’écosystème d’internet appellent à l’annulation du décret N° 2018-341 portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communication électronique fournis par les réseaux ouverts au public. Pour Franck Kouyami, président du forum de la gouvernance de l’internet, « l’ensemble de l’écosystème numérique encore naissant risque de souffrir énormément de cette mesure qui diminue considérablement les possibilités d’accès à l’information et le pouvoir d’achat des populations ».Il jette ensuite un pavé dans la mare du gouvernement en soulignant la nocivité de cette mesure   pour l’économie du numérique tant prôné par l’exécutif. 

 « Ledit décret est en incohérence avec les efforts du gouvernement dans le secteur du numérique car, au-delà des revenus immédiats que l’Etat pourrait tirer de cette taxation, cette mesure conduira à une déstructuration de la dynamique actuelle dans le secteur (communications électroniques » fait-il savoir.

Le président du forum de la gouvernance de l’internet pense aussi que la mesure vise à restreindre la liberté d’expression au Bénin. Il faut juste suivre les clarifications apportées par le ministre des finances sur ce décret pour s’en convaincre. En effet, lors d’une sortie médiatique l’argentier national avait estimé que ceux qui critiquent le gouvernement sur les réseaux sociaux devront payer plus de taxes.

En guise de conclusion, M Kouyami a fait savoir que le décret dénoncé  « est contraire aux engagements internationaux de notre pays , notamment la décision des Nations Unies reconnaissant l’accès non discriminé à internet comme un droit humain fondamental ».