Les marathoniens de l’espoir

Les marathoniens de l’espoir

Ont-t-ils raison d’être aussi pessimistes ? Ils sont, en effet, nombreux, ceux de nos compatriotes qui ont tiré un trait sur l’avenir de notre pays. Ils peignent tout en noir. Ils broient du noir. Pour eux, tout est « gâté », tout est « gnankami », tout est « foutu », pour emprunter ces mots à la rue.

Qui protège qui, contre qui et quoi ?

Pourtant, dans cette grisaille têtue où seul Dieu reconnaîtra les siens, il y a des hommes et des femmes qui, en dépit de tout, tiennent haut levé le flambeau de l’espoir. Avons-nous affaire à des fous à la tête mal timbrée ou à des illuminés à convoyer dans un asile psychiatrique ? Nous les appelons, quant à nous, « les marathoniens de l’espoir ». Qui sont-ils ? Que font-ils ? En quoi se démarquent-ils des autres ?

Nos « marathoniens de l’espoir » épousent des valeurs de plus en plus rares, dans une société gravement atteint pas le virus de l’argent. Pour une majorité de nos compatriotes, l’argent est roi. Tout s’achète et se monnaie. C’est la course forcenée à l’argent. Mus par des sentiments plus nobles, faisant fi des pesanteurs qui plombent leur environnement, nos « marathoniens » ont choisi de défendre et d’illustrer une valeur belle entre toutes : servir, service les autres. Ceci sans contrepartie. Parfois, dans l’anonymat le plus complet. Nous ne pouvons les citer tous. Nous leur devons une fière chandelle. Rendons-leur l’hommage qu’ils méritent. A titre illustratif, un court arrêt sur image sur quelques uns de ces « marathoniens ».

Il y a des confessions religieuses qui, chaque jour que Dieu fait, suppléent à l’absence ou la carence de l’Etat. De ce fait, elles apportent aux populations l’assistance dont elles ont besoin, la chaleur humaine nécessaire face aux épreuves de la maladie et de la souffrance. Pensons aux orphelinats, aux léproseries, aux centres de santé pour les plus démunis.

Il y a diverses Organisations de la société civile (ONG) Elles couvrent un large spectre d’activités et de domaines. Elles se projettent et se positionnent comme les bras protecteurs des populations. Par rapport aux problèmes liés à la consommation, aux droits des femmes, à la lutte contre le racisme, le régionalisme et l’ethnocentrisme, à l’enfance malheureuse. Qu’on pense également aux structures qui luttent contre l’ignorance, l’analphabétisme, l’illettrisme et l’obscurantisme. Il s’y ajoute l’action de multiples volontaires, bénévoles et autres humanitaires. Les uns et les autres portent, ici et là, comme une croix salvatrice, le service dû aux autres. Nous n’oublions point ceux qui luttent contre la corruption, cette gangrène pernicieuse qui pourrit et ronge nos sociétés. Il y en a même qui font la ronde de nos prisons, signifiant par-là que nos frères et sœurs prisonniers ne sont ni des parias ni des exclus ni des rebuts de la société. Comme on le voit, ce sont tous les secteurs vitaux de la vie de nos populations qui sont couverts par les organisations de la société civile. Qu’on nous fasse grâce de ne pouvoir les citer toutes.

Nous n’oublions pas les donneurs de sang et d’organes. Ils contribuent à sauver des vies humaines, illustrant de fort belle manière cette pensée d’André Malraux « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. » Et sur une note purement religieuse, l’interrogation tinte comme uns cloche dans nos consciences : « Y-a – t-il plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ? »

Il y a des Fondations et clubs de services de tous ordres qui apportent une assistance silencieuse, discrète, mais ô combien précieuse, à ceux qui en ont besoin. Ils s’illustrent ainsi sur tous les champs de réalisation, avec la profonde conviction que « Le bien ne fait du bruit, le bruit ne fait pas du bien ».

Nous en venons, pour clôturer ce tour d’horizon arbitrairement limité, aux « grogneurs », aux lanceurs d’alerte ainsi qu’à tous ceux qui utilisent, d’une manière honnête, le canal des réseaux sociaux. Les uns et les autres par leur vigilance se font la voix des sans voix, assurent une veille citoyenne de tous les instants. Avec eux et grâce à eux, les plus vulnérables de nos sociétés sont sous bonne protection. Comme dirait Victor Hugo : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ».

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