Le président du Front des organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac) était ce mercredi matin, l’invité de RFI. Jean-Baptiste Elias n’a pas caché son inquiétude à quelques jours des premières législatives non inclusives au Bénin depuis le renouveau démocratique.

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Le Bénin peut basculer dans la dictature

« Il semble, avec ce qui se passe actuellement, qu’il n’y aura qu’un seul son de cloche au Parlement pour légiférer. Et de ce point de vue il n’y aura pas de contradictoire. Il n’y aura donc que la pensée unique. Toute chose que nous avons refusée au Bénin depuis les années de la dictature militaro-marxiste » a déclaré le président du Fonac. Pour lui, « quand les dérives s’installent,  les lois qui seront prises, ne seront plus forcément dans l’intérêt du peuple » et « la démocratie risque de tourner en dictature ». Cette crainte habite tout le monde assure cette personnalité de la société civile, par ailleurs président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc).

Une ordonnance a été prise pour promulguer le code des marchés publics dans ce pays

Il pense que seul le chef de l’Etat peut sauver le pays de cette situation. « Celui qui a la clé pour donner la solution afin que l’apaisement que nous souhaitons au Bénin puisse avoir lieu, c’est le président de la République » assure le patron du Fonac. Il encourage Patrice Talon à prendre une ordonnance conformément à l’article 68 de la Constitution, pour suspendre les lois qui posent problème à savoir, la charte des partis politiques et le code électoral, afin que tout le monde puisse aller aux élections. Quand on lui oppose les arguments du pouvoir qui estime que le chef de l’Etat ne doit prendre une ordonnance que quand les institutions de la République ne fonctionnent plus normalement, il réplique fermement : « Non, Dans ce pays, au Bénin ; les chefs d’Etat ont pris bel et bien une ordonnance pour promulguer le code des marchés publics ». Une façon pour M Elias de balayer du revers de la main cet argumentaire.

« Calmer le jeu »

Pour lui, la situation actuelle est plus préoccupante que le code des marchés publics. « Prendre une ordonnance pour ça, à notre avis, nous, de la société civile, nous estimons que c’est nécessaire (…) puisqu’au niveau du parlement ils n’ont pas pu prendre les lois dérogatoires qu’il faut » soutient-il. Le président du Fonac exhorte encore Patrice Talon à prendre cette ordonnance pour dit-il, « calmer le jeu ». Si par exemple cette décision intervenait aujourd’hui, tous les partis politiques en rade vont déposer leurs candidatures dans une semaine au plus tard. Puis on ouvrira la campagne électorale pour une semaine et nous irons au plus aux élections au plus tard le 12 mai, explique Jean Baptiste Elias.  Tout est donc encore possible selon le patron du Fonac.

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5 Commentaires

  1. Commenter :Que tout le peuple Béniois demande pardon à Dieu pour le choix quil a fait;Le jugement de Dieu attend tous ces faucons.

  2. Ce serait très dangereux de galvauder l’article 68 de la constitution du Bénin juste parce qu’il y a des gens qui menacent la paix. Nous pouvons regretter plus tard l’usage qu’en feront les prochains président ou Patrice Talon lui même. Il faut chercher à comprendre l’esprit de cet article. Les conditions ne sont pas réunies pour en faire usage.

    • Une élection sans l’opposition dans les circonstances que nous connaissons, viole non seulement les engagements internationaux du Bénin, mais aussi la constitution de notre pays.

      Article 68 est bien indiqué pour faire exécuter par ordonnance, la loi que les députés n’ont pas pu voter à l’exception de la modification de l’article 80 de la constitution.

  3. Voici un courageux qui voit le danger venir et joue sa partition depuis. C’est cela le patriotisme. Les presidents des institutions ont failli á leur mission. Martin Assogba qui est au biberon de la rupture devrait pouvoir le retirer de sa bouche et parler enfin.

  4. Monsieur JB Elias, je vous félicite pour ce courageux combat qut que vous menez sans relâche. C’est à ce prix que nous serons libéré du très sinistre apprenti dictateur qui est assis au palais de la Marina.
    Il ne perd rien pour attendre

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