Dans le cadre de la 6ème édition de la Semaine des frontières béninoises (6 au 12 juin 2019), l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGiEF) lance une campagne dénommée «Mobilisation nationale au profit des espaces frontaliers», à travers une conférence de presse donnée hier par le directeur général de ladite agence, Marcel Ayiré Baglo.

Cette Semaine des frontières béninoises a, selon le directeur, pour objectif d’informer le grand public sur la mission et les actions de l’ABeGiEF pour sécuriser, viabiliser les espaces frontaliers et améliorer les conditions de vie des populations qui y vivent. A l’en croire, elle vise également à fédérer les actions de tous en faveurs desdits espaces. Cette semaine porte sur le thème «Viabiliser les espaces frontaliers pour une meilleure sécurisation du territoire national ». La 6ème édition comporte une particularité, celle de la campagne «Mobilisation nationale au profit des espaces frontaliers » qui va se dérouler jusqu’au 31 décembre 2019. «La gestion des espaces frontaliers étant pluridimensionnelle et nécessitant la contribution effective de toutes les parties prenantes, il est important que les ministères sectoriels, les forces de défense et de sécurité, la société civile, les partenaires techniques et financiers entre autres s’approprient la Politique nationale de développement des espaces frontaliers et participent activement à son opérationnalisation », a souhaité le directeur Marcel Ayiré Baglo.

Des populations frontalières en souffrance

Le directeur général de l’ABeGiEF a fait savoir que des populations vivant dans les espaces frontaliers dépourvus d’infrastructures routières ou sociocommunautaires adéquates. Les journalistes présents à cette conférence de presse ont eu droit à une projection qui les a laissés en effroi: un pont en bois avec tous les risques liés à cette solution de fortune, le véhicule d’une autorité locale piégé dans un trou, des populations qui manquent d’eau potable, de centre de santé, d’écoles, de pistes d’accès.

Et le directeur Marcel Ayiré Baglo redoute l’enrôlement de ces citoyens vulnérables par des terroristes à cause de la porosité des frontières. «Pauvres et abandonnés, ceux qui vous aident deviennent vos messies. Or terrorisme n’est pas une génération spontanée ; il part toujours de la marginalisation et de la pauvreté. Les terroristes ne sont plus seulement des arabes », a indiqué Marcel Ayiré Baglo.

Les efforts consentis

Selon lui, conscient de la situation, le Bénin a déjà engagé une politique de développement des espaces frontaliers. Elle se traduit entre autres par le renforcement de la sécurité à ces endroits (construction de commissariats), la construction d’une soixantaine d’écoles dotées de cantines scolaires, des consultations foraines à ces populations, la formation des femmes aux activités génératrices de revenus (fabrication du gari par exemple) et leur dotation en matériels et la mise en place d’une plateforme de coopération transfrontalière avec notamment le Nigéria, le Togo et le Niger. Malgré ces efforts, il reste à faire. Et c’est au prix de ces actions que les menaces terroristes vont être prévenues et le Bénin va pouvoir redonner à ces populations, le sentiment d’appartenance au Bénin et de fierté de son pays.

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