Arraisonné du côté de Gibraltar après avoir été accusé de violer les sanctions contre la Syrie et l’Iran, le pétrolier iranien Adrian Darya-1 a finalement réussi à livrer ses produits à bon port. Un joli pied-de-nez réalisé aux autorités britanniques, qui par la voix du Foreign Office ont réagi aux images satellites montrant le bâtiment arriver en terre syrienne.

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«Deeply troubling», a ainsi lancé le ministère des Affaires étrangères, avant que Londres ne se décide à gravement hausser le ton, accusant Téhéran de violer de manière tout à fait inacceptable, les normes internationales. En effet, à ce jour, les sanctions internationales empêchent quiconque de livrer du pétrole en Syrie, afin de renflouer les barils vides du régime Al-Assad. Une situation qui aurait toutefois pu être évitée, si les autorités britanniques avaient été un peu plus sur le qui-vive.

Une affaire qui dure depuis deux mois

Tout débute le 4 juillet dernier. Au large de Gibraltar, le navire Grace I est arraisonné par les autorités britanniques. Ce tanker iranien, sous pavillon panaméen, transportait pas moins de 2.1 millions de barils de pétrole. Très vite, les autorités estiment que ce pétrole est censé être envoyé en Syrie, violant de fait les sanctions imposées par l’Union européenne. Très vite, Téhéran monte au créneau et le régime iranien parle alors de piraterie, mettant de fait la pression sur les autorités britanniques.

En guise de réponse, le régime iranien saisira d’ailleurs le Stena Impero, un tanker battant pavillon britannique, et retiendra ses 23 marins. Toutefois, afin de calmer les esprits, le gouvernement iranien affirme que ce navire est suspecté d’être entré en collision avec un autre petit bateau de pêche. Résultat, une enquête a été ouverte, les autorités se refusant à reconnaître un lien entre cette arrestation et la saisie du Grace 1. Londres elle, n’accepte pas et qualifie cet acte, d’inacceptable, une prise de position appuyée par ses partenaires européens que sont la France et l’Allemagne.

L’Iran berne les Anglais

Ce n’est que le 15 août dernier que le tanker Grace 1 Iranien sera autorité à quitter Gibraltar. 11 jours plus tard, soit le 26 août dernier, Téhéran confirme avoir vendu des 2.1 millions de barils, ne précisant toutefois pas à qui cette vente s’était adressée. La communauté internationale s’organise et tente de comprendre le trajet du navire, depuis renommé Adrian Darya-1. Les autorités, elles sont formelles. Après s’être rendu au nord-ouest de Chypre, le navire a ensuite fait direction vers Iskenderun, en Turquie, avant de finalement prendre la direction du Liban. Toutefois, Beyrouth ne dispose d’aucune raffinerie afin de gérer le pétrole brut, résultat, il y a fort à parier que le Liban ne soit pas la destination finale.

Le 8 septembre dernier, les autorités américaines confirment que le navire iranien est amarré à Tartous, port syrien. Très vite, les Britanniques font alors écho d’une bien drôle de technique utilisée par les marins du navire iranien. En effet, ces derniers auraient chargé de petites embarcations autorités elles, à accoster en Syrie, de leurs barils de pétrole. Les marins britanniques eux, n’ont pas encore été tous libérés et les 16 hommes encore enfermés en Iran pourraient recouvrer la liberté dans les prochains jours, selon le gouvernement iranien. Prise d’otages et contournement des sanctions, l’Iran aurait-il trouvé une façon de s’en sortir ?

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