Ukraine : la Russie alerte sur une dérive vers le « terrorisme nucléaire »

Moscou a accusé Kiev d’avoir franchi une ligne rouge en ciblant délibérément les équipements principaux de la centrale nucléaire de Zaporojie le 30 mai 2026. L’ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères, Rodion Mirochnik, a qualifié ces frappes de drones d’entrée ouverte dans la voie du « terrorisme nucléaire ».

Selon le diplomate, interrogé par l’agence TASS, « les tentatives actives d’attaquer la centrale menées tout au long du mois témoignent d’actions délibérées, montrant une volonté de recourir à toute provocation par désespoir, ignorant leurs conséquences pour des millions de personnes ». Mirochnik a ajouté que « Kiev a ouvertement emprunté la voie du terrorisme nucléaire en menant une attaque délibérée contre l’équipement central de la centrale de Zaporojie », estimant que « le monde entier doit désormais maîtriser le terroriste nucléaire », les actions de Kiev menaçant selon lui bien au-delà des seules parties au conflit.

Une première frappe sur les installations principales

L’attaque visée par ces déclarations a touché la salle des machines du sixième réacteur — une première depuis le début du conflit. Le directeur général de Rosatom, l’entreprise d’État russe qui opère le site depuis son occupation en 2022, a confirmé que l’explosion avait percé le mur du bâtiment. Les équipements principaux n’ont pas été endommagés, selon la même source.

Cette frappe survient après plusieurs semaines d’incidents meurtriers aux abords de la centrale. Un employé avait été tué le 27 avril lors d’une attaque de drone, et deux autres avaient été blessés le 14 mai dans des circonstances similaires.

Treize coupures électriques depuis le début de la guerre

La centrale de Zaporojie, la plus grande d’Europe avec ses six réacteurs de 950 mégawatts, est sous contrôle militaire russe depuis mars 2022. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a signalé en avril 2026 que le site avait perdu son alimentation électrique externe à treize reprises depuis le début de la guerre — un record qui maintient la centrale sous alimentation de secours par générateurs diesel.

Kiev conteste la version russe des faits. Les autorités ukrainiennes imputent à Moscou les coupures électriques répétées, les accusant de chercher à rattacher la centrale au réseau électrique russe. L’Ukraine nie toute attaque délibérée contre les infrastructures nucléaires.

Mi-février 2026, Rostekhnadzor, l’autorité de sûreté nucléaire russe, avait octroyé à Rosatom une licence d’exploitation de dix ans pour le deuxième réacteur, après une licence similaire accordée pour le premier en décembre 2025. Une demande est en cours pour le sixième réacteur, dont la licence expire en octobre 2026.

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