Ph : Reuters

Président de l’International Crisis Group, Robert Malley a entre 2014 et 2017, été l’un des plus proches conseillers du président Obama, notamment en ce qui concerne les questions du Proche et du Moyen-Orient. Récemment interrogé au sujet de la crise iranienne, ce dernier a donné un avis plutôt catégorique.

Selon ses dires, il est inutile pour le président Trump, de rencontre son homologue Hassan Rohani. En effet, si le président semble toujours avoir en tête l’idée d’ouvrir le dialogue avec Téhéran, du côté iranien, la question ne se pose pas vraiment, Rohani ayant toujours refusé de rencontrer les représentants américains. D’ailleurs, l’implication supposée de Téhéran dans l’attaque perpétrée à l’encontre de deux installations pétrolières saoudiennes, semble avoir relancé le débat. Alors que la main était tendue, les derniers événements ont tout chamboulé.

Trump tiraillé entre deux stratégies

« N’oublions pas que l’Iran a dit il y a plusieurs mois que si les États-Unis et ses alliés dans le Golfe, et en particulier l’Arabie saoudite, bloquaient leurs exportations de pétrole, il n’était pas question qu’ils puissent le faire eux-mêmes. » a rappelé Malley, estimant par la même occasion que l’Iran serait donc totalement dans le coup. Une nouvelle provocation qui pousse le président Trump dans ses retranchements. En affirmant ne pas vouloir de conflit, son administration a clairement évoqué une déclaration de guerre. Aujourd’hui, l’image que renvoie le président américain est donc double. Certes, Trump apparaît comme un homme fort même si, dans le même temps, il semble un peu dépassé.

L’Iran ne concède rien

Le départ de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, avait notamment pour effet de se débarrasser d’un homme de poigne qui ne jurait que par le conflit. Au cours de sa campagne de 2016, Trump a toutefois fustigé les guerres interminables et les milliards de dollars dépensés dans des conflits à rallonge. En affirmant vouloir « réagir », Trump se retrouve donc les mains liées, la décision d’agir lui revenant. À ce jour, une nouvelle série de sanctions a été confirmée. Toutefois, ces dernières ne devraient pas avoir énormément d’effet, l’Iran étant déjà sous pression totale. « Pour l’instant, donc, l’hésitation l’emporte sur la détermination de répliquer. » confirme d’ailleurs Malley.

Cette hésitation se baserait notamment sur l’envie profonde du président Trump, de rencontrer son homologue iranien. « Donald Trump meurt d’envie d’avoir cette réunion avec son homologue iranien. Il en meurt d’envie depuis deux ans. Le blocage vient de Téhéran. » continu le président de l’International Crisis Group, rappelant par la même occasion que Rohani n’a jamais souhaité rencontrer le président Obama. Aujourd’hui, si le président Trump venait à tendre la main de manière ferme en annonçant un allègement des sanctions notables, alors peut-être que l’Iran agirait en retour. Or, c’est actuellement tout l’inverse qui se passe.

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