Uranium: avec la crise au Niger, le ler producteur prend une décision inattendue

Photo Getty Images

Le Kazakhstan occupe le devant de la scène en tant que leader incontesté dans la production d’uranium, laissant loin derrière le Canada et la Namibie. L’histoire de l’uranium kazakh est marquée par des hauts et des bas, avec un déclin des prix il y a une décennie qui a poussé le principal producteur du pays à réduire son offre. Cependant, une décision inattendue se profile à l’horizon alors que le géant minier Kazatomprom, premier producteur mondial d’uranium, prévoit de relancer ses mines à plein régime à partir de 2025. Cette annonce met fin à sept années consécutives de réduction de l’offre sur un marché mondial où la demande et les prix de l’uranium avaient chuté à des niveaux historiquement bas

Cette décision met fin à sept années consécutives de restriction de la production, une mesure adoptée dans un contexte de faiblesse de la demande et des prix mondiaux de l’uranium. Ce changement de cap intervient suite à l’évolution récente du marché de l’uranium au cours des derniers mois. En effet, le prix de l’uranium a plus que doublé au cours des trois dernières années, principalement en raison du développement de nouvelles centrales nucléaires à travers le monde. L’énergie nucléaire est de plus en plus reconnue comme une option indispensable pour la réussite de la transition énergétique, en grande partie en raison de son caractère non émetteur de CO2.

Publicité

Concrètement, Kazatomprom envisage de fonctionner à 20 % en dessous de sa capacité de production maximale cette année, puis à 10 % en dessous l’année prochaine. L’entreprise prévoit d’atteindre une production à 100 % de sa capacité en 2025, générant entre 30 500 et 31 500 tonnes d’uranium. Cette augmentation de la production devrait ajouter jusqu’à 6 000 tonnes d’uranium à l’offre mondiale en 2025, selon les prévisions de Kazatomprom.

Dastan Kosherbayev, directeur commercial de la compagnie, a commenté cette décision en déclarant : « Alors que nous voyons clairement que l’industrie est entrée dans un nouveau cycle de contrats à long terme, motivée par la reconnaissance des besoins de reconstitution des stocks, Kazatomprom, avec ses mines les plus performantes et les moins coûteuses, est absolument prête à répondre à l’amélioration des conditions du marché ». Il est important de rappeler qu’il y a quelques semaines, nous évoquions déjà une augmentation du prix de l’uranium en raison de la situation au Niger.

Le Financial Times avait en effet rapporté que les investisseurs particuliers se tournaient vers les fonds liés à l’uranium en raison des inquiétudes croissantes concernant la stabilité de l’approvisionnement comme nous l’avons annoncé dans un précédent article. Ces préoccupations ont été exacerbées par les tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, qui ont suscité des craintes quant à l’approvisionnement en gaz. Ces événements ont propulsé le prix du concentré d’uranium à un sommet de 16 mois, atteignant 58,8 dollars la livre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité