Pétrole: l’Arabie Saoudite a un plan pour booster la demande des pays en développement

Les scientifiques du climat sont unanimes : la consommation de combustibles fossiles doit diminuer rapidement pour lutter contre le changement climatique. Cependant, une enquête sous couverture révèle que l’Arabie saoudite met en œuvre un vaste plan d’investissement mondial pour créer une demande accrue de son pétrole et de son gaz dans les pays en développement. C’ est ce qu’a révélé The Guardian. Les critiques affirment que ce plan vise à rendre les pays dépendants de ses produits nocifs.

Peu d’informations étaient disponibles sur le programme de durabilité de la demande de pétrole (ODSP), mais l’enquête a obtenu des détails sur les plans visant à augmenter l’utilisation de voitures, de bus et d’avions fonctionnant aux combustibles fossiles en Afrique et ailleurs. Cela intervient alors que les pays riches opèrent de plus en plus la transition vers les énergies propres.

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Le ODSP prévoit d’accélérer le développement du voyage aérien supersonique, qui utilise trois fois plus de carburant que les avions conventionnels, et de s’associer à un constructeur automobile pour produire en masse un véhicule à moteur à combustion bon marché. D’autres projets encouragent l’utilisation de « power ships » utilisant des combustibles lourds polluants pour fournir de l’électricité aux communautés côtières.

Sous la direction du prince héritier Mohammed ben Salman, le ODSP implique les plus grandes organisations saoudiennes, telles que le Fonds d’investissement public de 700 milliards de dollars, la plus grande compagnie pétrolière au monde, Aramco, la société pétrochimique Sabic, et les ministères gouvernementaux les plus importants.

Bien que le programme soit présenté dans des informations accessibles au public comme « supprimant les obstacles » à l’énergie et au transport dans les pays plus pauvres et « augmentant la durabilité« , tous les projets prévus dans l’enquête impliquent une augmentation de l’utilisation du pétrole et du gaz, un fait qualifié de « l’un des objectifs principaux » par un responsable.

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Alors que le chef de la Banque mondiale exhorte les pays riches à aider les pays en développement à adopter les énergies renouvelables, l’Arabie saoudite, bien que s’engageant aux objectifs climatiques de l’accord de Paris, semble plutôt désireuse d’augmenter la consommation de ses ressources fossiles, mettant ainsi en péril les efforts mondiaux pour atteindre les objectifs climatiques cruciaux. À l’approche de la COP28, la question de la réduction ou de l’élimination des combustibles fossiles devient un enjeu majeur.

Mohamed Adow, directeur du think tank Power Shift Africa, critique vivement cette initiative saoudienne, la comparant à celle d’un trafiquant de drogue tentant de rendre l’Afrique dépendante de ses produits nocifs. Il souligne que l’Afrique peut tirer parti de son énorme potentiel d’énergie renouvelable pour réaliser une véritable transition énergétique, au lieu de suivre les traces des nations polluantes. La COP28 s’annonce cruciale pour déterminer si les pays peuvent honorer leur engagement de réduire, voire d’éliminer, les combustibles fossiles, face à une crise climatique mondiale qui bat des records de température et entraîne des pertes humaines et économiques à travers le monde.

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