Armement: malgré ses puissants missiles, l’Occident face à un gros problème

Depuis des décennies, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont maintenu une suprématie militaire incontestée, principalement grâce à leurs innovations technologiques et à leurs investissements massifs dans la recherche et le développement d’armements. Leurs armées, équipées de technologies de pointe telles que les avions de chasse furtifs, les missiles de précision et les systèmes de défense sophistiqués, ont souvent défini les standards en matière de puissance militaire.

Cette domination s’est traduite par une capacité accrue à mener des opérations à grande échelle, à intervenir efficacement dans des conflits internationaux et à maintenir un équilibre géopolitique favorable à leurs intérêts. Cependant, l’émergence des nouvelles technologies, notamment dans le domaine de la cybernétique, de l’intelligence artificielle et des drones bon marché, a commencé à niveler le champ de bataille.

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Des nations moins puissantes se positionnent

Des nations moins puissantes, s’appuyant sur ces technologies accessibles et économiques, trouvent désormais de nouvelles voies pour défier la suprématie militaire occidentale, remettant en question les paradigmes traditionnels de la puissance armée et ouvrant une ère de guerres asymétriques où l’ingéniosité et l’adaptabilité peuvent parfois prévaloir sur la force brute et le budget.

Dans la guerre moderne, les stratégies et les coûts d’armement jouent un rôle crucial, surtout quand il s’agit de la disproportion flagrante entre les technologies coûteuses de l’Occident et les armes low-cost utilisées par leurs adversaires. Cet article s’inspire d’un rapport récent sur l’utilisation de missiles antiaériens onéreux par la frégate Languedoc pour abattre des drones à bas coût lancés par les rebelles houthis.

Le précédent américain et français

Le Languedoc, une frégate multi-missions française, a récemment fait face à une situation délicate en Mer Rouge. En quelques jours, elle a dû intercepter trois drones Shahed, lancés par les rebelles houthis du nord du Yémen. Ces drones, visant d’abord la frégate puis un pétrolier norvégien, ont été neutralisés par des missiles Aster 15, dont le coût unitaire dépasse le million d’euros. Ce contraste frappant entre le coût des drones (environ 20.000 euros chacun) et celui des missiles utilisés pose la question de la viabilité à long terme de telles stratégies.

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Cette situation n’est pas isolée. Elle reflète un problème récurrent pour les armées occidentales : la confrontation à des armements low cost dans des guerres asymétriques. Les attaques de drones bon marché, mais efficaces, deviennent une tactique standard pour des groupes comme les houthis au Yémen, le Hamas, ou même dans le contexte de l’Ukraine face à la Russie. Ces attaques obligent les puissances militaires à dépenser massivement pour protéger des infrastructures clés et maintenir la supériorité aérienne.

Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des Armées françaises, a souligné l’absurdité de cette situation en affirmant que « quand on tue un Shahed avec un Aster, en réalité c’est le Shahed qui a tué l’Aster« . Cette remarque capte l’essence du problème : l’utilisation disproportionnée de moyens coûteux pour contrer des menaces relativement bon marché.

Idem aux USA

Aux États-Unis, le général McKenzie a relevé une situation similaire en Irak, où des drones ont été utilisés contre des cibles américaines. L’armée américaine a dû recourir à des batteries de défense C-RAM coûteuses pour les intercepter. McKenzie a même averti du risque de perdre la supériorité aérienne malgré la puissance des forces aériennes.

Le Pentagone, conscient de cette menace, a alloué un budget de 636 millions de dollars en 2021 pour développer des défenses plus adaptées et économiquement viables contre ces attaques de drones. Cela soulève une question cruciale : les pays occidentaux, habitués à produire des armements sophistiqués et onéreux, seront-ils capables d’inventer des solutions de défense low cost mais efficaces ?

La guerre moderne se transforme, mettant en évidence l’écart croissant entre le coût des technologies de défense avancées et les tactiques de guérilla low-cost. L’Occident va devoir trouver un équilibre entre efficacité et viabilité économique pour faire face à ces nouvelles menaces asymétriques.

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