Afrique: comment l’Egypte se venge de l’Ethiopie avec un nouvel allié

Dans le paysage géopolitique africain, l’Égypte et l’Éthiopie, deux nations historiquement influentes, se trouvent souvent en opposition, notamment en raison de leurs intérêts divergents autour du Nil. Récemment, une nouvelle dynamique s’est dessinée, impliquant indirectement la Somalie, qui se retrouve au cœur d’une manœuvre stratégique de l’Égypte.

Le Nil, fleuve légendaire et source de vie, est au cœur de cette rivalité. En Égypte, ce fleuve est la colonne vertébrale du pays, fournissant près de 97% des besoins en eau et soutenant l’agriculture depuis des millénaires. En Éthiopie, les affluents du Nil, en particulier le Nil Bleu, sont cruciaux pour l’agriculture et la production d’électricité, symbolisés par le Grand barrage de la Renaissance. Ce projet, bien que témoignant des ambitions de développement de l’Éthiopie, est perçu par l’Égypte comme une menace directe à sa sécurité hydrique.

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Une nouvelle occasion de vengeance

Dans ce contexte tendu, un événement apparemment non lié offre à l’Égypte une opportunité de contre-attaquer. L’Éthiopie a signé un accord avec le Somaliland, offrant un accès maritime en échange de la reconnaissance de son autonomie. Bien que la Somalie ne soit pas directement impliquée dans le conflit autour du Nil, cet accord a suscité la colère de Mogadiscio, qui considère cela comme une violation de sa souveraineté territoriale.

Saisissant cette occasion, l’Égypte, sous la direction du président Abdel Fattah el-Sissi, s’est rapprochée de la Somalie. En recevant le président somalien Hassan Sheikh Mohamud, Al-Sissi a exprimé son soutien à la Somalie contre toute menace à sa souveraineté, rejetant l’accord entre l’Éthiopie et le Somaliland. Cette démarche, bien qu’apparaissant comme un geste de solidarité, sert en réalité les intérêts stratégiques de l’Égypte dans sa rivalité avec l’Éthiopie.

Pour l’Égypte, cet alignement avec la Somalie va au-delà du soutien diplomatique ; il représente une tactique de pression indirecte sur l’Éthiopie. En se présentant comme un défenseur de la souveraineté somalienne, l’Égypte envoie un message fort à Addis-Abeba, illustrant sa volonté de former des alliances régionales pour contrecarrer les initiatives éthiopiennes.

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Cette situation révèle la complexité des relations interétatiques dans la région. Les enjeux ne se limitent pas à la sécurité hydrique ou à la souveraineté territoriale ; ils englobent également des manœuvres géopolitiques où les opportunités sont saisies pour gagner de l’influence ou affaiblir un rival. L’alliance égypto-somalienne, bien que circonstancielle, pourrait avoir des implications à long terme sur l’équilibre des pouvoirs dans la Corne de l’Afrique.

L’Égypte, en exploitant la situation entre l’Éthiopie et le Somaliland, montre sa capacité à utiliser les événements régionaux à son avantage. Ce développement souligne l’importance de la diplomatie et des alliances stratégiques dans la gestion des conflits et des rivalités historiques, surtout dans une région aussi complexe que celle de la vallée du Nil et de la Corne de l’Afrique.

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