Arabie saoudite: ce pays européen prêt à relancer la vente de chasseurs

Le débat sur la vente d’avions de combat Eurofighter à l’Arabie saoudite connaît un nouveau tournant, marquant un revirement dans la position allemande. Depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, imputé aux autorités saoudiennes, l’Allemagne avait gelé les ventes d’armes à Ryad, y compris un important contrat portant sur 48 Eurofighter Typhoon. Cependant, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé une ouverture à de nouvelles ventes d’Eurofighter à l’Arabie saoudite.

Cette évolution représente un changement significatif dans la politique allemande, précédemment ferme sur l’embargo des ventes d’armes à l’Arabie saoudite. Annalena Baerbock a souligné lors d’un voyage en Israël le rôle constructif que Ryad aurait joué dans la résolution de la crise sécuritaire au Proche-Orient, notamment suite à l’attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre.

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L’Allemagne, partie prenante du programme Eurofighter avec le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, a également admis l’utilisation des Eurofighter par l’armée de l’air saoudienne, constituant une information largement connue malgré le gel des ventes. Baerbock a insisté sur le soutien crucial de l’Arabie saoudite à la sécurité d’Israël, notamment en contribuant à limiter les risques de conflits régionaux.

Cette décision allemande, en contraste avec les années précédentes, a suscité des tensions avec les partenaires européens, en particulier britanniques et français. Initialement ancrée dans une politique de coalition, cette position avait été maintenue pour des raisons éthiques, soulignant également le rôle de l’Arabie saoudite dans le conflit au Yémen, une préoccupation majeure pour les écologistes au sein du gouvernement.

Toutefois, l’évolution récente du contexte au Moyen-Orient a conduit Annalena Baerbock à justifier ce changement de position, soulignant la transformation des réalités depuis le 7 octobre. Malgré cette ouverture, des critiques internes se sont élevées, remettant en question la crédibilité de l’Allemagne, notamment exprimées par Guillaume Faury, président d’Airbus, considérant que le gel des ventes d’armes ternissait la relation de confiance avec les partenaires internationaux.

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