Le sacrifice du mouton lors de l’Aïd al-Kebir revêt une signification particulière dans la tradition musulmane, marquant un moment de partage et de spiritualité. Cependant, cette année, les fidèles marocains sont appelés à renoncer à ce rite. Le roi Mohammed VI, conscient des difficultés économiques et climatiques, a exhorté la population à s’abstenir de procéder au sacrifice, une décision motivée par la baisse du cheptel et l’augmentation des prix, conséquences directes d’une sécheresse persistante.
La situation climatique du Maroc est préoccupante. Le pays traverse sa septième année consécutive de sécheresse, avec un déficit pluviométrique de 53 % par rapport à la moyenne des trois dernières décennies. Cette raréfaction des précipitations a entraîné une diminution du cheptel de 38 % en un an, selon le ministère de l’Agriculture. Ce recul a eu un impact direct sur les prix de la viande rouge, accentuant les difficultés pour de nombreuses familles, en particulier celles aux revenus modestes.
Dans un message adressé à la nation et lu par le ministre des Affaires religieuses à la télévision publique, le roi a rappelé les enjeux de cette situation inédite. Bien qu’il reconnaisse l’importance religieuse, sociale et familiale de l’Aïd al-Kebir, il a insisté sur la nécessité d’une adaptation aux circonstances. L’accomplissement du sacrifice, dans un contexte où l’offre de bétail est réduite et où les prix sont en forte hausse, risquerait d’aggraver la précarité d’une partie de la population.
Cette annonce marque la première suspension du rite du sacrifice depuis 1996. Elle intervient alors que le gouvernement a mis en place des subventions pour soutenir les importateurs de bétail, sans pour autant encadrer directement les prix de la viande sur le marché local. Cette décision va sans doute susciter des réactions au sein de la population.
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